Face à la menace d'Omicron, les Etats-Unis et l'Allemagne vont annoncer des restrictions

AFP
<p>Des gens font la queue pour subir un test de dépistage de coronavirus devant une caserne de pompiers à Washington le 20 décembre 2021</p>

Le variant Omicron est désormais largement majoritaire aux Etats-Unis, où le président Joe Biden devrait annoncer mardi de nouvelles mesures mais pas de confinement, de même qu'en Allemagne où le nouveau chancelier Olaf Scholz s'apprête à durcir les restrictions.

Omicron a représenté 73,2% des nouvelles infections au Covid-19 aux Etats-Unis lors de la semaine qui s'est achevée le 18 décembre, selon des données des autorités sanitaires américaines lundi soir. La semaine précédente, le chiffre n'était que de 12,6%.

La proportion d'Omicron tourne autour de 95% des cas dans un groupe d'Etats du nord-ouest (Oregon, Washington et Idaho) et dans un autre du sud-est, comprenant la Floride, selon les Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC) aux Etats-Unis, le pays le plus endeuillé du monde en valeur absolue, avec plus de 807.000 morts.

C'est dans ce contexte que Joe Biden doit annoncer mardi de nouvelles "mesures" visant à "accroître l'accès au dépistage" du Covid, selon sa porte-parole, Jen Psaki. Le président insistera sur "les risques que courent les individus non vaccinés", mais aucun "confinement du pays" n'est prévu, a-t-elle précisé.

Face au déferlement du variant Omicron, les autorités américaines vont distribuer gratuitement 500 millions de tests pour le Covid-19, mobiliser si besoin du personnel médical militaire et augmenter la capacité de vaccination, mais ne prendront pas de mesures contraignantes, a fait savoir pour sa part mardi un haut responsable de la Maison Blanche.

- Restrictions en Allemagne -

En Allemagne, le gouvernement s'apprête à durcir les restrictions sanitaires au Nouvel An, selon un projet consulté lundi par l'AFP et qui doit encore être discuté mardi lors d'une réunion de crise entre le gouvernement et les représentants des 16 régions allemandes, suivie d'une conférence de presse d'Olaf Scholz.

<p>Bilan mondial de la pandémie de nouveau coronavirus, au 20 décembre à 11h00 GMT</p>

A partir du 28 décembre, hors enfants de moins de 14 ans, les personnes vaccinées ou guéries ne pourront pas accueillir chez elles plus de 10 invités et à condition qu'ils soient tous immunisés, selon le texte. Les non-vaccinés ne sont de leur côté autorisés à inviter qu'au maximum deux personnes d'un seul foyer.

Les événements sportifs, comme les matches de football de la Bundesliga, se dérouleront "sans spectateurs" à partir du 28 décembre et jusqu'à nouvel ordre, de même que les manifestations culturelles et les concerts, selon un deuxième texte modifié diffusé en soirée. Discothèques et clubs de danse seront fermés.

<p>Une personne porte une pancarte où est écrit en allemand "Obligation vaccinale? Non merci!" lors d'une manifestation contre les restrictions sanitaires, à Düsseldorf (ouest de l'Allemagne), le 18 décembre 2021</p>

Contrairement aux Pays-Bas voisins, l'Allemagne n'envisage pas de fermer des magasins jugés non essentiels, les cinémas ou les restaurants, estimant suffisant de limiter leur accès aux personnes vaccinées ou guéries.

La première économie européenne est touchée depuis le début de l'automne par une virulente reprise de l'épidémie liée au variant Delta. Le niveau des contaminations se situe entre 30.000 et 50.000 cas supplémentaires toutes les 24 heures.

- Objectif 2022 -

<p>Le chancelier allemand Olaf Scholz lors d'une conférence de presse à Rome, le 20 décembre 2021</p>

Les Etats-Unis et l'Allemagne emboîtent le pas de nombreux pays actionnant des freins à l'épidémie.

En Espagne, les autorités de la région de Catalogne (nord-est), l'une des plus peuplées du pays, vont demander à la justice l'autorisation d'appliquer de nouvelles restrictions, notamment un couvre-feu de 1h à 6h du matin et la fermeture des discothèques, à partir de la nuit de jeudi à vendredi.

Le maire travailliste de Londres, Sadiq Khan, a annoncé lundi soir l'annulation des festivités prévues dans la capitale britannique pour le Nouvel An, tout comme le Maroc, qui a en outre instauré un couvre-feu entre minuit et 06H00.

<p>Le président américain Joe Biden lors d'une réunion sur le Covid-19 à la Maison Blanche, à Washington, le 16 décembre 2021</p>

Pour se protéger, il faut "dans certains cas annuler un événement", a exposé lundi le patron de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, car "un événement annulé vaut mieux qu'une vie de moins". Il a lancé l'objectif d'un point final au Covid pour 2022 "en veillant à ce que 70% de la population de chaque pays soit vaccinée" d'ici à mi-2022.

A ses côtés, la cheffe scientifique de l'OMS, la docteure Soumya Swaminathan, a affirmé que les premières données d'Afrique du Sud avaient montré que les hospitalisations liées à Omicron restaient moins nombreuses que pendant les précédentes vagues Delta.

Il est "encore trop tôt pour conclure qu'il s'agit d'un variant modéré", a-t-elle toutefois conclu à propos de cette souche détectée pour la première fois en Afrique du Sud et au Botswana en novembre et qui présente de multiples mutations.

<p>Un homme sans domicile fixe reçoit une dose de vaccin anti-Covid à Moscou, le 20 décembre 2021</p>

La pandémie a fait au moins 5,36 millions de morts dans le monde depuis que le bureau de l'OMS en Chine a fait état de l'apparition de la maladie fin décembre 2019, selon un bilan établi par l'AFP mardi, sans doute inférieur à la réalité.

L'épidémie a été pratiquement éradiquée en Chine depuis grâce à des mesures drastiques, mais la grande ville de Xi'an (nord) a commencé mardi à dépister l'ensemble de ses 13 millions d'habitants après la détection d'une quarantaine de cas de Covid-19.

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