A quelques heures de Noël, le Covid-19 joue une nouvelle fois les trouble-fête

Isabelle TOURNÉ
<p>Une soignante s'occupe d'un patient atteint du Covid-19 dans l'unité de soins intensifs de l'hôpital Antoine-Béclère à Clamart, près de Paris, le 23 décembre 2021</p>

A quelques heures du réveillon de Noël, le Covid-19 joue cette année encore les trouble-fête. Un variant Omicron fulgurant et le nombre record de contaminations poussent le gouvernement à accélérer le calendrier de la dose de rappel.

Jeudi, le seuil des 90.000 cas quotidiens a été franchi, avec 91.608 cas confirmés.

Le précédent record, 86.852 cas, remontait à début novembre 2020, au pic de la deuxième vague.

Avant de retrouver leurs proches pour Noël, les Français se sont testés en masse ces derniers jours: le nombre de tests réalisés la semaine dernière a également atteint un record, avec plus de 6,2 millions.

Car une chose est sûre: l'épidémie ne sera pas en congés pour les fêtes. Repartie en trombe depuis plusieurs semaines, elle a désormais pris le visage du variant Omicron, dont la propagation est fulgurante.

Le gouvernement prévoit qu'il devienne majoritaire dans le pays d'ici peu, entre Noël et le Jour de l'an.

Si plusieurs études montrent que l'efficacité des vaccins est nettement réduite avec seulement deux doses face à ce variant, une dose de rappel permettrait de relever le niveau de protection.

La Haute autorité de santé (HAS) a ainsi recommandé vendredi que la dose de rappel puisse être réalisée à partir de trois mois pour la population éligible.

- Délai de 3 mois -

En attendant d'examiner cet avis, le ministère de la Santé a annoncé dans la foulée que le délai serait ramené à 4 mois dès maintenant et non à partir du 3 janvier comme initialement prévu.

<p>Evolution de l'incidence (nombre de cas sur 7 jours glissants pour 100.000 habitants) dans les départements d'Île-de-France, entre le 1er janvier et le 20 décembre 2021</p>

Jusque-là, il était de 5 mois après la précédente injection.

Avec ce passage à 4 mois, 40 millions de personnes sont éligibles dès aujourd’hui à leur dose de rappel, dont 22 millions l’ont déjà faite, a précisé le ministère.

Dans son avis, la Haute autorité de santé recommande par ailleurs dès à présent l'administration d'une dose de rappel chez les 12-17 ans souffrant d'immunodéficience ou d'une comorbidité à risque de forme grave.

Si pour le moment Omicron n'entraîne pas de vagues d'hospitalisations, ses répercussions potentielles inquiètent, étant donné son extrême contagiosité.

<p>Le ministre de la Santé Olivier Véran dans la cour de l'Elysée, le 22 décembre 2021 à Paris</p>

"Le scénario réaliste, c'est que mi-janvier on sera à 200.000 contaminations jour", a estimé vendredi sur CNews l'infectiologue Benjamin Davido.

Avec le risque, évoqué jeudi par le Conseil scientifique, d'une paralysie de la société à cause d'une multiplication des arrêts de travail et de l'"absentéisme".

"Il va falloir qu'on réfléchisse à un plan de secours" pour l'hôpital, a notamment souligné Benjamin Davido.

Faudra-t-il supprimer la notion de "cas contact", raccourcir la durée de l'isolement, voire abandonner les tests?

<p>Évolution en France du nombre de nouveaux cas, hospitalisations, entrées en soins critiques et décès, totaux et tendances pour ces quatre indicateurs, au 23 décembre</p>

Ces questions pourraient se poser rapidement face à un variant qui se répand comme une traînée de poudre.

De nouvelles modalités pourraient être décidées "en début de semaine", a indiqué jeudi le ministre de la Santé Olivier Véran, soulignant que le gouvernement veillerait à "éviter tout phénomène de paralysie dans le pays".

- Pas de cumul pour un café -

"Si vous mettez en éviction (tous les cas positifs et les cas contacts) dans le système scolaire, la police, l'hôpital, (la société) va être à l'arrêt", a prévenu vendredi Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital Tenon sur BFMTV.

<p>Des personnes attendent pour se faire tester au Covid-19, le 23 décembre 2021 à Paris</p>

En attendant, le projet de loi transformant le pass sanitaire en pass vaccinal sera examiné en commission à l'Assemblée nationale mercredi et doit entrer en vigueur le 15 janvier.

Ce texte, qui sera présenté lundi en Conseil des ministres extraordinaire, a suscité inquiétudes et critiques sur les réseaux sociaux, en particulier à propos d'une disposition sur un possible "cumul des justificatifs".

Mais l'intention n'est absolument pas d'exiger un pass vaccinal plus un test pour aller prendre un café, ont voulu rassurer vendredi une source ministérielle à l'AFP et la présidente LREM de la commission des Lois Yaël Braun-Pivet.

Il n'y a pour l'heure pas de piste particulière concernant des lieux éventuellement concernés.

Un test PCR ou antigénique négatif de moins de 24h sera en revanche obligatoire dès mardi pour tous les passagers, vaccinés ou non, se rendant dans les territoires français d'outre-mer à partir de métropole comme de l'étranger, a annoncé vendredi le ministère des Outre-mer.

© 2022 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.