Open d'Australie: Djokovic, restera, partira ? La justice tranche lundi

Najma SAMBUL et Mell CHUN
<p>Les supporters de Novak Djokovic manifestent pour la libération du champion devant son centre de rétention à Melbourne, le 9 janvier 2022</p>

Le N.1 du tennis mondial Novak Djokovic défend lundi ses chances de jouer l'Open d'Australie: il lui faudra convaincre la justice locale qu'il a eu le Covid en décembre et que cela suffit à le dispenser de la vaccination obligatoire.

Depuis que l'entrée du territoire lui a été déniée dans la nuit de mercredi à jeudi, Novak Djkovic est bloqué dans un centre de rétention pour étrangers de Melbourne.

L'audience du tribunal fédéral, qui se tient en ligne, doit s'ouvrir à 10H00 heure locale (24h00 heure de Paris dimanche/23H00 dimanche GMT). Quelle que soit la décision, un appel de l'une ou l'autre partie pourrait toutefois prolonger le séjour de Djokovic dans ce centre de rétention.

Personne à l'exception du personnel n'est autorisé à entrer ou sortir de l'établissement, situé dans un ancien hôtel, où sont également détenus 32 migrants, pris dans le système d'immigration australien, certains depuis des années. Par le passé, les conditions d'accueil dans ce bâtiment ont été critiquées.

Une poignée de manifestants se sont rassemblés dimanche matin devant. Supporters, manifestants anti-vaccination et militants pour les droits des migrants s'y étaient déjà regroupés la veille dans une ambiance festive.

<p>Le Serbe Novak Djokovic célèbre sa victoire sur le Britannique Cameron Norrie lors de leur match du premier tour des ATP Finals au Pala Alpitour de Turin, le 19 novembre 2021</p>

Pour Djokovic, le temps presse à huit jours de l'Open d'Australie (17-30 janvier), où il ambitionne de s'offrir un 21e tournoi du Grand Chelem, ce qui le placerait au sommet de l'histoire du tennis, devant ses deux rivaux historiques, Roger Federer et Rafael Nadal.

Dans une ordonnance rendue publique dimanche, le juge Anthony Kelly a déclaré que l'affaire se poursuivrait comme prévu, refusant une demande du gouvernement australien d'ajourner jusqu'à mercredi.

- "Celui qui veut sa liberté" -

La Première ministre serbe Ana Brnabic a déclaré ce week-end que la Serbie soutenait pleinement le champion et qu'elle avait eu des "entretiens constructifs" avec la ministre australienne des Affaires étrangères.

"Nous avons fait en sorte qu'il reçoive une alimentation sans gluten, des équipements sportifs, un ordinateur portable", a-t-elle expliqué à la télévision serbe Pink.

Djokovic, 34 ans, a aussi reçu le soutien du plus haut dignitaire religieux de l'Eglise orthodoxe serbe. "J'évoquerai celui qui est détenu parce qu'il voulait sa liberté et qui veut sa liberté", a-t-il dit dans un discours prononcé samedi soir depuis la capitale des Serbes de Bosnie, Banja Luka.

Samedi, les avocats du N.1 mondial ont affirmé dans un document déposé auprès du tribunal fédéral qu'il avait été testé positif au Covid-19 le 16 décembre 2021.

Djokovic a cependant assisté à deux événements publics à Belgrade, sans masque, le jour-même et le lendemain de ce test positif, selon différentes publications sur les réseaux sociaux: une cérémonie en l'honneur de jeunes joueurs serbes le 17 décembre et la présentation d'un timbre hommage à son effigie la veille.

- Motif d'exemption -

<p>Des personnes à la fenêtre du centre de détention gouvernemental où le champion de tennis serbe Novak Djokovic séjournerait à Melbourne le 7 janvier 2022</p>

Tennis Australia (la fédération australienne de tennis) lui a accordé une exemption, au motif de cette infection en décembre, pour participer au premier Grand Chelem de la saison, après que sa demande a été approuvée par deux panels médicaux indépendants, ont souligné ses avocats.

Mais à son arrivée en Australie, dans la nuit de mercredi à jeudi, les autorités fédérales lui avaient refusé l'entrée, estimant que ses motifs d'exemption ne remplissaient pas les strictes conditions d'entrée sur le territoire liées à la lutte contre le Covid-19.

Le gouvernement australien insiste sur le fait qu'une récente infection par le Covid-19 ne compte comme une exemption que pour les seuls résidents, et non pour les ressortissants étrangers qui tentent d'entrer dans le pays.

Djokovic "n'est pas vacciné", soulignent encore les avocats de l'Australie dans leurs conclusions rendues publiques dimanche. "Cette demande de visa doit être refusée", plaident-ils.

<p>Novak Djokovic affiche sa complicité avec le patron de l'Open d'Australie Craig Tiley après sa victoire sur Andy Murray à Melbourne, le 1er février 2015</p>

Les étrangers sont toujours interdits de voyage en Australie, et ceux qui sont autorisés à entrer doivent être complètement vaccinés ou avoir une exemption médicale.

Retenue comme "Djoko" après avoir vu aussi son visa annulé, la joueuse tchèque Renata Voracova, spécialiste du double, a elle quitté l'Australie samedi, selon une source gouvernementale.

La fédération australienne et son patron Craig Tiley ont été accusés d'avoir induit les joueurs en erreur à propos des obligations en matière de vaccination pour entrer dans le pays.

Alors qu'une grande partie de l'Australie a renforcé les restrictions sanitaires pour lutter contre une nouvelle vague liée au variant Omicron, l'État de Victoria, dont Melbourne est la capitale, a enregistré 44.155 nouveaux cas dimanche.

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