Rentrée scolaire sous tension face à la vague Omicron

Marine LEDOUX, Shahzad ABDUL
<p>Les élèves retrouvent lundi les bancs de l'école, mais parents et enseignants abordent la rentrée scolaire dans le flou face aux conditions sanitaires</p>

"On s'adapte au mieux": la rentrée scolaire s'est déroulée lundi sous la menace du variant Omicron, qui fait redouter aux parents d'élèves et aux enseignants un mois de janvier perturbé par les risques de contaminations au Covid, de fermetures de classes et d'absentéisme dans les rangs des professeurs.

Les élèves ont retrouvé leurs classes sous le même protocole sanitaire: le niveau 3 (sur 4) est maintenu dans les écoles élémentaires, tout comme le niveau 2 dans les collèges et lycées, afin de réduire le brassage entre les classes et les niveaux.

En revanche, il n'y a plus de fermeture de classe dès que l'on atteint trois cas de Covid, mais seulement "en fonction de la situation" et "en présence par exemple d'un très grand nombre de cas", selon le ministère.

Deuxième évolution: le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a décidé de soumettre désormais les élèves à trois tests en quatre jours s'il y a un positif dans la classe.

"Ce qui change, c'est que désormais, quand la famille fera le premier test, elle recevra en pharmacie deux autotests gratuits, pour que les élèves se testent à nouveau à la maison à J+2 et à J+4", a indiqué le ministre dans un entretien au Parisien.

Un élève pourra revenir en classe à la suite de la présentation d'un résultat négatif, dès le premier test effectué.

"On s'adapte au mieux avec le dispositif qui a été proposé par le ministre de l'Education nationale", décrit Alexandre Urwicz, père d'un élève de l'école publique élémentaire Ave Maria à Paris.

- "Janvier un peu tendu" -

Mais les fédérations de parents d'élèves sont critiques. La Peep estime que la contagiosité d'Omicron "justifie plus que jamais une bonne aération", or, celle-ci "est toujours compliquée, voire impossible, dans certaines classes", souligne-t-elle dans un communiqué.

Pour la FCPE également, "les moyens exigés ne sont toujours pas déployés sur le terrain", qu'il s'agisse des capteurs de CO2 ou du remplacement des enseignants absents. "Au vu de la multiplication des contaminations, l'école ne pourra pas fonctionner", avertit-elle.

Jean-Michel Blanquer a répété cependant lundi sur LCI que "les enfants sont la priorité des priorités" et que "la fermeture des écoles ne peut être qu'un ultime recours".

Interrogé sur de possibles difficultés à l'école, le ministre "ne nie pas que le mois de janvier peut être un peu tendu". "Nous sommes en train de nous organiser pour qu'il y ait une continuité du service public (...) nous arriverons à traverser ce mois de janvier", a-t-il ajouté.

Les ajustements du protocole sont également critiqués par les syndicats.

Guislaine David, secrétaire générale du SNUipp-FSU, le premier syndicat d'enseignants du primaire, considère cette rentrée "à haut risque" car "les écoles seront ouvertes sur le virus sans sécurisation", a-t-elle regretté auprès de l'AFP. "La multiplication des tests réactifs va compliquer l'organisation sur le terrain, ça sera une vraie usine à gaz".

"Pour nous, l'urgence réside dans la fourniture de masques chirurgicaux pour tous les adultes et FFP2 pour ceux qui le souhaitent dans chaque établissement", a estimé de son côté Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, premier syndicat enseignant dans le second degré.

- "Collègues en pleurs"-

Plusieurs syndicats n'excluent pas un appel à la grève si la situation devenait difficile à gérer dans les écoles et ont déjà déposé des préavis pour le mois de janvier.

"Pour la première fois depuis le début de l'épidémie, juste avant les vacances, on avait affaire à des appels de collègues en pleurs, qui n'arrivaient plus à gérer parce que ça ne s'arrêtait pas", relate Stéphane Crochet, secrétaire général du SE-Unsa. "Il faut donc qu'on voie ce qui se passe en cette première semaine et comment le ministère réagit".

A la veille des vacances, 3.150 classes étaient fermées en France en raison de l'épidémie. Et une nouvelle menace pèse en cette rentrée: un risque accru d'absences parmi les 866.000 enseignants.

Durant les vacances scolaires, le conseil scientifique a lui-même estimé à "au moins" un tiers les professeurs qui pourraient être touchés par le virus d'ici à fin janvier, soit en étant positifs au Covid-19 soit "de façon indirecte" en étant cas contact.

Mais l'allègement des règles d'isolement devrait éviter les absences en cascade. Les enseignants cas contact "font la rentrée s'ils sont vaccinés après avoir fait un test", a dit M. Blanquer, précisant que les réunions parents-professeurs se feraient en distanciel.

Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale du Sgen-CFDT, a déjà prévenu: il est "hors de question de demander aux enseignants de faire de l'enseignement à distance en plus de l'enseignement en présentiel".

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