La Russie ne peut pas "imposer ses vues" à l'Otan, selon la ministre allemande de la Défense

AFP
<p>La ministre allemande de la Défense, Christine Lambrecht, lors d'un discours en Lituanie le 19 décembre 2021</p>

La Russie ne peut pas "imposer ses vues" à l'Otan sur la sécurité régionale, a déclaré dimanche la ministre allemande de la Défense, Christine Lambrecht, alors que la tension grimpe entre Moscou et les Occidentaux à propos de l'Ukraine.

Mme Lambrecht s'exprimait durant une visite en Lituanie --son premier déplacement à l'étranger-- où elle a inspecté des unités militaires présentes dans ce pays membre de l'Otan. Le déploiement de dizaines de milliers de soldats par la Russie à sa frontière avec l'Ukraine inquiète la Lituanie, comme les autres pays baltes, l'Estonie et la Lettonie.

"Nous devons résoudre cette situation tendue dans laquelle nous sommes actuellement, à la fois diplomatiquement et avec une dissuasion crédible", a-t-elle déclaré aux journalistes sur la base militaire de Rukla. "Nous devons nous parler, ce qui signifie discuter des propositions que la Russie a avancées. Cela est juste et important".

"Mais il n'est pas possible que la Russie impose ses vues aux partenaires de l'Otan", a ajouté la social-démocrate, ministre de la Défense de la nouvelle coalition au pouvoir en Allemagne.

Mme Lambrecht a rencontré son homologue lituanien Arvydas Anusauskas, lequel a noté que "les forces mobilisées par la Russie dans la région de Kaliningrad sont dix fois supérieures au bataillon déployé à Rukla" par l'Otan.

- Demandes "impossibles" -

"Dans cette situation, les demandes de la Russie qui affaiblissent la sécurité de nos pays sont tout simplement impossibles à mettre en oeuvre. Je pense qu'elles doivent être rejetées", a déclaré aux journalistes M. Anusauskas.

Environ 550 soldats allemands sont déployés sur la base de Rukla en Lituanie, pays où l'Allemagne est à la tête du bataillon international de l'Otan.

Des unités militaires similaires avaient été envoyées dans d'autres États baltes et en Pologne en 2017 pour dissuader les Russes d'une éventuelle agression après l'annexion de la Crimée trois ans auparavant par Moscou, qui a également aidé les séparatistes à s'emparer de certaines régions de l'Est de l'Ukraine.

Après avoir massé quelque 100.000 soldats près de l'Ukraine, la Russie a fait la semaine dernière des propositions visant à contenir le rôle des États-Unis et de l'Otan dans l'ancienne Union soviétique et en Europe de l'Est, appelant à des négociations d'urgence avec Washington.

<p>La ministre allemande de la Défense, Christine Lambrecht, à Rukla lors d'une visite aux unités militaires en Lituanie, membre de l'OTAN, le 19 décembre 2021</p>

Moscou demande que l'Alliance atlantique n'accueille pas de nouveaux membres et n'établisse pas de bases dans les ex-républiques soviétiques. Les Occidentaux ont menacé la Russie de fortes sanctions si ses soldats pénétraient en Ukraine.

Avant son départ pour la Lituanie, Mme Lambrecht a appelé à des sanctions renforcées contre la Russie. Les responsables d'une agression quelconque doivent subir "des conséquences personnelles", a-t-elle déclaré à l'hebdomadaire allemand Bild am Sonntag, ajoutant que l'Allemagne et ses alliés devaient "avoir dans le viseur" le président russe Vladimir Poutine et son entourage.

"Nous devons épuiser toutes les possibilités de sanctions diplomatiques et économiques", a-t-elle également dit à Bild am Sonntag. "Et chaque pas supplémentaire doit être effectué en accord avec nos alliés".

Jeudi, l'Otan et un sommet de l'Union européenne ont mis en garde Moscou contre de "lourdes conséquences" en cas d'intervention militaire après avoir rejeté la volonté de veto de la Russie sur la possible adhésion de Kiev à l'Alliance.

Le sommet européen a reconduit pour six mois les sanctions économiques imposées à la Russie après l'annexion de la Crimée en 2014. Sur les nouvelles sanctions envisagées, aucun détail n'a été communiqué.

Le président lituanien Gitanas Nauseda a estimé après ce sommet que la situation sécuritaire régionale était "probablement (....) la plus dangereuse depuis trente ans".

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