A Kiev, von der Leyen promet que l'UE soutiendra l'Ukraine "aussi longtemps qu'il le faudra"

Anna KORIAGINA avec EMMANUEL PARISSE à Bakhmout
<p>Un blindé russe en feu dans la région d'Izioum (est de l'Ukraine) le 14 septembre 2022</p>

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a promis jeudi au cours d'une visite à Kiev que l'UE soutiendrait l'Ukraine "aussi longtemps" qu'il le faudrait face à la Russie, au moment où les troupes ukrainiennes engrangent des succès.

Ce déplacement intervient parallèlement à une rencontre entre les présidents russe et chinois, Vladimir Poutine et Xi Jinping, en Ouzbékistan pour un sommet régional de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), vantée comme une solution "alternative" aux alliances occidentales.

M. Poutine a dénoncé à cette occasion les tentatives occidentales de créer un "monde unipolaire", vantant la position "équilibrée" de Pékin, qui n'a pas dénoncé l'invasion de l'Ukraine (sans l'approuver non plus). M. Xi a souligné que son pays était prêt à assumer son rôle de "grande puissance" avec la Russie, tout en insistant sur l'objectif de "stabilité" face au "chaos".

En Ukraine, Mme Von der Leyen s'est quant à elle entretenue avec le chef de l'Etat ukrainien Volodymyr Zelensky, se disant impressionnée par la "bravoure" des forces ukrainiennes sur le front.

"Vous aurez vos amis européens à vos côtés aussi longtemps qu'il le faudra. Nous sommes amis pour toujours", a-t-elle lancé aux cotés de M. Zelensky.

L'Ukraine a pour "priorité" de faire partie du marché commun de l'Union européenne, où les biens, services et capitaux peuvent circuler librement entre les pays, a de son côté souligné le président ukrainien, dont le pays souhaite notamment augmenter ses livraisons de l'électricité à l'UE.

Il s'agissait de la troisième visite en Ukraine de Mme von der Leyen mais de sa première depuis que ce pays est devenu candidat à l'entrée dans l'UE.

Les Européens avaient entériné en juin la candidature de l'Ukraine, qui ambitionne également de rejoindre l'Otan. Cette perspective est perçue comme une menace existentielle par Moscou, qui a déclenché sous ce prétexte, parmi d'autres, son invasion le 24 février.

Les Occidentaux ont pris en réaction une série de sanctions à l'encontre de la Russie tout en fournissant des armes à Kiev, un soutien crucial qui lui a permis de reprendre ces dernières semaines des milliers de kilomètres carrés de territoires aux forces russes.

- Frappes sur la ville natale de Zelensky -

L'Ukraine plaide toutefois également pour un soutien financier, son économie s'étant effondrée et ayant actuellement besoin de cinq milliards de dollars par mois pour couvrir son déficit budgétaire.

A la veille du déplacement de Mme von der Leyen, Volodymyr Zelensky s'était rendu dans la ville stratégique d'Izioum récemment reprise aux Russes dans la région de Kharkiv (nord-est), d'où il a promis aux Ukrainiens la "victoire".

Il a souligné que "la quasi-totalité de la région de Kharkiv" était désormais "libérée" avec la prise de "400 localités", à la faveur d'une contre-offensive ukrainienne lancée début septembre.

<p>Un blindé russe détruit près d'Izioum, dans l'est de l'Ukraine, le 14 septembre 2022</p>

Dans la soirée mercredi, les forces russes ont pour leur part frappé de sept missiles des infrastructures hydrauliques, provoquant une crue subite de l'Ingoulets, une rivière arrosant Kryvyï Rig, la ville natale de M. Zelensky, qui a dénoncé une tentative de l'inonder.

Des bombardements ont à nouveau visé cette cité jeudi, touchant au moins une fois des infrastructures hydrauliques, sans faire de victimes, a dit le chef de l'administration militaire locale, Oleksandre Vilkoul.

Les Russes "ont probablement ciblé le barrage de Karatchoun" sur l'Ingoulets "pour endommager les ponts flottants ukrainiens plus en aval" dans l'objectif d'entraver la contre-offensive de Kiev dans la région de Kherson, a estimé le centre d'analyse américain Institute for the Study of War (ISW).

<p>Carte de la situation en Ukraine au 15 septembre à 8h GMT</p>

Dans l'ensemble de l'Ukraine, "plus de 20 localités" ont essuyé des frappes russes jeudi, a souligné l'armée ukrainienne dans son rapport du soir.

A Bakhmout, dans la région de Donetsk, les journalistes de l'AFP ont vu un épais panache de fumée jeudi matin après la frappe qui a atteint un immeuble d'habitation dans la nuit. Des pompiers tentaient de retrouver des corps au milieu d'un amas de débris, tandis que les rues étaient quasi-désertées, des tirs d'artillerie se faisant entendre.

La porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, a quant à elle mis en garde Washington contre l'envoi de missiles de longue portée à l'Ukraine qui constituerait le franchissement d'une "ligne rouge" et forcerait Moscou à "réagir".

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