Législatives: liste de la majorité bientôt bouclée, photo de famille mardi

Paul AUBRIAT
<p>(g-d) Edouard Philippe (Horizons), Richard Ferrand, président LREM de l'Assemblée nationale, François Bayrou (MoDem) et Stanislas Guerini, secrétaire délégué de LREM, lors d'une conférence de presse après une réunion du bureau exécutif du LREM, le 5 mai 2022 à Paris</p>

Les candidats de la majorité présidentielle pour les législatives de juin se retrouvent mardi près de Paris, alors que la macronie est sur le point de boucler sa liste de prétendants, jusqu'alors dominée par les sortants et quelques prises de guerre.

Ils sont pour l'instant 505 à avoir été fixés sur leur sort après la parution de plusieurs salves d'investitures la semaine dernière.

Avec leurs directeurs de campagne, ces candidats de la maison commune Ensemble! ont été conviés aux Docks d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) pour une journée de formation mardi. Emmanuel Macron doit intervenir pour clore le rendez-vous.

<p>Edouard Philippe (Horizons) lors d'une conférence de presse après une réunion du bureau exécutif de LREM, à Paris, le 5 mai 2022</p>

Une très grosse majorité sont des sortants, répartis entre La République en marche, le MoDem et les partisans d'Edouard Philippe d'Horizons, alors que plus d'une trentaine de députés de la majorité élus en 2017 avaient indiqué ne pas vouloir rempiler. Quelques sortants non réinvestis pourraient cependant se présenter en dissidents.

Depuis une semaine, la macronie s'est enorgueillie de prises parmi d'anciens adversaires LR à l'Assemblée: le rallié de l'hiver Eric Woerth (Oise) suivi après la réélection d'Emmanuel Macron par Constance Le Grip (Hauts-de-Seine), Robin Reda (Essonne) ou Marine Brenier (Alpes-Maritimes).

Dans le Rhône, la majorité présidentielle a par ailleurs investi Emmanuelle Haziza, ex-candidate LR malheureuse en 2012 et 2017. Dans la Sarthe, une ex-déléguée nationale des Jeunes Républicains Alexandra Monet sera candidate Ensemble!.

De nouveaux ralliements pourraient-ils créer la surprise? S'il devrait rester logiquement quelque 70 candidats à investir pour pourvoir les 577 circonscriptions, c'est une liste de 50 à 65 noms que doit en fait révéler mardi la majorité présidentielle.

Et, paradoxalement, ce sont les circonscriptions non pourvues qui seront les plus scrutées car la macronie entend favoriser plusieurs candidats en ne leur opposant aucun adversaire.

Qui pourrait être visé par ces mains tendues? Pour l'instant, les LR Damien Abad dans la cinquième circonscription de l'Ain, François Cornut-Gentille (Haute-Marne), Jean-Louis Thiériot (Seine-et-Marne), Nicolas Forissier (Indre), l'apparenté LR Jean-Carles Grolier (Sarthe) ou l'UDI Béatrice Descamps (Nord) ne connaissent pas leur adversaire de la majorité.

De même, dans la circonscription du Touquet (Pas-de-Calais) où le couple Macron possède une maison, le sortant Robert Therry devra-t-il souffrir une concurrence de la majorité présidentielle, alors que son mentor et maire de la cité balnéaire, le LR Daniel Fasquelle, a multiplié les signes de rapprochement avec le président?

A gauche, ce sont les candidats sortants socialistes David Habib (Pyrénées-Atlantiques) ou Dominique Potier (Meurthe-et-Moselle) qui pourraient faire l'objet de la mansuétude macroniste.

Idem dans la Sarthe, où Sylvie Tolmont, successeure de la figure du PS Stéphane Le Foll - aujourd'hui pourfendeur de l'accord entre son parti et les mélenchonistes - pourrait recevoir un soutien tacite.

- Dix-huit ministres candidats -

La majorité présidentielle doit par ailleurs encore trancher des situations pudiquement reconnues comme "délicates", avec certains de ses sortants à l'image écornée: entre autres, Stéphane Trompille (Ain) condamné pour harcèlement sexuel, le MoDem Michel Fanget (Puy-de-Dôme) condamné en première instance pour complicité d'escroquerie, la MoDem Sandrine Josso (Pays-de-Loire), poursuivie par une ancienne collaboratrice, ou l'ancienne secrétaire d'Etat MoDem Nathalie Elimas (Val-d'Oise), visée par une enquête pour harcèlement moral.

Tous ont pourtant annoncé qu'ils entendaient se présenter à leur propre succession.

C'était aussi le cas du député des Hauts-de-Seine Jacques Maire, à qui la porte-parole de LREM Prisca Thevenot a finalement été préférée pour décrocher l'investiture, au grand dam de celui qui était parfois critique d'une forme de droitisation de la majorité et était proche de la ministre Barbara Pompili.

Cette dernière pourrait par ailleurs être la dernière membre du gouvernement à être investie, alors qu'elle avait indiqué la semaine dernière toujours hésiter à se représenter dans la Somme.

Avant elle, dix-huit membres du gouvernement (qui en compte quarante-deux) ont déjà été investis: Elisabeth Borne (Calvados), Olivier Véran (Isère), Marc Fesneau (Loir-et-Cher), Jean-Michel Blanquer (Loiret), Gabriel Attal (Hauts-de-Seine), Amélie de Montchalin (Essonne), Gérald Darmanin (Nord), Emmanuelle Wargon (Val-de-Marne), Olivier Dussopt (Ardèche), Clément Beaune (Paris), Franck Riester (Seine-et-Marne), Sarah El Haïry (Loire-Atlantique), Joël Giraud (Hautes-Alpes), Nadia Hai (Yvelines), Béatrice Abba (Haute-Marne), Brigitte Klinkert (Haut-Rhin), Olivia Grégoire (Paris) et Geneviève Darrieussecq (Landes).

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