L'Organisation mondiale de la santé et Pfizer-BioNTech ont annoncé vendredi un accord qui doit permettre de fournir 40 millions de doses du vaccin anti-Covid-19 du géant pharmaceutique aux pays défavorisés, à travers le système Covax.

Le système Covax, mis en place pour tenter de permettre une distribution équitable des vaccins anti-Covid, estime donc pouvoir débuter la distribution de vaccins à ces pays d'ici la fin février.

Les doses du vaccin Pfizer-BioNTech -efficace à 95%- seront fournies "à prix coûtant" et devraient être livrées courant premier trimestre, a indiqué le patron de Pfizer, Albert Bourla, au cours d'un point de presse avec l'OMS et l'Alliance pour les vaccins (Gavi), précisant qu'il s'agit là d'un "premier" lot.

Les parties doivent encore conclure un accord de livraison, ont-elles précisé dans un communiqué.

Covax a aussi exercé une option avec le fabricant indien de vaccins Serum Institute of India (SII) pour 100 millions de doses du vaccin développé AstraZeneca/Oxford.

La majorité de ces doses doit être livrée au courant du premier trimestre. Mais auparavant l'OMS doit donner son homologation d'urgence à ce vaccin et ce fabricant, aux alentours de la mi-février, précise un communiqué commun de l'OMS et de l'Alliance pour les vaccins (Gavi).

Quelque 50 millions de doses supplémentaires du vaccin AstraZeneca/Oxford, qui avaient déjà fait l'objet d'un accord, devraient venir s'y ajouter également le mois prochain.

Mais là aussi sous condition que les autres laboratoires, où il sera aussi fabriqué, soient homologués par l'OMS.

"Ce jour marque une nouvelle étape clé pour Covax", a déclaré le docteur Seth Berkley, patron de Gavi, qui est en charge des commandes et livraisons des vaccins au sein de Covax.

Si les accords et homologations encore nécessaires sont accordés, "nous prévoyons de commencer les livraisons de vaccins anti-Covid-19 d'ici la fin février", a-t-il ajouté.

Pour l'heure, seul le vaccin de Pfizer-BioNTech a obtenu l'homologation d'urgence de l'OMS, mais plusieurs autres sont en phase finale d'examen.

Pour autant bien que l'arrivée de vaccins efficaces contre le Covid-19 qui a déjà fait plus de 2 millions de morts depuis son signalement en décembre 2019, en Chine, "soit une lumière au bout du tunnel", "ce ne sont pas les vaccins tout seuls qui vont nous aider à mettre fin à cette pandémie, c'est la vaccination", a souligné le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

"La distribution rapide et équitable des vaccins n'est pas seulement un impératif moral c'est aussi un impératif de sécurité sanitaire, stratégique et économique", a-t-il souligné.

Le système Covax, piloté par l'OMS, Gavi et aussi la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI), vise à fournir d'ici fin 2021 des vaccins anti-Covid à au moins 20% de la population des pays participants, mais il comporte surtout un mécanisme de financement qui permet aux 92 pays défavorisés qui y participent d'avoir accès aux précieuses doses.

Si les campagnes de vaccination ont débuté à la fin de l'année dernière, elle se font à la très grande majorité dans les pays les plus riches.

Les besoins sont énormes pour protéger un pourcentage assez de la population et ainsi limiter la capacité du virus qui donne le Covid-19 de se propager.

Interrogé sur le nombre de doses que les fabricants de vaccins seront en mesure de fournir cette année, Seth Berkley, a répondu: "je pense que nous parlons de nombres dans une fourchette de 6 à 7 milliards".

L'OMS a aussi annoncé qu'elle allait lancer encore en janvier un guichet où les pays défavorisés pourront déposer leur plan de vaccination détaillé (qui va recevoir les vaccins en priorité, comment et où ils seront administrés, etc).

"C'est une étape vitale avant que toute allocation puisse être faite, pour s'assurer que les doses livrées seront efficacement déployées et détecter où apporter plus de soutien, si nécessaire", précise le communiqué.