RDC: au moins 5 manifestants contre la mission de l'ONU tués à Goma

Glody MURHABAZI
<p>Des manifestants aux abords d'une base de la Monusco à Goma, le 26 juillet 2022</p>

Au moins cinq personnes ont été tuées à Goma et une cinquantaine d'autres blessées, dans l'est de la République démocratique du Congo, au deuxième jour de manifestations contre la mission des Nations unies, accusée d'inefficacité dans sa lutte contre les groupes armés, a-t-on appris de source officielle.

"Au moins cinq morts, une cinquantaine de blessés", a écrit sur Twitter Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement promettant de revenir dans une conférence de presse conjointe avec le chef adjoint de la Mission de l'ONU "sur le bilan humain, matériel, ainsi que les conséquences à tirer" de ces manifestations.

Selon un correspondant de l'AFP sur place, une balle a apparemment été tirée vers 11H00 (09H00 GMT) de l'intérieur de la base logistique de la Monusco (Mission de l'ONU en RDC) à Goma et a atteint un jeune manifestant à la tête. Une ambulance de l'armée congolaise est ensuite passée prendre le corps, selon ce correspondant.

Tôt le matin, des centaines de manifestants ont envahi les abords de la base logistiques de la Monusco et ont attaqué le camp de transit de la mission situé hors du centre ville de Goma, capitale de la province troublée du Nord-Kivu.

<p>Des manifestants attaquent le QG de la Monusco à Goma, le 25 juillet 2022</p>

"Nous ne voulons plus de la Monusco", "bye bye Monusco", affirmaient des affiches de cette "campagne" anti-mission onusienne en RDC. Les forces de sécurité congolaises contenaient la foule aux abords de la base logistique.

"Nous confirmons avoir reçu 28 blessés par balles hier et ce matin nous venons de recevoir 8 blessés par balles. Certains sont dans un état critique. Mais nous n'avons pas encore enregistré de mort chez nous", a déclaré à l'AFP Serge Kilumbiro, chargé de l'administration de l'hôpital CBCA Ndosho.

- Beni et Butembo paralysées -

A Beni, ville située à 350 km au nord de Goma dans le Nord-Kivu (est), les activités étaient paralysées par des manifestants anti-Monusco.

Dans plusieurs quartiers, des pneus sont brûlés. Des stations services sont fermées ainsi que les magasins et marchés.

Des militaires sont déployés sur la route nationale N°4 qui conduit vers la base locale de Monusco dans la ville.

<p>Des pillards vident un hangar de la Monusco à Goma le 25 juillet 2022</p>

La situation était la même à Butembo, important carrefour commercial du Nord-Kivu où les activités étaient paralysées. Devant une base de la Monusco, des manifestants ont été dispersés par les forces de sécurité, selon des témoins.

Lundi, des centaines des manifestants avaient pris d'assaut le quartier général de la Monusco à Goma et sa base logistique en exigeant le départ des Casques bleus de la RDC.

Ces manifestants ont ensuite cassé des vitres, des murs et pillé des ordinateurs, des chaises, des tables et des objets de valeur.

<p>Des Casques bleus de la Monusco face aux manifestants à Goma le 25 juillet 2022</p>

"La Monusco dénonce vigoureusement l’attaque de ses locaux à Goma, dans le Nord-Kivu, perpétrée par un groupe de pilleurs en marge d’une manifestation qui, de surcroît, a été interdite par le maire de la ville de Goma", avait alors écrit la mission dans un communiqué.

Le gouvernement congolais avait aussi condamné "toute forme d’attaque contre le personnel et les installations des Nations Unies", selon M. Muyaya en promettant que "les responsables seront poursuivis et sévèrement sanctionnés".

Présente en RDC depuis 1999, la Monuc (Mission de l'ONU au Congo) qui est devenue la Monusco (Mission de l'ONU pour la stabilisation en RDC) en 2010, compte actuellement plus 14.000 soldats de la paix.

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