L'Etat de New York et plusieurs autres ont décrété vendredi l'arrêt de toutes les activités non essentielles pour faire face à la pandémie de coronavirus, emboîtant le pas de la Californie.

Le gouverneur de Californie Gavin Newsom avait déjà annoncé la veille des décisions similaires et placé la totalité de l'Etat en confinement.

Les mesures prises en Californie, dans l'Etat de New York, l'Illinois, le New Jersey et le Connecticut sont plus restrictives que celles annoncées jusqu'ici au niveau fédéral.

Le mouvement a pris de vitesse le président Donald Trump, qui a écarté vendredi une mise à l'arrêt de tout le pays. "Je ne pense pas que nous jugerons cela nécessaire un jour", a-t-il dit.

"Cela a été fait en Californie, cela a été fait à New York, ce sont deux points chauds (...) Mais si vous allez dans le Midwest ou ailleurs, ils regardent tout cela à la télévision et n'ont pas les mêmes problèmes", a-t-il ajouté.

Les cinq Etats désormais concernés par ces mesures restrictives pèsent plus de 85 millions de personnes, dont 60 pour la Californie et New York.

C'est un coup très dur pour l'économie du pays, car à eux seuls, Californie et New York représentent près du quart du produit intérieur brut des Etats-Unis (22,3% en 2018).

Le premier abrite le coeur de la finance mondiale et le second celui des nouvelles technologies et d'internet.

"C'est la mesure la plus radicale que nous puissions prendre", a expliqué le gouverneur de l'Etat de New York Andrew Cuomo, précisant que les activités considérées comme essentielles ne seraient pas affectées.

Il a énuméré les commerces d'alimentation, les pharmacies, les opérateurs du câble, et tout ce qui touche aux services aux collectivités, notamment les services d'entretien de l'eau ou les transports publics, qui vont continuer à fonctionner.

Restaurants et commerces de bouche pourront continuer à effectuer des livraisons.

- "Tous en quarantaine" -

Tout rassemblement de personnes qui ne serait pas lié à ces activités essentielles est désormais interdit, quelle que soit sa taille, a annoncé Andrew Cuomo.

Le gouverneur a néanmoins indiqué que les particuliers avaient la possibilité de sortir de chez eux, pour faire leurs courses ou même pour prendre l'air, tout en les engageant à respecter le principe de distanciation sociale.

S'il a menacé d'amendes les commerces considérés comme non essentiels qui resteraient ouverts, il n'a en revanche pas parlé de contraventions pour les particuliers récalcitrants.

"Nous sommes tous en quarantaine", a martelé le premier dirigeant politique de l'Etat de New York, où le nombre de cas déclarés a connu une nette accélération ces dernières heures.

"Cela aura des conséquences négatives pour l'économie", a admis Andrew Cuomo, qui a dit accepter "la pleine responsabilité" des mesures annoncées vendredi. "Je pense que ces décisions vont sauver des vies. Je ne veux pas donner un prix à une vie humaine".

"A ce stade, s'agissant du virus, rien n'est trop agressif" en matière de mesures de prévention, a abondé le gouverneur du New Jersey Phil Murphy dans un entretien au site NJ.com.

Pour répondre aux conséquences de la mise en sommeil sans précédent d'une partie considérable de l'économie américaine, les gouverneurs du New Jersey, de New York, de Pennsylvanie et du Connecticut ont envoyé une lettre au président américain et au Congrès pour leur demander une injection de liquidités de 100 milliards de dollars, a expliqué Phil Murphy.

L'Etat de New York a enregistré 2.950 nouveaux cas en 24 heures, ce qui porte le total à près de 8.400 Le bilan fait état de 46 morts samedi à 01h00 GMT.

Andrew Cuomo a fait valoir que ce bond était en grande partie attribuable à la mise en place de tests à grande échelle, d'une ampleur supérieure à toute autre région des Etats-Unis, selon lui.

Il a renouvelé son appel à toutes les sociétés disposant de respirateurs artificiels et de masques et n'en ayant pas d'usage essentiel à les proposer aux autorités, qui les rachèteront pour prévenir une pénurie des services de santé.

Le responsable du corps des ingénieurs de l'Armée américaine, le lieutenant-général Todd Semonite, a indiqué vendredi que ses services étudiaient la possibilité d'installer des lits d'hôpital dans des logements universitaires et des chambres d'hôtel.

Plusieurs sites sont à l'étude dans la région de New York, a-t-il expliqué, estimant possible d'installer 10.000 lits en "trois ou quatre semaines".

Un collaborateur du vice-président Mike Pence, nommé par Donald Trump à la tête de la "task force" chargée de lutter contre la propagation de la pandémie aux Etats-Unis, a été testé positif au coronavirus.

Le numéro deux de l'Etat américain n'avait pas été "contact étroit" avec cette personne, a précisé sa porte-parole, pas plus que Donald Trump.

Selon un bilan de l'université Johns Hopkins vendredi, plus de 19.000 cas de coronavirus ont été recensés aux Etats-Unis, qui comptent plus de 249 décès.