Covid-19: fin de la décrue, vers une possible huitième vague

Isabelle TOURNÉ
<p>Des personnes font la queue devant un centre de dépistage du Covid-19, le 16 juillet 2022 à Nantes</p>

Les contaminations de Covid-19 augmentent de nouveau en France, laissant présager une possible huitième vague de l'épidémie au sortir de l'été, dont l'ampleur reste difficile à prévoir.

"Après huit semaines d'amélioration de la situation épidémique, la circulation du virus est repartie à la hausse", a résumé vendredi Laetitia Huiart, directrice scientifique de Santé publique France, lors d'un point presse.

"Les indicateurs hospitaliers restent, eux, en diminution mais il y a toujours un décalage" avec les contaminations, a-t-elle rappelé.

Jeudi, 33.263 nouveaux cas de Covid étaient comptabilisés contre 19.866 une semaine plus tôt, soit un bond de plus de 67%.

"Depuis trois jours, le taux de reproduction du virus (le fameux R, NDLR) est supérieur à 1, ce qui est le signal robuste d'une reprise épidémique", a affirmé à l'AFP l'épidémiologiste Mircea Sofonea.

Autre indicateur: le nombre de tests (852.500) a augmenté de 9% la semaine du 5 au 11 septembre. Ils ont notamment fortement augmenté chez les moins de 16 ans (+56%).

"Le nombre de tests PCR n'est pas très élevé actuellement et ne permet pas de faire des analyses très fiables, mais la tendance semble confirmer à tout le moins un arrêt de la décrue épidémique et possiblement un rebond, prémice d'une possible nouvelle vague pandémique", a analysé pour l'AFP l'épidémiologiste Antoine Flahault.

La conjonction de deux phénomènes pourrait expliquer cette reprise.

D'abord, un certain déclin immunitaire dans une population qui a parfois été contaminée ou a reçu son dernier vaccin il y a de nombreux mois. Or, la protection contre l'infection s'érode avec le temps.

Ensuite, le contexte de rentrée, scolaire et professionnelle, qui favorise davantage les brassages.

La hausse des contaminations est "principalement portée par les moins de 20 ans", à commencer par les 0-9 ans (+111% la semaine du 5 au 11 septembre), relève Santé Publique France.

En cause: "le brassage scolaire" et des enfants globalement bien moins vaccinés que le reste de la population, a expliqué Isabelle Parent, de Santé publique France.

- Réinfections -

"Le scénario le plus probable est celui d'un pic épidémique à la rentrée", affirmait mi-août Brigitte Autran, tout juste nommée présidente du Comité de veille et d'anticipation des risques sanitaires, le successeur du Conseil scientifique.

Ce rebond épidémique de rentrée n'est pas une situation inédite. A la même époque de 2021, le variant Delta, qui avait aussi causé une vague estivale, était revenu déclencher une vague automno-hivernale.

Le sous-variant d'Omicron, BA.5, est actuellement omniprésent.

<p>Une antenne de test du Covid-19, le 6 juillet 2022 à Paris</p>

Ce variant est à l'origine de nombreuses réinfections: début août, 18% des cas confirmés de Covid-19 étaient des cas possibles de réinfection, selon Santé Publique France. Et parmi les cas de réinfection survenus depuis mars, la quasi totalité (94,8%) étaient des suspicions de variant Omicron.

Si une huitième vague devait se produire, il semble encore difficile de prévoir son ampleur. En effet, on ne sait pas précisément à quel point la population est actuellement immunisée.

"On va rester dans un certain brouillard pendant au moins les deux prochaines semaines", a prédit Mircea Sofonea.

En se fondant uniquement sur les dynamiques observées lors des deux précédentes vagues, "on ne devrait pas courir le risque d'une saturation hospitalière", selon lui.

Mercredi, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a envoyé un message d'espoir, jugeant la fin de la pandémie "à portée de main" mais invitant à ne pas relâcher les efforts pour y parvenir.

En attendant, à défaut de remarquables progrès pour améliorer la ventilation des lieux clos, la France pourrait encore essayer d'accroître la couverture vaccinale face à une nouvelle vague.

Malgré les préconisations des autorités sanitaires, seuls environ 30% des plus de 60 ans ont reçu une deuxième dose de rappel.

D'ici quelques semaines, les vaccins bivalents (ciblant à la fois la souche originale du virus et le variant Omicron) seront par ailleurs disponibles en France. Mais les personnes les plus à risque sont invitées à ne pas attendre pour recevoir leur quatrième dose.

En début de semaine prochaine, la Haute autorité de santé (HAS) va préciser l'articulation de ces nouveaux vaccins dans la stratégie vaccinale française.

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