Le préfet de police Didier Lallement dit partir "avec la fierté du devoir accompli"

Afp
<p>Le préfet de police de Paris Didier Lallement lors de son audition devant le Sénat, le 9 juin 2022 à Paris</p>

Le préfet de police de Paris Didier Lallement, qui quittera ses fonctions jeudi, estime qu'il part avec "la fierté du devoir accompli", dans un courrier adressé mercredi aux agents de la préfecture de police.

Laurent Nuñez, coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme, a été nommé mercredi en Conseil des ministres préfet de police de Paris, en remplacement de M. Lallement.

"Je pars avec la fierté du devoir accompli. Mais je conserve la blessure de l'échec du Stade de France. Certes, ce soir-là, nous avons sauvé des vies mais la réputation du pays a été atteinte. Que le drapeau tricolore ait été sali, est pour moi une douleur et une responsabilité que je dois assumer", écrit M. Lallement dans sa lettre dont l'AFP a pris connaissance.

Le départ de M. Lallement, en poste depuis mars 2019, n'est pas lié au fiasco du Stade de France lors de la finale de la Ligue des champions fin mai. Le préfet avait en effet annoncé à ses troupes plusieurs semaines auparavant qu'il quitterait cet été la PP, au plus tard le 27 août, date de son 66e anniversaire.

Il dit avoir "demandé qu'il soit mis fin à (ses) fonctions" considérant notamment avoir "atteint un âge qui n'est pas compatible avec des fonctions opérationnelles de haute intensité". "Je veux être lucide: on ne commande pas à des femmes et des hommes quand on a l'âge d'être grand-père", écrit-il.

Sur Twitter, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a rendu "hommage" à M. Lallement "pour son action, dans des conditions difficiles, dans un contexte de menace terroriste important, à la tête de la Préfecture de Police au cours de ces trois dernières années". "Il a fait honneur à la République", a-t-il assuré.

"Je n'ai eu qu'une seule attitude pendant presque 3 ans et demi : marcher devant, ne pas me cacher dans un bureau et être le plus possible avec vous. Marcher devant m'a valu et me vaut encore de prendre des coups mais c'est autant qui ne vous a pas atteint", souligne M. Lallement dans son courrier.

La porte-parole de la préfecture, Loubna Atta, a rappelé auprès de l'AFP le contexte difficile de la crise des "gilets jaunes" qui prévalait quand M. Lallement a été nommé.

Elle a évoqué aussi les "épreuves" avec l'attentat en octobre 2019 perpétré au sein même de la préfecture par un de ses fonctionnaires qui a marqué à jamais ceux qui étaient là ce jour-là. Quatre personnes ont été tuées.

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