Les marchés financiers vont-ils parvenir à se calmer ? Les places mondiales ont repris un peu de couleurs vendredi, après une débâcle historique la veille, face à la progression de la pandémie de coronavirus.

Partout en Europe, les indices ont terminé la séance dans le vert, regagnant une partie du terrain perdu la veille. Mais les gains n'ont pas été énormes après la débandade de jeudi.

A Paris, le CAC 40 a pris 1,83%, au lendemain de la pire chute de son histoire. Francfort (+0,77%), Londres (+2,46%) et Madrid (+3,73%) ont suivi la même trajectoire. Milan est remontée un peu plus (+7,12%), après l'effondrement de la veille.

"Il s'agit d'un rebond plus technique que fondamental", indique Guillaume Garabedian, responsable de la gestion conseil à Meeschaert Gestion Privée.

Wall Street montait aussi à mi-séance: vers 17H40 GMT (18H40 à Paris), le Dow Jones augmentait de 3,72%, le Nasdaq de 3,32% et le S&P 500 de 3,56%.

Les marchés ont notamment été soutenus par les annonces jeudi de la Réserve fédérale américaine, qui va renouer avec le rachat de dette et injecter des milliers de milliards de dollars d'argent frais pour permettre aux banques et entreprises de se financer.

Néanmois, "le marché aura certainement du mal à rebondir de manière ferme et durable tant qu'on n'aura pas la maîtrise sur le plan sanitaire", prévient l'expert.

Désormais, "la question est de savoir si les investisseurs tiendront leurs positions acheteuses durant le week-end", ajoute pour sa part Vincent Boy, analyste marché chez IG France.

Derrière les montagnes russes, une avalanche d'annonces de relance. Et en particulier celle du gouvernement allemand, qui, rompant avec son habituel discours de discipline budgétaire, a promis d'aider les entreprises "sans limite vers le haut".

"Seule l'atteinte du pic épidémique mondial conjuguée à des mesures de soutien monétaires et budgétaires (et évidemment la découverte d'un vaccin) permettront le retour à la sérénité sur les actifs risqués", estime Franklin Pichard, directeur général de Kiplink Finances.

"Entretemps, tout rebond ne sera qu'éphémère", prévient-il.

La Chine, où le coronavirus a émergé en décembre, considère désormais que le pic de l'épidémie est passé sur son territoire, mais le Covid-19 fait désormais rage ailleurs, notamment en Italie ou en Iran.

- "De l'huile sur le feu" -

A l'inverse des places européennes, à la Bourse de Tokyo, l'indice Nikkei a clôturé vendredi sur un plongeon de 6,08%, après avoir déjà perdu 4,4% jeudi.

Les Bourses chinoises ont aussi encore lâché du lest vendredi, mais moins que Tokyo, certains investisseurs ayant préféré partir à la chasse aux bonnes affaires, selon une note de Wanlong Securities.

De Paris à Wall Street, de Londres à Sao Paulo, l'hécatombe sur les marchés financiers mondiaux a été vertigineuse jeudi, certaines Bourses ayant vécu leur pire séance depuis octobre 1987.

Cette année-là, l'annonce d'un lourd déficit commercial américain et un relèvement de taux de la Banque centrale allemande avaient fait éclater brutalement une bulle qui enflait depuis un certain temps sur les marchés. Le 19 octobre 1987, le Dow Jones avait même perdu 22,6%.

Jeudi, les investisseurs ont été pris de court par la décision de Donald Trump de suspendre l'entrée des Européens de l'espace Schenghen aux Etats-Unis pendant 30 jours.

Les actions en ordre dispersé des Etats et des banques centrales mondiales face à la pandémie "ajoutent de l'huile sur le feu" en augmentant les incertitudes, écrivait vendredi Rodrigo Catril, stratégiste de la National Australia Bank.

La Banque centrale européenne (BCE) a dévoilé jeudi un paquet de mesures pour limiter l'impact économique de la crise sanitaire dans la zone euro. Sans toutefois abaisser ses taux directeurs, ce qu'avait déjà fait, par surprise, la Réserve fédérale américaine (Fed).

Cette dernière a d'ailleurs à nouveau dégainé jeudi, renouant avec le rachat de dette à travers les bons du Trésor, et promettant d'injecter des milliers de milliards de dollars d'argent frais, ce qui n'a pas empêché le Dow Jones de chuter de presque 10%.

L'euro poursuivait sa baisse vendredi face au billet vert, évoluant à 1,1078 dollar vers 17H40 GMT contre 1,1185 dollar la veille.

De leur côté, les cours du pétrole repartaient à la baisse, après avoir été en hausse en cours de séance européenne.

Vers 16H20 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai valait 33,21 dollars à Londres, en baisse de 0,03% par rapport à la clôture de jeudi.

A New York, le baril américain de WTI pour avril lâchait 0,44%, à 31,36 dollars.

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