Un grand constructeur automobile français dans le cyclisme: Citroën fait son apparition dans le peloton routier, dimanche, en association avec AG2R pour un mariage ambitieux qui donne au patron de l'équipe, Vincent Lavenu, les moyens de "rehausser le niveau sportif".

Un choix de communication. "Citroën adore le mot populaire pour son côté noble", déclare à l'AFP son directeur général Vincent Cobée pour expliquer la décision d'investir dans le cyclisme professionnel, un sport qui va à la rencontre du public sur tous les territoires. "C'était une évolution assez logique pour nous".

Sans confirmer les chiffres de son apport, de l'ordre d'un tiers du budget global de l'équipe estimé à 23 millions d'euros (contre 16 ME en 2020), le constructeur français insiste sur l'ambition collective, la soif de victoires, mais pas à n'importe quel prix.

"On aurait pu dès 2021 associer des coureurs notamment dans notre domaine de prédilection qui était la montagne", glisse Vincent Lavenu dont l'effort de recrutement a porté pour l'essentiel sur des coureurs de classiques, avec pour figures de proue le Belge Greg Van Avermaet, champion olympique en titre, et le Luxembourgeois Bob Jungels. "Mais on a cherché des coureurs qui respectent les valeurs de notre équipe".

"L'idée était de rehausser le niveau sportif de l'équipe", avance son patron. Jusqu'à quelle hauteur ? A court terme, "revenir au classement mondial, alors que cela devenait de plus en plus compliqué, tourner autour de la dixième place, gagner un monument et des étapes dans les grands tours". Et au-delà, si possible.

- "Les marques sont au-dessus des hommes" -

"C'est un travail à long terme", reconnaît Vincent Lavenu qui préfère évoquer sa stratégie de recrutement plutôt que citer des noms de coureurs convoités: "On a changé cette année 11 coureurs, ce qui est beaucoup. On va attendre de savoir ce que cela donne au niveau sportif, on a largement de quoi réussir et gagner des courses. On analysera le niveau pour faire entrer un ou deux coureurs en vue des grands tours."

Le projet, paraphé pour cinq ans, est étayé par le renforcement de la filière de formation (deux équipes, l'une en espoirs, l'autre en juniors). Il convient aux deux parraineurs qui en sont à la préparation du voyage de noces, au plaisir de voir un maillot original qui sera porté pour la première fois dans une course internationale, dimanche, au GP La Marseillaise. En attendant les grands rendez-vous et surtout le Tour de France pour lequel Vincent Lavenu estime toujours possible de viser la victoire à l'horizon des cinq années: "On se doit d'y croire !"

A l'intersaison, Romain Bardet, deux fois sur le podium du Tour, est parti sous d'autres cieux mais, souligne le directeur général de Citroën, "les marques sont au-dessus des hommes", même si l'Auvergnat était devenu un emblème, par son charisme et sa rigueur.

"Le succès se construit dans le temps et nous ne sommes pas là pour une année", insiste Vincent Cobée qui, tout comme son homologue d'AG2R La Mondiale André Renaudin, rappelle le rôle de chacun: "Il y a un seul capitaine dans l'équipe et ce capitaine est Vincent Lavenu."