Macron dit vouloir "emmerder" les non-vaccinés, pass vaccinal repoussé à 16 ans à l'Assemblée

AFP
<p>Emmanuel Macron, à une conférence de presse lors d'un sommet européen, à Bruxelles, le 17 décembre 2021</p>

Emmanuel Macron a affirmé mardi vouloir "emmerder" les non vaccinés alors que les députés ont repoussé à 16 ans contre 12 auparavant le seuil exigé pour le pass vaccinal, afin d'apaiser des débats engagés dans une ambiance électrique.

"Les non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder. Et donc on va continuer de le faire, jusqu’au bout. C’est ça, la stratégie", a-t-il clamé dans un entretien au Parisien.

La modification a été adoptée à la quasi-unanimité -386 voix pour, deux contre- lors de l'examen en première lecture au Palais Bourbon du projet de loi instaurant le pass vaccinal.

<p>La députée socialiste Cécile Untermaier lors d'une session de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le 28 juillet 2020</p>

Le compromis sur cette question touchant à la vaccination des mineurs, qui avait fortement contribué à crisper le débat, s'est fait autour d'un amendement de la socialiste Cécile Untermaier, sous-amendé en séance par le gouvernement.

L'amendement socialiste prévoit "de ne pas appliquer le pass vaccinal pour les mineurs âgés de 12 à 15 ans mais de maintenir le dispositif actuel du pass sanitaire pour ces mineurs".

Ainsi, le pass vaccinal ne serait appliqué qu'à "l'âge à partir duquel un mineur peut se faire vacciner contre le Covid-19 sans l'accord parental", soit 16 ans.

Le sous-amendement présenté par le ministre de la Santé Olivier Véran, ajoute que "seul le pass sanitaire peut s'appliquer aux sorties scolaires, ainsi qu'à l'ensemble des activités périscolaires et extrascolaires".

D'autres amendements demandant que le pass sanitaire ne soit pas exigé pour les mineurs en dessous de 18 ans ont été retirés ou rejetés, au profit du compromis finalement voté.

Le climat consensuel pour amender le texte initial du gouvernement a tranché avec l'atmosphère conflictuelle qui avait prévalu lors du début de l'examen du texte la veille, marqué par un vote dans la nuit refusant la poursuite des débats.

<p>Le chef de file des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon, lors du débat sur le pass vaccinal à l'Assemblée nationale, le 3 janvier 2022</p>

Les oppositions avaient raillé l'incapacité de la majorité d'être présente en nombre suffisant dans l'hémicycle pour éviter ce "camouflet", et dénoncé une absence de volonté de dialogue du gouvernement.

Le candidat LFI à la présidentielle et député Jean-Luc Mélenchon avait estimé que M. Véran s'était vu infliger "une correction".

Le gouvernement avait de son côté accusé l'opposition, en particulier les députés LR, de chercher à faire un "coup" politique sans considération pour la gravité de la crise sanitaire.

Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal avait pointé l'écart entre les déclarations de la candidate LR à L'Elysée, Valérie Pécresse, favorable au pass vaccinal, et ses troupes "qui ne la suivent pas" au Palais Bourbon.

- "Une bonne chose" -

Mais mardi les satisfecits sont venus de tous bords après l'accord sur l'âge du pass pour les mineurs.

<p>Le président du groupe LR à l'Assemblée nationale, Damien Abad, le 9 septembre 2021 à Nîmes</p>

"C'est une bonne chose pour tous les enfants et adolescents", s'est félicité le patron des députés LR Damien Abad, qui a estimé que la suspension du débat avait sans doute contribué à favoriser le compromis.

Mme Untermaier s'est réjouie de voir les députés "atterrir ensemble" sur cette question clivante de l'âge du pass vaccinal pour les jeunes.

"Nous arrivons à construire un consensus de compromis", a renchéri Guillaume Gouffier-Cha (LREM).

Les échanges ont repris mardi lentement mais dans une ambiance plus apaisée, alors que près de 3.000 nouvelles admissions en 24 heures ont été enregistrées dans les hôpitaux français, et que la barre des 300.000 nouveaux cas par jour de Covid-19 est en vue.

"Toutes les conditions sont réunies pour que nous ayons un débat apaisé", a assuré dès la reprise des échanges au Palais Bourbon le président de séance Marc Le Fur (LR,) devant des bancs bien fournis, après le couac de la nuit précédente.

La crise sanitaire, avec l'envolée des contamination dues au variant Omicron, sera à nouveau à l'ordre du jour d'un conseil de défense et d'un conseil des ministres mercredi.

Près de 450 amendements restaient au menu mardi en milieu de soirée, et les discussions devraient se poursuivre mercredi.

<p>Jean Castex lors d'une session de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris le 4 janvier 2022</p>

Le gouvernement vise toujours une adoption définitive en fin de semaine ou début de semaine prochaine du projet de loi transformant le pass sanitaire en pass vaccinal, avant une entrée en vigueur au 15 janvier.

Devant l'Assemblée, Le Premier ministre Jean Castex a également rappelé mardi le lourd contexte et dénoncé des "violences inacceptables", après la multiplication des agressions et des menaces de mort visant des élus avant ce débat sur le pass vaccinal.

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