Après l'accord historique avec EELV, les Insoumis veulent conclure avec le PS et le PCF

Baptiste BECQUART, Gaëlle GEOFFROY et Tom MASSON
<p>Le dirigeant de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, lors de la manifestation du 1er mai 2022 à Paris</p>

Forte d'un accord historique pour les législatives conclu dans la nuit avec EELV, La France insoumise a tenté lundi d'aller plus loin en reprenant les négociations avec le PS et le PCF avec l'objectif d'aller vite et se projeter vers les investitures de samedi.

Les négociations vont se poursuivre dans la nuit de lundi à mardi et aucune annonce d'accord n'est attendue pour lundi soir, ont indiqué le chef des négociateurs insoumis Manuel Bompard et un négociateur socialiste.

Pour Manuel Bompard, "le travail avance bien mais pas mal de choses restent à caler. Julien Bayou, le chef des Verts qui a participé aux discussions avec les socialistes lundi après-midi et en soirée, les a aussi trouvées "constructives" avec des "points de convergence".

Quant au PCF, il est attendu pour 22H00 au siège insoumis, mais son négociateur en chef Igor Zamichiei a écarté l'idée d'un accord dans la soirée: "Ca se prolongera sûrement demain, je ne pense pas qu'on règle tout en quelques heures ce soir".

Lundi matin, après la signature de l'accord entre EELV et LFI créant la "Nouvelle union populaire écologique et sociale", les protagonistes des longues négociations ont clamé en choeur leur satisfaction dans les matinales radio et télé lundi matin.

"C'est exceptionnel mais c'est aux électeurs de rendre ça historique", avec une "victoire" aux élections législatives de juin, a déclaré sur BFMTV Julien Bayou, secrétaire national d'EELV. "Nous avons posé un premier acte très fort" à l'union de gauches bien plus souvent divisées, a-t-il salué.

"C'est historique parce qu'il n’y a jamais eu d'accord dans l’histoire entre EELV et LFI au niveau national pour des élections législatives", a souligné de son côté Manuel Bompard, le chef des négociateurs insoumis, sur France inter.

<p>Julien Bayou, secrétaire national d'EELV, quitte le siège de LFI à Paris le 30 avril 2022</p>

"Et c’est historique parce que ça enclenche le début d’une dynamique qui a pour objectif de faire en sorte d’aborder les élections législatives avec une perspective majoritaire", a-t-il ajouté.

"Il ne s'agit pas d'un accord entre LFI et EELV. Nous voulons construire une bannière commune avec l'ensemble des forces de gauche pour construire une majorité", a prévenu Julien Bayou.

- "Revanche" -

Le chef des négociateurs socialistes, Pierre Jouvet, a expliqué pourquoi le processus pourrait déborder sur mardi: "On ne va pas régler tous les points en l’espace de quelques heures alors que depuis dix ans on ne se parlait plus".

<p>Le Premier secrétaire du PS Olivier Faure le 2 février 2022 à l'Assemblée nationale à Paris</p>

"C’est une discussion longue où on n'a pas de calendrier préfixé" car il faut "construire quelque chose de solide" et non "d’improvisé", a souligné Olivier Faure.

Il doit composer avec la fronde interne d'un courant minoritaire et de plusieurs figures historiques du PS, de François Hollande à Jean-Christophe Cambadélis en passant par Stéphane Le Foll, qui l'accusent de "soumission" à LFI, mouvement antagoniste ces dernières années sur des sujets comme la laïcité ou l'Europe.

"Au PS, ils se séparent de gens qui ont été au cœur du problème de la gauche depuis une dizaine d’années et je suis content du Parti socialiste qu'on a en face de nous", a confié Eric Coquerel.

Fabien Roussel a milité lundi pour un accord trouvé au bout de la nuit pour que la gauche puisse "enfin prendre sa revanche sur cette élection présidentielle".

<p>Un militant LFI montre une affiche qu'il s'apprête à placarder au siège de LFI le 29 avril 2022 à Paris</p>

Car cette "Union populaire" élargie a pour objectif déclaré d'envoyer Jean-Luc Mélenchon à Matignon, via l'obtention d'une majorité à l'Assemblée nationale.

D'où les âpres tractations pour régler des différends, comme sur la "désobéissance" à certaines règles européennes. Le texte de l'accord entre insoumis et écologistes entérine la possibilité de désobéir si l'UE empêche le programme de s'appliquer, mais seulement sur les cas budgétaires et économiques. Toute escalade vers une sortie de l'UE est proscrite, ainsi que l'ont demandé les Verts.

Sur le plan électoral, les Verts ont obtenu environ 100 circonscriptions, dont 30 jugées gagnables. De quoi garantir au pôle écologiste d'avoir un groupe - minimum 15 députés - dans l'hémicycle. "On n'a pas été les mieux servis, beaucoup de demandes n'ont pas été validées", dans certains centres-villes comme à Marseille, Rennes ou Nantes, regrette Alain Coulombel, l'un des négociateurs écologistes, auprès de l'AFP.

"Mais une étape est franchie, pour la première fois depuis... Mathusalem, on a réussi un accord", se réjouit ce membre de l'aile gauche d'EELV.

Des membres de la majorité LREM ont eux accusé EELV et le PS de renier leurs convictions, Nicolas Bay, vice-président de Reconquête!, y voyant "la nécessité d'un rassemblement" à droite et Eric Zemmour appelant Marine Le Pen à un accord.

La convention d'investiture des membres de cette "Nouvelle union populaire écologique et sociale" aura lieu en région parisienne le 7 mai.

L'objectif est de permettre à tous d'entrer vite en campagne, en premier lieu le chef de cette alliance, Jean-Luc Mélenchon.

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