Dans les Cévennes, le méga-feu loin d'être maîtrisé mais les pompiers confiants

Philippe SIUBERSKI et Ysis PERCQ
<p>Un incendie près de la ville de Bessèges, dans le Gard, le 7 juillet 2022</p>

L'incendie qui a ravagé 620 hectares de forêt depuis jeudi dans les Cévennes, dans le nord du Gard, évoluait "favorablement" vendredi, même si les pompiers préviennent qu'il faudra certainement "plusieurs jours" pour le maîtriser complètement.

L'évolution est "plus favorable, avec seulement quelques foyers de feu persistants", a indiqué la préfecture du Gard, tout en prévenant que l'incendie n'était toujours "pas fixé".

"On est plutôt confiant", a appuyé le chef des opérations, le lieutenant-colonel Laurent Joseph, lors d'un point presse, malgré "des points de préoccupation", notamment avec la hausse des températures, la baisse de l'hydrométrie et l'augmentation du vent attendues dans la journée.

Plus de 700 pompiers, dont 150 du seul département du Gard, restaient mobilisés vendredi contre ce "méga-feu", selon le terme employé par les secours, et les largages aériens de produits retardants ont repris dès l'aube. Les effectifs devraient atteindre les 950 dans la journée.

- Aucune maison détruite -

Pendant la nuit, le feu a "un peu ralenti" et la situation s'est améliorée sur les villages de Bessèges et de Bordezac, "tous deux fortement menacés jeudi", avait indiqué à l'AFP tôt jeudi le lieutenant-colonel Eric Agrinier.

Malgré la violence des flammes qui ont brûlé des centaines d'hectares en quelques heures seulement, "seul un garage a été endommagé et un mazet" (petite construction rurale), s'est félicité M. Agrinier.

Aucune maison n'a été détruite pour l'instant.

"Avant de l'éteindre totalement, il faudra certainement plusieurs jours", a cependant prévenu le lieutenant-colonel Joseph.

Le vent, "ennemi absolu" des pompiers, qui redoutent d'autres départs de feu dans ce département du Gard classé en grande partie en "vigilance rouge" feux de forêt, était certes moins fort que jeudi. Mais il continuait à souffler vendredi, avec des rafales jusqu'à 60 km/h.

Tout le sud-est de la France est à haut risque, du fait de conditions météo très défavorables. Sur Twitter, la direction générale de la sécurité civile a ainsi recommandé une grande prudence jusqu'à dimanche, "en raison d'un très fort danger d'incendies en zone méditerranéenne".

- "Contre-feu" -

<p>Feu de forêt à Bessèges (Gard) le 7 juillet 2022</p>

Jeudi soir, le hameau de Bordezac a été sauvé "in extremis" par les pompiers, selon Jean Rampon, le sous-préfet d'Alès. Au milieu de la nuit, une centaine de personnes, dont la majorité des habitants de ce village, avaient dû évacuer leurs maisons et gagner des hébergements de fortune.

Vendredi, les habitants du village toujours présents étaient invités à rester confinés.

"La nuit a été très courte", confirmait à l'AFP vendredi Anaïs Donval, habitante de Bessèges: "On a vu le feu commencer à 17h00, aux alentours de 18h30 les gendarmes sont venus nous voir en nous demandant d'évacuer rapidement.... On a attendu des nouvelles toute la nuit".

"De loin on voit les Cévennes marron... ça fait de la peine", ajoutait cette habitante, rassurée d'avoir retrouvé sa maison saine et sauve: "Après, il y a plus de peur que de mal, il y a eu très peu de dégâts et aucun blessé c'est l'essentiel".

Outre Bessèges et Bordezac, le petit village de Gagnières a également été fortement inquiété jeudi. Mais, selon son maire, il a été sauvé par une poignée de pompiers de retour de mission passant non-loin de là.

"Ils ont allumé un contre-feu", sauvant "beaucoup de maisons. Je pense que le village de Gagnières a été sauvé grâce à ces quatre soldats du feu", a assuré le maire, Olivier Martin.

Parti de façon extrêmement virulente, ce "méga-feu" dans les Cévennes reste heureusement très modeste par son ampleur face aux 5.000 hectares partis en fumée à quelques kilomètres de là, dans la région de Portes, en septembre 1985. Un sinistre qui reste gravé dans la tête des anciens.

Loin aussi des 1.800 hectares brûlés fin juin sur le camp militaire de Canjuers (Var), ou des 1.250 hectares partis en fumée dans les Pyrénées-Orientales fin juin.

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