Des cafés gratuits pour exprimer le "ras-le-bol d'une profession": A Rennes, un collectif de patrons de restaurants, bars, discothèques et fournisseurs a "fêté" à sa manière la fermeture de leurs établissements, il y a un an à cause de la pandémie de Covid-19.

Le collectif "On va tous trinquer", qui représente une soixantaine d'établissements rennais s'est installé au milieu du troisième marché de France en termes de fréquentation, sur la très animée place des Lices, pour distribuer aux passants des cafés et sensibiliser le public aux difficultés du secteur frappé par la crise.

"On voit qu'on va de vague en vague. Les gens nous disent +on ne veut pas d'un été confiné+. On demande au gouvernement de donner espoir au gens. On sait très bien comment serrer la vis, on aimerait un relâchement" des restrictions, a déclaré à l'AFP Pierre Clolus, porte-parole du collectif.

Ce restaurateur rennais, qui emploie dix salariés, déplore que lui et ses confrères, les salariés de l'hôtellerie, ainsi que le public se trouvent toujours sans perspective de réouverture un an après le premier confinement décrété en France le 17 mars 2020.

Selon le collectif, la profession est durement touchée par la pandémie, avec des salariés qui subissent des pertes de salaires pouvant aller de 30 à 40%, et des patrons obligés de jongler avec les prêts garantis par l'Etat (PGE) pour verser les salaires. "On fait avec du ruban adhésif", affirme M. Clolus.

"On ne peut pas travailler, on ne peut pas s'épanouir, alors que la restauration c'est une passion", regrette Geneviève dite "Jaja", 24 ans, cuisinière dans un restaurant du Lion-d'Angers (Maine-et-Loire) qui attend de pouvoir commencer un nouveau travail. "Ne pas avoir de contact avec l'extérieur c'est compliqué, on attend qu'une chose c'est de recommencer", souligne-t-elle amère.

Un an de fermeture ? "C'est dur pour nous, c'est plutôt dur pour eux", souligne Marina 41 ans, responsable administrative. "Il y en a marre, surtout qu'il y avait un protocole, des gestes barrières, il y avait moyen de faire quelque chose", estime la jeune femme en sirotant un café gratuit sur des marches de la place des Lices.