Mali: un groupe jihadiste affirme détenir un Russe du groupe Wagner

Afp
<p>Un soldat des forces spéciales maliennes lors de la journée des Forces armées, à Kati le 20 janvier 2022</p>

La principale alliance jihadiste au Sahel détient un Russe membre de la société militaire privée Wagner, "capturé" dans le centre du Mali, selon une revendication au nom de ce mouvement transmise à l'AFP.

C'est la première fois que le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), lié à Al-Qaïda, annonce la capture d'un Russe engagé sur le front de la lutte antijihadiste au Mali.

Le GSIM n'a cependant pas fourni de preuve permettant d'attester de la véracité de son annonce faite par voie de communiqué dans la nuit de dimanche à lundi.

Dirigé par des militaires depuis 2020, le Mali a fait appel massivement à ce qu'il présente comme des "instructeurs" venus de Russie pour soutenir son armée alors que Paris et Washington dénoncent régulièrement la présence dans le pays de "mercenaires" du groupe privé russe Wagner, accusations fermement démenties par Bamako.

C'est "durant la première semaine d'avril" que le GSIM affirme avoir "capturé un soldat des forces russes Wagner dans la région de Ségou", dans le centre du Mali.

<p>Des militaires maliens à Tombouctou le 9 septembre 2021</p>

"Ces forces meurtrières ont participé avec l'armée malienne à une opération de parachutage sur un marché dans le village de Moura où ils ont affronté plusieurs moudjahidines avant d'encercler cette localité pendant cinq jours et tuer des centaines de civils innocents", ajoute le communiqué du GSIM, en arabe, sans plus de détail sur le lien entre la capture du Russe et les événements de Moura.

Cette ville a été le théâtre fin mars d'une opération controversée de l'armée malienne. Selon les autorités de Bamako, les soldats maliens y ont "neutralisé" 203 jihadistes, mais l'ONG Human Rights Watch (HRW) accuse des membres des Forces armées maliennes (FAMa) d'y avoir exécuté sommairement 300 civils, avec l'aide de combattants étrangers.

La mission de l'ONU au Mali (Minusma) demande depuis lors en vain aux autorités maliennes de l'autoriser à se rendre sur place pour enquêter afin de faire la lumière sur ces événements.

- Pilotes russes -

Selon des sources concordantes, un ressortissant russe en opération avec des soldats maliens a été tué le 19 avril dans le centre du Mali. Il s'agit du premier décès confirmé d'un Russe dans le cadre d'opérations militaires dans le pays depuis que la junte a pris le pouvoir en 2020.

Dimanche, l'armée malienne a annoncé la mort de six soldats dans trois attaques simultanées avec des "véhicules bourrés d'explosifs", contre trois camps militaires dans le centre du pays.

<p>Des soldats maliens en patrouille entre Mopti et Djenné, dans le centre du Mali, le 28 février 2020</p>

Dans un message audio transmis à l'AFP, ces opérations ont été revendiquées par la katiba Macina, du prédicateur peul Amadou Koufa. Ce groupe de combattants est subordonné à Iyad Ag Ghaly, le chef du GSIM.

Entre autres dégâts, l'armée malienne a fait état d'"un hélicoptère légèrement endommagé".

Dans une vidéo semblant avoir été publiée sur internet pour la première fois dimanche, on voit un hélicoptère de conception russe aux couleurs de l'armée malienne apparemment endommagé au sol. Sur ces images, que l'AFP n'a pas pu authentifier ni dater, apparaissent furtivement deux hommes blancs à côté de ce qui semble être des soldats maliens.

Selon un document de source diplomatique consulté récemment par l’AFP, presque tous les hélicoptères maliens sont pilotés par des Russes assistés de copilotes maliens.

<p>Un Malien habillé d'un faux uniforme russe lors d'une manifestation contre les sanctions internationales visant le Mali, à Bamako le 14 janvier 2022</p>

Le Mali est plongé depuis 2012 dans une crise sécuritaire profonde que le déploiement de forces étrangères n'a pas permis de régler. La junte militaire au pouvoir s'est rapprochée de Moscou en même temps qu'elle se détournait de la France, engagée militairement dans le pays contre les jihadistes depuis 2013.

Parties du nord du pays, les violences jihadistes se sont étendues vers le centre et le sud avant que le conflit ne se complique avec l'apparition de milices communautaires et de bandes criminelles.

Le conflit a fait des milliers de morts, civils et combattants, et le centre du Mali est actuellement un des principaux foyers de la crise sahélienne.

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