Salve de roquettes vers Israël, frappes aériennes sur Gaza

Guillaume LAVALLEE avec ADEL ZAANOUN à Gaza
<p>Des flammes et de la fumée sont visible lors de raids israéliens contre la bande Gaza le 21 avril 2022.</p>

Des groupes armés palestiniens ont lancé jeudi une salve de roquettes depuis la bande de Gaza vers Israël qui a mené une série de frappes contre ce territoire sous contrôle des islamistes du Hamas, faisant craindre une nouvelle escalade militaire sur fond de tensions liées aux lieux saints à Jérusalem.

Mercredi soir, une roquette, la seconde cette semaine, a été tirée depuis la bande de Gaza pour s'abattre dans un champ de la localité israélienne de Sdérot (sud) sans faire de blessés.

Dans la foulée, l'armée israélienne a mené une série de frappes dans le centre de l'enclave palestinienne de 2,3 millions d'habitants, selon des témoins et des sources sécuritaires. Ces frappes n'ont pas fait de victimes.

"Les jets de combat de l'armée israélienne ont ciblé des positions militaires et l'entrée d'un tunnel menant à un complexe souterrain où sont entreposés des produits chimiques utilisés pour propulser les roquettes", a indiqué l'armée israélienne.

Dans un communiqué le porte-parole du Hamas, Hazem Qassem, a lui déclaré que ces frappes israélienne n'allaient qu'"accroître la détermination de notre peuple et de la résistance (...) afin de défendre nos lieux saints à Jérusalem".

Peu après les frappes israéliennes, quatre autres roquettes ont été tirées vers l'Etat hébreu, où elles ont été interceptées par le bouclier antimissile "Dôme de fer", a indiqué l'armée.

Ces échanges de tirs - les seconds cette semaine et parmi les plus intenses depuis la fin de la guerre de 11 jours entre Israël et le Hamas en mai 2021 - interviennent après des heurts ce weekend entre manifestants palestiniens et policiers israéliens sur l'esplanade des Mosquées de Jérusalem, troisième lieu saint de l'islam et premier site sacré du judaïsme sous son nom de Mont du Temple.

Jeudi matin, la police israélienne a affirmé que "des dizaines d'émeutiers avaient jeté des pierres et des bouteilles incendiaires depuis la mosquée al-Aqsa" contre les policiers. "Un groupuscule violent empêche les fidèles musulmans de pénétrer dans la mosquée et cause des dégâts au lieu", a-t-elle ajouté dans son communiqué.

Sept Palestiniens, habitants de Jérusalem-Est, suspectés d'avoir participé mercredi à des "incidents violents" sur l'esplanade ont par ailleurs été arrêtés, selon la même source.

- "Provocation" -

La présence de juifs - qui peuvent visiter l'esplanade sous certaines conditions et à des heures précises sans y prier - et de policiers sur place pendant le ramadan, a été perçue par des Palestiniens et plusieurs pays de la région comme un geste de provocation.

La police israélienne a empêché mercredi soir des centaines de manifestants nationalistes juifs de s'approcher du quartier musulman de la Vieille ville de Jérusalem afin d'éviter des accrochages.

Des organisations nationalistes avaient appelé à une grande marche dans la Vieille ville, où est située l'esplanade des Mosquées, une manifestation aussi considérée comme une "provocation".

<p>Des nationalistes juifs arborant des drapeaux israéliens rassemblés sur la place Tsahal, en face de la Vieille ville de Jérusalem, face à des policiers israéliens, le 20 avril 2022</p>

Plus d'un millier de manifestants arborant des drapeaux israéliens se sont rassemblés en début de soirée sur la place Tsahal, près de la mairie, en face de la Vieille ville.

Et des centaines d'entre eux ont tenté de s'approcher de la porte de Damas, entrée principale du quartier musulman.

Mais la police a bloqué ces manifestants, incluant de nombreux partisans du député d'extrême droite Itamar Ben Gvir, interdit d'accès à ces lieux plus tôt par le Premier ministre Naftali Bennett.

- "Ne pas plier" -

"Je ne permettrai pas que la provocation politique de Ben Gvir mette en danger les soldats et les policiers israéliens", a déclaré le Premier ministre.

"Je le dis clairement (...), je ne vais pas plier. En vertu de quelle loi ne suis-je pas autorisé à entrer par la porte de Damas?", a rétorqué à l'AFP M. Ben Gvir.

<p>Un garde de sécurité israélien escorte un groupe de religieux juifs au Mont du Temple, l'esplanade des mosquées dans la Vieille ville de Jérusalem, le 20 avril 2022</p>

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres s'est dit "profondément préoccupé par la détérioration de la situation à Jérusalem", selon son porte-parole mercredi à New York. "Il (M. Guterres) est en contact avec toutes les parties afin de réduire les tensions, d'empêcher les actions et la rhétorique incendiaires".

La semaine dernière, des accrochages entre manifestants palestiniens et policiers israéliens ont fait plus de 170 blessés palestiniens sur l'esplanade des Mosquées, alors que coïncidaient les célébrations du mois musulman du ramadan et de Pessah, la Pâque juive.

La secrétaire d'Etat américaine adjointe pour les affaires du Proche-Orient Yael Lempert et Hady Amr, chargé des affaires israéliennes et palestiniennes au Département d'Etat américain, doivent rencontrer des officiels palestiniens jeudi soir à Ramallah en Cisjordanie occupée, pour "discuter des récents développements et de l'escalade à Jérusalem", selon Hussein al-Sheikh, un responsable palestinien.

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