Un an après l'assaut du Capitole, Biden hausse le ton et pointe la "responsabilité" de Trump

Aurélia END
<p>Le président américain Joe Biden à la Maison Blanche, le 3 janvier 2022</p>

Joe Biden a-t-il décidé de s'en prendre plus frontalement à Donald Trump? Le président américain, dans le discours qu'il doit prononcer jeudi pour commémorer l'assaut du Capitole le 6 janvier 2021, va dénoncer la "responsabilité particulière" de son prédécesseur dans ce "chaos", a fait savoir mercredi sa porte-parole.

Joe Biden "voit dans le 6 janvier le couronnement tragique de ce que quatre années de présidence Trump ont fait à ce pays", a affirmé Jen Psaki.

La porte-parole de l'exécutif américain a dit à la presse s'attendre à ce que "le président Biden expose la portée de ce qui s'est passé au Capitole et la responsabilité particulière du président Trump dans le chaos".

<p>Le "chaman QAnon", Jacob Chansley, avec d'autres supporteurs de Donald Trump, le 6 janvier 2021 à l'intérieur du Capitole de Washington</p>

Le président démocrate doit s'exprimer dans l'enceinte même du Capitole, là où des milliers de partisans de son rival ont tenté d'empêcher la certification de son élection par le Congrès américain.

Il va "dénoncer avec force le mensonge que propage l'ancien président", qui clame contre toute évidence avoir remporté le scrutin, a encore dit Jen Psaki.

C'est un net durcissement de ton de la part de la Maison Blanche qui d'habitude répugne même à nommer Donald Trump.

- Cornes de bison -

Autre signe de la fermeté de l'administration Biden: son ministre de la Justice Merrick Garland a promis mercredi que tous les participants à l'assaut seraient bien poursuivis "quel que soit leur statut".

Le manifestant aux cornes de bison, un jeune homme qui a reconnu avoir volé une bière dans le bureau de la cheffe démocrate Nancy Pelosi... Plus de 725 partisans de Donald Trump qui étaient entrés dans le siège du Congrès ont déjà été arrêtés. Nombre d'autres ont vu le FBI débarquer à leur porte.

<p>Carte de la capitale américaine Washington localisant le Capitole, théâtre d'une intrusion de partisans du président Donald Trump et de violences le 6 janvier 2021</p>

En parallèle, une commission parlementaire enquête pour comprendre le rôle précis de Donald Trump et son entourage dans l'organisation de l'assaut. Elle lance des assignations à comparaître en rafale pour accentuer, peu à peu, la pression sur l'ex-président.

- Volte-face de Trump -

Donald Trump a certes fait volte-face: il a renoncé à donner jeudi une conférence de presse depuis sa luxueuse retraite de Floride, une initiative qui avait été vécue comme une provocation chez les démocrates et qui embarrassait visiblement ses partisans républicains.

<p>Le président américain Donald Trump le 12 janvier 2021 à Harlingen, au Texas</p>

Mais l'irascible milliardaire n'a en rien adouci son propos. Dans un communiqué mardi, il s'est à nouveau insurgé contre la "fraude" qui a selon lui, et sans qu'il n'en apporte aucune preuve, entaché la dernière présidentielle.

Deux élus très proches de l'ex-président ont aussi prévu de tenir une conférence de presse jeudi pour, assurent-ils, apporter la "réponse des républicains" aux commémorations.

Mais dans ce parti, sur lequel l'ancien président conserve un immense ascendant, les élus ont toutefois dans l'ensemble choisi de faire profil bas.

Mitch McConnell, un ténor du camp républicain et le chef des conservateurs au Sénat, qui quelques jours après l'assaut avait accusé Donald Trump d'avoir "incité" la foule à marcher sur le Congrès, a déjà fait savoir qu'il ne serait pas présent aux commémorations organisées à Washington, assurant devoir participer à un enterrement dans le sud des Etats-Unis.

Loin donc du Capitole où les membres du Sénat et de la Chambre des représentants sont invités à se recueillir ensemble jeudi, à 22h30 GMT.

Nombre d'élus républicains n'ont pas de mal à dénoncer l'assaut, mais accusent aussi le camp démocrate d'utiliser les événements du 6 janvier "comme une arme partisane" pour diviser le pays.

<p>Des partisans de Donald Trump à l'assaut du Capitole le 6 janvier 2021 à Washington</p>

Selon un sondage rendu public mercredi par le site d'information Axios, environ 57% des Américains estiment que des événements tels que ceux du 6 janvier 2021 sont susceptibles de se reproduire dans les années à venir.

La même enquête d'opinion confirme à quel point l'Amérique reste divisée, un an après les images inouïes des affrontements devant le Capitole et des partisans de Donald Trump paradant à l'intérieur de ce bâtiment emblématique de la démocratie américaine.

Selon ce sondage, seulement 55% des Américains estiment que Joe Biden est le vainqueur légitime de la dernière élection.

"Le 6 janvier n'était pas l'action irréfléchie et spontanée d'une foule violente. C'était une tentative de renverser par la violence le résultat d'une élection libre et juste", a dit mercredi le patron des démocrates au Sénat, Chuck Schumer. "Si l'on ne s'attaque pas aux causes profondes de la violence du 6 janvier", prévient-il, "cette insurrection ne sera bientôt plus une aberration. Elle pourrait bien devenir la norme".

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