Législatives: liste de la majorité bientôt bouclée, photo de famille et team building

Paul AUBRIAT, Gregory DANEL
<p>(g-d) Edouard Philippe (Horizons), Richard Ferrand, président LREM de l'Assemblée nationale, François Bayrou (MoDem) et Stanislas Guerini, secrétaire délégué de LREM, lors d'une conférence de presse après une réunion du bureau exécutif du LREM, le 5 mai 2022 à Paris</p>

Team building, conseils pratiques, photo de famille et discours du chef: les candidats de la majorité présidentielle pour les législatives de juin sont réunis mardi près de Paris, alors que la macronie est sur le point de boucler sa liste de prétendants.

Ces candidats de la maison commune "Ensemble !" ont été conviés aux Docks d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) pour une journée de formation, que va clore Emmanuel Macron.

Les principales figures de la macronie y étaient programmées pour y passer une tête, parmi lesquelles une flopée de ministres, dont certains sont candidats comme Olivier Véran, Jean-Michel Blanquer, Gabriel Attal ou Clément Beaune.

Le temps des au revoirs ? Jean Castex a invité l'ensemble de ses ministres à dîner jeudi soir, avant la nomination d'un nouveau gouvernement, dont chacun craint qu'il n'en soit pas.

En attendant, les troupes sont "en ordre de marche pour conquérir une majorité présidentielle", a assuré dans son discours d'accueil le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, selon un participant. Il a vanté avec Ensemble ! "un vaste mouvement unitaire et pluraliste apte à ouvrir les bras et à rassembler".

Et s'est félicité de cette "date formidable" du 10 mai. Quarante-et-un ans après l'élection de François Mitterrand, les soldats de Macron II forment "un arc républicain: sociaux démocrates, écologistes, centristes et droite libérale", a-t-il énuméré.

<p>Constance Le Grip au Parlement européen, à Strasbourg, le 9 mai 2022</p>

Constance Le Grip, qui siégeait jusqu'alors sur les bancs de LR, est la dernière prise de guerre des macronistes. "Je reste fidèle à mes convictions d'une droite moderne, libérale, sociale et européenne", dit-elle au milieu d'environ 400 autres candidats investis, dont une moitié pour qui c'est la première candidature aux élections législatives.

Au programme de la journée: photo de famille en rangs serrés, et "ateliers" sur la stratégie de campagne ou la communication.

Sur la forme, "ne soyez pas radins sur les coups à boire" et "le smile (le sourire), profitez-en", préconise Sarah El Haïry, membre du gouvernement et prétendante à un second mandat de députée en Loire-Atlantique.

Sur le fond, "être à l'écoute de son territoire, faire une analyse politique la plus fine possible, construire non pas un programme local mais un programme national décliné au niveau local", recommande le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal.

- "visage en gros" -

Car le séminaire, volontiers bon enfant, est porté par un vent d'optimisme: revigorée par la réélection d'Emmanuel Macron, la majorité sortante parie sur une participation faible aux deux tours des 12 et 19 juin, alors que son électorat est réputé le plus mobilisé.

Le ministre Franck Riester, qui sera candidat pour la quatrième fois en Seine-et-Marne, égrène ses bons conseils de campagne: "Faut qu'on voie le visage du candidat en gros et souriant", et surtout, "il faut qu'on voie clairement que le candidat est soutenu par Emmanuel Macron".

"Moi, je ne perds pas de temps à faire campagne dans les zones où je suis faible: mon seul enjeu, c'est de mobiliser mon électorat", glisse un sortant, qui identifie "des poches bobos au centre-ville qui votent LFI et qui ne sont pas récupérables".

Reste que parmi les candidats, néophytes ou non, questions et réflexions fusent: Mireille Clapot, députée de la Drôme, a "un problème avec Wikipedia". Jimmy Pahun, élu breton, fait remarquer qu'"on a voté treize lois sur la sécurité mais nous, quand on a été harcelés, rien". C'est "la dureté des réseaux sociaux", relativise Eric Bothorel (Côtes-d'Armor).

"Évidement, on maîtrise le programme et le bilan, mais c'est intéressant de voir sur quoi les instances nationales mettent la priorité", relève la députée de Gironde Catherine Fabre.

<p>Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, le 4 mai 2022 à l'Elysée</p>

Mais, grince un prétendant normand, "pas facile de faire campagne sans gouvernement nommé", alors que d'autres s'inquiètent de ne pas pouvoir "mettre en avant trois ou quatre mesures-phares qui percutent vraiment".

"Soyez offensifs sur l'Europe", répond Gabriel Attal, qui reconnaît par ailleurs que, sur le sujet des retraites, les prétendants dans les circonscriptions réputées de gauche devront la jouer "plutôt défensif".

A la sortie de l'atelier, qu'en auront-ils retenu ? "Je vais me faire les vingt-six maisons de retraite de ma circonscription", répond un jeune trentenaire dont c'est la première élection.

© 2022 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.

Sur le même sujet