Le gouvernement irakien a annoncé dimanche matin une série de mesures sociales en réponse à des demandes des manifestants et tenter de mettre fin à la contestation au cours de laquelle près de 100 personnes ont été tuées en moins d'une semaine.

A l'issue d'un Conseil extraordinaire, le gouvernement d'Adel Abdel Mahdi a annoncé un décret ordonnant 17 mesures sociales, allant de l'aide au logement à l'allocation de pensions aux jeunes sans emploi.

Il a également décidé la construction de 100.000 logements, alors qu'en septembre les autorités locales de plusieurs régions du pays avaient entamé des destructions de maisons situées dans des quartiers informels, où vivent trois millions d'Irakiens qui ont construit sans autorisation sur des terrains de l'Etat.

En outre, le cabinet a ordonné l'installation de halles pour les vendeurs ambulants, dans une tentative de créer des emplois, notamment parmi les jeunes dont un sur quatre est au chômage en Irak.

Le chômage des jeunes est la première revendication de la protestation lancée mardi et une question sensible en Irak où un jeune s'est immolé en septembre à Kout (sud) après s'être vu confisquer son chariot de vendeur ambulant.

En outre, les autorités, qui accusent des "saboteurs" et des "tireurs non identifiés" infiltrés de tirer sur les manifestants et les forces de l'ordre, ont annoncé avoir inscrit les personnes tuées depuis mardi dans les violences sur la liste des "martyrs", ouvrant ainsi des droits à des dédommagements pour leurs proches.

Depuis mardi, selon la Commission gouvernementale des droits humains, au moins 99 personnes ont été tuées et quelque 4.000 blessées lors d'un mouvement réclamant emplois, services et lutte contre la corruption.

Au cours des violences, des sièges de différents partis politiques ont été saccagés et incendiés, alors que les Irakiens conspuent régulièrement leur classe dirigeante dans le 12e pays le plus corrompu au monde selon Transparency International.

Samedi, le président du Parlement Mohammed al-Halboussi avait proposé une série de réformes pour la justice sociale mais l'Assemblée n'était pas parvenue à tenir séance faute de quorum, en raison du boycott de plusieurs listes.