Confrontées à l'effondrement du trafic aérien dû au coronavirus, des compagnies taïwanaises proposent des vols panoramiques, des formations d'hôtesses et stewards pour les enfants, et même des "vols pour nulle part".

Ces dernières semaines, ce sont les aéroports de Songshan et Taoyuan qui ont proposé des "vols pour nulle part" : les gens suivent la procédure d'embarquement, puis montent dans un avion... qui ne décolle pas.

Samedi matin au siège de la compagnie aérienne taïwanaise China Airlines, à Taoyuan, 50 enfants ont appris comment servir les passagers, dans une fausse cabine d'entraînement.

Cheng Yu-wei, qui travaille dans la mode et aime voyager à l'étranger, est venu avec sa femme et sa fille de six ans pour "réveiller cette sensation ancienne de voyager". "Peut-être parce que nous nous sommes ennuyés trop longtemps", dit-il.

Plus tard dans la journée, les enfants ont pris les airs dans leurs nouveaux uniformes pour un vol de deux heures au-dessus de l'île et des montagnes qui la couronnent.

Comme beaucoup de compagnies aériennes, China Airlines et son principal concurrent, Eva Air, ont dû remiser une grande partie de leurs flottes à cause de l'effondrement du trafic aérien pendant la pandémie.

Elles n'ont de plus qu'un marché intérieur restreint sur lequel s'appuyer.

Un Airbus A330 d'Eva Air a décollé samedi de l'aéroport de Taoyuan pour survoler le nord-est de Taïwan, faire le tour des îles Ryuku (Japon), avant de rentrer en passant par la côte sud-est, rurale et pittoresque. Le vol a duré 2H45 au total.

Une place en classe éco se vend environ 152 euros, et 181 en business.

Le vol China Airlines, qui a duré deux heures, passe également dans l'espace aérien japonais.

D'autres vols sont prévus ces prochaines semaines car les billets se sont vendus rapidement, selon Eva Air et China Airlines.

L'enthousiasme des Taïwanais s'explique peut-être aussi par le fait que les risques sont faibles d'être contaminé au Covid-19 dans un vol taïwanais.

L'île a été souvent citée en exemple pour sa gestion de l'épidémie, qui a contaminé moins de 500 personnes et fait sept morts en dépit de sa proximité géographique et ses liens économiques avec la Chine.

Taïwan avait appris de l'épidémie de Sras en 2003 à mettre en place un système sophistiqué de traçage des malades. Elle a également fermé ses frontières dès le début.