Autour de Marine Le Pen, technos, famille et ralliés

Anne RENAUT
<p>Renaud Labaye (G), Jean-Philippe Tanguy et Marine Le Pen lors d'une conférence de presse pour présenter le chiffrage de son programme, à Paris le 23 mars 2022</p>

Pour sa campagne présidentielle, Marine Le Pen s'est appuyée sur un entourage où se mêlent technocrates, famille et élus proches.

LES TECHNOS

- En quête de crédibilité après son échec en 2017, Marine Le Pen a choisi de prendre comme directeur de campagne un "grand serviteur de l'Etat" au lieu d'un "profil politique", en la personne de Christophe Bay. Mais ce préfet est visé par des enquêtes administratives pour des dépenses non justifiées quand il était préfet de l'Aube (2011-2014) et de la Dordogne (2014-2016), a révélé Le Monde. L'intéressé assure, lui, avoir remboursé les sommes réclamées.

- Jean-Philippe Tanguy, directeur adjoint de campagne, diplômé de l'Essec et Sciences Po, est un spécialiste des questions énergétiques. Il a travaillé pour Clara Gaymard quand elle présidait General Electric France. Ancien bras droit du souverainiste Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France, DLF), il a rejoint en mars 2021 la candidate RN avec quelque 130 cadres de DLF.

- Renaud Labaye, directeur de cabinet de Marine Le Pen, a notamment participé à la rédaction d'un tableau de "chiffrage" controversé du projet présidentiel présenté fin mars, que Marine Le Pen juge "crédible" et financièrement "équilibré". Diplômé de Saint-Cyr et de HEC, il était jusque-là collaborateur à l'Assemblée nationale de Marine Le Pen, députée du Pas-de-Calais.

- Le mystérieux club des Horaces réunit depuis 2015 un groupe d'experts qui conseillent Marine Le Pen, animé par l'ex-RPR André Rougé, délégué RN à l'Outremer. Ses membres préfèrent garder l'anonymat. L'un d'eux, Hervé Fabre-Aubrespy, polytechnicien et énarque, ex-DLF, était présent quand Marine Le Pen a présenté fin septembre son projet de référendum sur l'immigration.

LA FAMILLE

<p>Marie-Caroline Le Pen à Marseille, le 19 novembre 2021</p>

- Marie-Caroline Le Pen, soeur aînée de Marine Le Pen, s'occupe des déplacements. Elle est l'épouse de Philippe Olivier, proche conseiller de la candidate, pour qui il écrit souvent les discours.

- Leur fille Nolwenn est la compagne de Jordan Bardella qui lui a pris la présidence par intérim du Rassemblement national, le temps de la campagne. Ce fidèle lieutenant, chargé de mobiliser l'appareil militant et cité comme possible ministre, exerce cette mission "bénévolement" alors que la candidate reçoit toujours l'indemnité de 5.000 euros mensuels liée à cette fonction.

- Jean-Marie Le Pen, malgré leurs différends, lui a apporté son soutien, mais pas sa nièce Marion Maréchal, partie chez Eric Zemmour.

LA COM'

<p>Caroline Parmentier, le maire de Fréjus David Racheline (d), et Marine Le Pen avant les premiers résultats du premier tour à Paris, le 10 avril 2022</p>

- Caroline Parmentier, attachée de presse de la candidate, participe à presque tous les déplacements. Chargée d'aplanir des relations parfois houleuses avec la presse, elle vient du journal catholique intégriste Présent, où elle a tenu des positions plus radicales que celles de l'actuelle candidate.

- Alexandre Loubet, venu de Debout la France, est le discret directeur de la communication du RN et de la campagne de Marine Le Pen.

LES PROCHES

Deux maires RN, Louis Aliot, à Perpignan, par ailleurs ex-compagnon de Mme Le Pen, et Steeve Briois, à Hénin-Beaumont, qui sont aussi vice-présidents du RN, font partie des porte-parole de la campagne.

Le maire de Beaucaire, Julien Beaucaire, porte aussi la voix de Marine Le Pen, comme le député du Nord et ancien fondateur de GayLib à l'UMP (devenue LR) Sébastien Chenu, et l'ex-DLF Laurent Jacobelli.

Le député RN Bruno Bilde, et le maire RN de Fréjus, David Rachline font également partie de l'équipe rapprochée.

LES RALLIES

Ce cercle est plus éloigné de la campagne, mais ses membres, qui ont rallié Marine Le Pen à l'occasion des européennes de 2019, sont cités pour intégrer un éventuel gouvernement.

<p>Jean-Paul Garraud lors du 17e congrès du RN à Perpignan le 3 juillet 2021</p>

- Jean-Paul Garraud, ancien magistrat et ex-député LR, est présenté comme futur ministre de la Justice. Ancien rapporteur de la loi de 2010 qui interdit la dissimulation du visage dans l'espace public, comme avec le voile intégral, il est l'auteur du texte contre "les idéologies islamistes", deuxième pilier du programme de Marine Le Pen après l'immigration.

- Hervé Juvin, chantre d'une écologie identitaire et civilisationnelle, est un ancien conseiller de Raymond Barre devenu proche idéologiquement des théoriciens de la Nouvelle Droite, autour du concept d'ethno-différentialisme.

- Thierry Mariani, ancien ministre sarkozyste, a aussi "vocation" à intégrer un éventuel gouvernement malgré ses positions prorusses. L'eurodéputé a été prié de rester discret après le déclenchement de la guerre en Ukraine, où il avait parlé "d'opération d'intoxication" à propos du bombardement du théâtre de Marioupol.

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