Omicron poursuit sa propagation foudroyante, Djokovic refoulé en Australie

AFP
<p>Des personnes se font tester pour le Covid-19 à Allahabad, en Inde, le 6 décembre 2021</p>

Le variant Omicron du coronavirus continue de se répandre comme une traînée de poudre dans le monde, perturbant de nombreux secteurs et même l'Open d'Australie de tennis, dont le tenant du titre Novak Djokovic a été empêché d'entrer dans le pays.

La pandémie a rattrapé mercredi deux grands événements culturels américains: les Grammy Awards ont reporté leur cérémonie de remise des prix prévue le 31 janvier à Los Angeles. Et le festival du film de Sundance, qui devait s'ouvrir dans l'Utah le 20 janvier, a dû se résoudre pour la seconde fois à une formule 100% virtuelle.

Les Etats-Unis, le pays le plus endeuillé du monde avec plus de 832.000 morts, ont enregistré mercredi près de 600.000 nouveaux cas. Le variant Omicron est devenu ultra-majoritaire dans le pays.

La flambée du variant a aussi des répercussions sur l'Open d'Australie de tennis. Si la compétition du Grand Chelem n'est pas remise en cause, elle risque de devoir se passer du numéro un mondial Novak Djokovic.

Le joueur serbe, opposé à la vaccination obligatoire, a obtenu une dérogation médicale pour participer au tournoi. Mais cette décision a déclenché un tollé en Australie, où les mesures pour lutter contre la pandémie ont été particulièrement strictes.

Djokovic a finalement vu son visa annulé en raison d'une erreur administrative dans sa demande. Il a été refoulé à son arrivée à Melbourne, provoquant un incident diplomatique. Le président de la Serbie, Aleksandar Vucic, a accusé l'Australie de "mauvais traitements".

<p>Des membres de la communauté serbe manifestent contre l'expulsion de la star de tennis Novak Djokovic devant l'hôtel où il serait retenu à Melbourne le 6 janvier 2022</p>

Le joueur, qui a passé la nuit retenu par les services d'immigration, a intenté jeudi un recours en justice. Un avocat du gouvernement a indiqué que le Serbe ne sera pas expulsé d'Australie avant une audience prévue lundi.

Omicron, bien plus contagieux que les précédentes mutations même si sa sévérité paraît plus limitée, met par ailleurs les autorités sur le pied de guerre en Chine et dans ses territoires de Hong Kong et Macao, derniers endroits du monde à s'accrocher à une politique de "zéro Covid".

- Hong Kong ferme -

Hong Kong, où une centaine de cas d'Omicron ont été recensés, va fermer ses frontières à partir de samedi et pour deux semaines à tous les voyageurs arrivant par avion depuis huit pays, dont les Etats-Unis, le Canada, la France et le Royaume-Uni. Le territoire voisin de Macao fera de même à partir de dimanche pour tous les voyageurs internationaux.

<p>Des personnes en tenue de protection contre le Covid-19 montent la garde le 5 janvier 2022 devant un bâtiment résidentiel dans la localité chinoise de Xi'an</p>

La Chine, où l'épidémie a été découverte fin 2019, a pratiquement éliminé la contagion dès le printemps 2020 grâce à sa stratégie du "zéro Covid", fondée sur des mesures drastiques (confinement, dépistage, traçage électronique, quasi-fermeture des frontières, vaccination).

Selon les chiffres officiels, le pays n'a enregistré que 103.121 cas depuis le début de l'épidémie.

Mais des flambées sporadiques inquiètent les autorités, surtout à l'approche des Jeux olympiques d'hiver à Pékin du 4 au 20 février. Et la politique de "zéro Covid" a un lourd impact sur les populations, soumises à des confinements draconiens.

Ainsi, à Xi'an (nord), dont les 13 millions d'habitants sont confinés depuis deux semaines, certains se sont plaints de manquer de nourriture.

<p>Deux ans de Covid, près de 300 millions de cas dans le monde</p>

Dans cette même ville, une femme enceinte de huit mois a fait une fausse couche à la porte d'un hôpital, après s'être vu refuser l'entrée pendant deux heures au motif qu'elle ne disposait pas d'un test de dépistage du coronavirus datant de moins de 48 heures, selon un message diffusé sur les réseaux sociaux.

Une photo devenue virale la montre assise sur un tabouret en plastique entourée d'une flaque de sang.

L'AFP n'était pas en mesure de certifier le contenu du message, qui a depuis été effacé, mais la mairie de Xi'an a annoncé la mise à pied du directeur de l'hôpital et d'autres responsables, ainsi qu'une enquête.

En Inde, le nombre d'infections a quasiment triplé en deux jours, dépassant les 90.000 nouveaux cas quotidiens. Les habitants de New Delhi, à l'exception des travailleurs essentiels, ont été priés de rester confinés chez eux ce weekend. Dans l'Etat de l'Uttar Pradesh, le plus peuplé du pays et où des élections sont prévues le mois prochain, des rassemblements politiques ont été annulés.

La France, l'un des pays les plus endeuillés d'Europe, a recensé mercredi le chiffre record de 332.252 nouveaux malades.

<p>Des étudiantes font la queue le 6 janvier 2022 pour recevoir une dose de vaccin anti-Covid dans un lycée de la localité indienne de Hyderabad</p>

Les députés français ont adopté jeudi un projet de loi rendant obligatoire un "pass vaccinal" pour accéder aux restaurants, bars, cinémas et autres.

L'examen du texte, qui doit encore être soumis au vote du Sénat, avait pris du retard en raison de vives tensions dans l'hémicycle, notamment après les propos du président Emmanuel Macron qui avait promis la veille d'"emmerder" les non-vaccinés.

L'Italie a décidé pour sa part d'instaurer l'obligation vaccinale pour les plus de 50 ans.

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