Quelque 25.000 personnes ont manifesté mardi à Erevan, la capitale de l'Arménie, pour exiger la démission du Premier ministre Nikol Pachinian, sous pression depuis la défaite arménienne dans le conflit du Nagorny Karabakh avec l'Azerbaïdjan.

Cette manifestation est intervenue au premier jour d'une grève générale à laquelle appelle l'opposition.

Malgré le froid, les protestataires se sont réunis autour du siège du gouvernement, de plusieurs ministères et du bureau du procureur général, protégés par des cordons de policiers, selon une correspondante de l'AFP sur place.

Vers 21 heures (17H GMT), plusieurs centaines de personnes étaient toujours réunies sur la Place de la République, dans le centre d'Erevan, où elles ont installé des tentes et prévoyaient de passer la nuit.

Des membres des forces de l'ordre étaient déployés sur place, sans intervenir.

S'exprimant devant la foule plus tôt dans la journée, l'une des figures de l'opposition, Ichakhan Sagatelian, a appelé au départ du gouvernement et a promis une "victoire très prochaine".

"Nikol, traître!", scandaient les manifestants, agitant des drapeaux arméniens et du Karabakh. Nombre d'entre eux avaient décidé de ne pas se rendre au travail, à l'appel de l'opposition.

"On ne peut plus revenir en arrière et changer ce qui a été fait. Mais il (Nikol Pachinian) doit partir pour qu'on entame un nouveau chapitre", a affirmé à l'AFP Sarguis Haïrapetian, un informaticien de 34 ans.

Selon Guegham Manoukian, une figure du parti Fédération révolutionnaire arménienne, des employés du métro d'Erevan se sont joints aux grévistes. La veille, un syndicat de l'université de la capitale avait également appelé à rejoindre le mouvement.

L'opposition tente d'obtenir le départ de M. Pachinian, 45 ans, arrivé aux affaires à la faveur d'une révolution pacifique en 2018, depuis la défaite des forces arméniennes face à l'armée azerbaïdjanaise au Nagorny Karabakh.

Au début du mois, dix-sept partis avaient donné au Premier ministre jusqu'au 8 décembre pour démissionner, un ultimatum rejeté par l'intéressé.

Un accord humiliant pour l'Arménie a été signé sous l'égide de Moscou le 9 novembre, accordant d'importants gains territoriaux à l'Azerbaïdjan après six semaines de conflit au Nagorny Karabakh, enclave à majorité arménienne disputée depuis des décennies.

Selon les derniers bilans officiels, cette courte guerre a fait au moins 6.000 morts au total, dont des dizaines de civils.

Lundi, des manifestants ont forcé Nikol Pachinian à mettre fin prématurément à une visite prévue dans le sud de l'Arménie, près de la frontière avec l'Azerbaïdjan.