Ukraine: Blinken estime que Moscou peut encore choisir une "solution diplomatique"

AFP
<p>Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken lors d'une conférence de presse à Washington le 7 janvier 2022</p>

Une "solution diplomatique" avec la Russie "est encore possible", si Moscou joue le jeu du dialogue, pour désamorcer la crise autour de l'Ukraine, a déclaré vendredi le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken lors d'une conférence de presse à Washington.

"Nous sommes prêts à répondre avec force à une nouvelle agression russe. Mais une solution diplomatique est encore possible, et préférable, si la Russie choisit cette voie", a-t-il dit avant une semaine de pourparlers entre l'Occident et Moscou.

Les Occidentaux et les Ukrainiens accusent depuis plusieurs semaines les Russes d'amasser des dizaines de milliers de soldats à la frontière ukrainienne en vue d'une potentielle invasion, et ont clairement menacé le président russe Vladimir Poutine de sanctions "massives" et sans précédent s'il attaquait à nouveau le pays voisin.

Moscou exige de son côté un accord garantissant la fin de l'élargissement de l'Otan aux portes de la Russie.

"La Russie exige maintenant que les Etats-Unis et l'Otan signent des traités pour retirer les forces de l'Otan stationnées sur le sol d'alliés en Europe centrale et orientale, et pour interdire à l'Ukraine de rejoindre l'Otan, et veut nous entraîner dans un débat sur l'Otan plutôt que de nous (laisser nous) concentrer sur le sujet brûlant qui est son agression contre l'Ukraine. Nous ne nous laisserons pas distraire par cela", a prévenu Antony Blinken.

"Je pense que cela fait certainement partie de leur stratégie de présenter une liste d'exigences absolument irrecevables et ensuite prétendre que l'autre camp ne joue pas le jeu et utiliser cela comme une justification pour une agression", a encore martelé le secrétaire d'Etat. "Mais la réalité est que la Russie sait très bien ce que nous ne pouvons pas accepter. Et il y a aussi des dossiers, des sujets, sur lesquels nous pouvons dialoguer."

Antony Blinken a aussi mis en garde contre la possibilité que Moscou "ourdisse une provocation ou un incident pour ensuite l'utiliser afin de justifier une intervention militaire, dans l'espoir que, quand le monde se rendra compte de sa ruse, il sera trop tard".

"L'idée que l'Ukraine puisse être l'agresseur dans cette situation est absurde", a-t-il ajouté, rappelant que les Russes avaient annexé la Crimée en 2014 en violation du droit international, et avaient récemment amassé "près de 100.000 soldats à la frontière ukrainienne avec des plans pour mobiliser très rapidement le double de ces effectifs".

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