Cinq choses surprenantes à savoir sur l'euro

Sophie MAKRIS, Jean-Philippe LACOUR
<p>La tour de la Banque centrale européenne illuminée, le 30 décembre 2022 à Francfort</p>

Les pièces de deux centimes ont-elles un avenir ? Pourquoi aller en pèlerinage avec des billets à Spijkenisse ? Peut-on encore échanger des couronnes estoniennes ? Voici quelques aspects méconnus de l'euro, qui fête ses vingt ans.

- Monnaies nationales tenaces

On les retrouve sous un matelas, dans un meuble de grand-mère, en rénovant un appartement : toutes les devises nationales qui précédaient l'euro sont loin de s'être volatilisées.

Rien qu'à Berlin et dans la région voisine du Brandebourg, quelque 2,63 millions de marks allemands ont été échangés entre janvier et fin novembre de cette année, soit environ 1,35 million d'euros.

La Bundesbank suppose qu'à l'échelle nationale, il existe encore des avoirs en espèces d'environ 12,35 milliards de deutschmarks (6,31 milliards d'euros).

Certains sont conservés par des collectionneurs, d'autres se trouvent certainement à l'étranger, le mark ayant longtemps été une monnaie de réserve prisée.

Il n'y a pas de limite à l'échange de pièces et de billets de l'ancienne devise nationale en euros, tout comme l'Autriche, l'Irlande où les trois pays Baltes.

L'Italie depuis 2011, la France et la Grèce depuis 2012 ne reprennent eux plus l'ancienne monnaie.

- Les "500" en voie d'extinction

Beaucoup d'Européens n'en ont jamais vu la couleur - violette : depuis 2019, la production de billets de 500 euros a cessé sur décision de la Banque centrale européenne. Outre qu'il était peu utilisé au quotidien, ce billet était soupçonné de faciliter les transactions illégales.

Payer avec un billet de 500 euros émis entre 2002 et 2019 est toutefois toujours autorisé et il restait encore en date de novembre quelque 376 millions de coupures violette en circulation.

Un sort comparable attend-il les pièces de un et deux centimes? La question de l'arrêt de la production des plus petites monnaies de la zone euro revient régulièrement à l'agenda.

<p>Un billet de 20 euros tenu par un expert de la contrefaçon, le 22 décembre 2021 à Francfort</p>

Encombrantes pour certains, ces pièces sont aussi coûteuses à produire.

Belgique, Pays-Bas, Irlande, Finlande et Italie ont déjà opté pour la suppression progressive des piécettes, en demandant aux commerçants d'arrondir leurs additions.

- (Très) petit nouveau

Il a la taille, la couleur, le design d'un billet de la BCE: le billet de zéro euro est apparu en 2015 et s'est taillé une belle popularité... chez les collectionneurs.

L'entrepreneur français Richard Faille a eu l'idée de créer des billets au départ vendus comme souvenir aux touristes: sur une face, ils sont illustrés d'un site ou d'un monument (Tour Eiffel, Mont Saint-Michel, etc...), sur l'autre face un zéro suivi du signe euro rappelle qu'ils n'ont pas de valeur.

Adoubés par la BCE, ces billets sont imprimés avec les mêmes caractéristiques techniques que les euros: filigrane, fil de sécurité, encres, hologramme ou encore numéro de sécurité individuel, la ressemblance est frappante, mais le papier utilisé diffère de celui des vrais billets.

- Du virtuel au réel

Pour éviter les fâcheries, des architectures imaginaires plutôt que des monuments existants illustrent les coupures en euros.

Puisque les ponts dessinés n'existent pas, un graphiste, le néerlandais Robin Stam, a décidé de les construire. La municipalité de Spijkenisse, près de Rotterdam, lui a donné son feu vert.

Du billet de 5 au billet de 500, les sept "ponts de l'euro" attirent désormais les touristes vers cette commune de quelque 70.000 habitants.

- Paperasse pour les liasses

En Europe le transport de 10.000 euros ou plus en espèces, provenant ou à destination de l'étranger, doit être déclaré à la douane.

Dans une version moderne du "bas e laine", un homme effectuant un trajet France – Espagne a été intercepté en avril par les douaniers du Perthus, qui ont trouvé 388.460 euros dissimulés dans 25 chaussettes en contrôlant son fourgon immatriculé en Allemagne.

Les liasses déclarées pendant leur transit sont bien plus importantes en moyenne. Les douanes allemandes ont ainsi recensé en 2020 13.335 déclarations pour la somme totale de 31 milliards d'euros, soit une moyenne de 2,3 millions d'euros par déclaration.

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