Les avocats des parents du petit Grégory Villemin, dont l'assassinat en 1984 n'a jamais été élucidé, ont réclamé mercredi à la justice de nouvelles expertises ADN dans un dossier où plusieurs témoins ont récemment été entendus, a-t-on appris de sources concordantes.

"Nous avons soumis à la chambre de l'instruction (de la Cour d'appel de Dijon, où est instruit le dossier) différentes demandes à caractère scientifique", a indiqué à l'AFP Me Thierry Moser, l'un des avocats des parents de Grégory, Christine et Jean-Marie Villemin.

Selon une source proche du dossier, il s'agit notamment d'"une recherche d'ADN de parentèle" ainsi que d'une autre portant sur la possibilité, à partir de matériel génétique, de dresser le "portrait robot" d'une personne, par exemple "la couleur des cheveux, des yeux".

La recherche en parentèle, qui compare un ADN avec d'autres susceptibles d'être issus de la même parenté, avait été employée avec succès en 2012 dans l'enquête sur la mort d'Élodie Kulik, violée et assassinée dix ans plus tôt.

Selon Me Moser, "nous aurons une décision d'ici trois, quatre semaines (...) Nous pensons que ces investigations scientifiques sont de nature à faire avancer très, très fortement" le dossier, alors que les précédentes investigations scientifiques, notamment génétiques, avaient été vaines.

"Nous sommes raisonnablement optimistes sur l'éventualité d'un procès criminel dans deux ou trois ans", a-t-il ajouté.

Ces déclarations interviennent le même jour que les révélations du quotidien Le Parisien/Aujourd'hui en France sur de nouvelles auditions de témoins par la justice et sur un rapport de stylométrie, une discipline qui permet d'identifier le style d'un texte, et qui "incrimine un suspect".

"Le président de la chambre de l'instruction (de la cour d'appel de Dijon) a procédé depuis quelques semaines à des auditions dans ce dossier", a confirmé à l'AFP Thierry Pocquet du Haut-Jussé.

En revanche, l'expertise de stylométrie "n'est pas à ce jour versée au dossier".

Selon Le Parisien, qui cite plusieurs sources concordantes, le nouveau juge en charge du dossier, Dominique Brault, a mené début décembre plusieurs auditions de témoins évoluant "au moment des faits en 1984 dans l'entourage familial ou de voisinage" de Grégory.

D'autres auditions sont prévues, dont celles d'"enquêteurs" ou de "journalistes" ayant travaillé sur le dossier, affirme le journal.

Confiée à un laboratoire suisse, l'expertise de stylométrie visait à démasquer le ou les corbeaux ayant rédigé plusieurs courriers anonymes manuscrits adressés aux parents de Grégory, dont la lettre de revendication de l'assassinat.

"C'est ridicule (...) Rien de nouveau sous le soleil", a balayé Me Stéphane Giuranna, avocat de Marcel Jacob, le frère de la grand-mère décédée de Grégory, Monique Villemin.

"Nous sommes très surpris qu'on nous sorte (ce) rapport ordonné il y a plus de deux ans et demi", renchérit Me Alexandre Bouthier, conseil de Jacqueline Jacob, l'épouse de Marcel.

Le couple de septuagénaires avait été un temps mis en examen en 2017 pour "enlèvement et séquestration suivie de mort", mais la justice avait annulé ces mises en examen.