Biden à Philadelphie, berceau de l'Amérique, pour éreinter les partisans de Trump

Aurélia END
<p>Le président américain Joe Biden à Wilkes-Barre, le 30 août 2022 en Pennsylvanie</p>

La Maison Blanche n'a pas lésiné sur le symbole: c'est à Philadelphie, berceau des Etats-Unis, et en "primetime", que Joe Biden veut éreinter jeudi les partisans de Donald Trump qui, selon lui, salissent l'"âme" de l'Amérique.

C'est aussi dans cette ville qu'il avait tenu, en mai 2019, son premier meeting de candidat à la présidentielle.

Le président américain doit s'exprimer à 20H00 (00H00 GMT) sur "la bataille qui continue pour l'âme de la nation", à proximité du bâtiment où ont été adoptées la Déclaration d'indépendance et la Constitution américaine.

Sur un plan plus tactique, la Pennsylvanie, cet Etat de l'Est où se situe Philadelphie, détient peut-être la clé des élections législatives de novembre.

Le démocrate de 79 ans "va parler (...) de manière très directe de ce qu'il considère comme une menace aujourd'hui", à savoir les "républicains MAGA extrêmes", a dit jeudi la porte-parole de la Maison Blanche Karine Jean-Pierre. En clair: qui souscrivent à l'idéologie "Make America Great Again" de l'ancien président Donald Trump,

<p>Des supporteurs du président américain Donald Trump manifestent devant la Cour suprême, le 14 novembre 2020 à Washington</p>

Joe Biden "ne recule jamais quand il s'agit de parler de son prédécesseur (...) mais ce n'est pas un discours à propos de l'ancien président", a-t-elle assuré à la presse lors de son briefing quotidien.

Et il s'agira aussi d'être "optimiste", a ajouté Karine Jean-Pierre, expliquant: "Quand nous parlons d'extrémisme, cela ne concerne qu'une très petite partie de la population américaine."

- "MAGA" -

En août 2017, dans le magazine The Atlantic, Joe Biden écrivait déjà: "Nous vivons une bataille pour l'âme de la nation".

Ce vieux routier de la politique a d'abord parié que la "bataille" se mènerait par le dialogue avec les élus conservateurs de bonne volonté, et par des réformes en faveur de la classe moyenne.

<p>Le président américain Donald Trump lors d'un rassemblement à Montoursville, le 31 octobre 2020 en Pennsylvanie</p>

Mais le grand air de la réconciliation a été mis en sourdine.

Chaque sondage favorable incite Joe Biden à lâcher ses coups, lui qui a récemment accusé les partisans de Donald Trump d'adhérer à une idéologie de "semi-fascisme".

Le terme a indigné le camp conservateur, qui accuse le président d'attiser les divisions.

Kevin McCarthy, élu républicain qui convoite la prestigieuse direction de la Chambre des représentants, a accusé jeudi Joe Biden de "diaboliser" des "dizaines de millions d'Américains qui travaillent dur et respectent la loi."

- Sondages -

Selon un sondage publié jeudi par le Wall Street Journal, si les législatives de mi-mandat avaient lieu aujourd'hui, 47% des électeurs voteraient démocrate, et 44% républicain. La droite avait encore une avance de 5 points en mars.

Les démocrates se prennent à rêver d'un exploit lors de ce scrutin qui renouvelle toute la Chambre des représentants et un tiers du Sénat, et qui est traditionnellement défavorable au parti représenté à la Maison Blanche.

<p>Cartogramme des Etats américains, indiquant ceux où l'avortement a été interdit ou fortement restreint après la révocation de l'arrêt Roe v. Wade de 1973 par la Cour suprême, selon un groupe de recherche favorable à l'avortement</p>

Les enquêtes d'opinion ne sont pas infaillibles et, dans la vie politique américaine, deux mois, c'est une éternité. Mais le débat politique s'est déplacé depuis le début de l'été.

L'inflation s'est calmée, tandis que Joe Biden a fait adopter une série de réformes, et annoncé la mort du chef d'Al-Qaïda dans une frappe américaine. De quoi émousser deux grands axes de campagne des républicains: la défense du pouvoir d'achat, et les compétences du plus vieux président jamais élu aux Etats-Unis.

Plusieurs sondages montrent une montée en puissance de sujets qui avantagent les démocrates, par exemple la défense du droit à l'avortement et des acquis de société, face à des républicains désormais perçus comme réactionnaires par une partie de l'électorat.

Il y a également l'inquiétude pour la démocratie et le rejet de la violence politique, des préoccupations qui finissent toujours par tourner autour de Donald Trump.

Alors que l'affaire des documents confidentiels retrouvés dans la résidence de l'ancien président en Floride connaît chaque jour de nouveaux rebondissements, le site Axios notait jeudi que le scrutin de novembre pourrait prendre des allures de "référendum sur Trump".

Le parti démocrate, auquel il sera difficile de conserver la Chambre des représentants, espère garder sa majorité au Sénat.

Ce qui implique de gagner la Pennsylvanie. Joe Biden s'y est déjà rendu mardi et y retournera lundi.

Donald Trump ira lui dans cet Etat si courtisé samedi.

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