Dans le décor grandiose de la Maison Blanche qu'aucun de ses prédécesseurs n'avait osé utiliser ainsi, Donald Trump a conclu une convention républicaine marquée par les appels à défendre "l'Etat de droit" face au risque d'"anarchie" sous une présidence de Joe Biden, fossoyeur du "rêve américain" mentionné des dizaines de fois.

Voici les principales lignes d'attaque du président républicain, qui jouera sa réélection le 3 novembre.

- Banlieues aisées "menacées" -

"Personne ne sera en sécurité dans l'Amérique de Biden". Le message martelé par Donald Trump a le mérite d'être clair.

Pendant quatre jours, les républicains ont décrit un pays à feu et à sang, avec en tête une cible évidente: les électeurs républicains modérés ou indépendants des banlieues aisées, un groupe-clé peut-être tenté de voter démocrate face à un président au style abrasif.

"Si la gauche gagne le pouvoir, ils démoliront les banlieues" résidentielles, a lancé Donald Trump. Les démocrates défendent "les anarchistes, agitateurs, émeutiers, pilleurs et ceux qui brûlent le drapeau".

En pleine vague historique de protestation contre le racisme aux Etats-Unis, l'argument pourrait porter à la faveur des images des débordements violents.

Joe Biden a renvoyé la responsabilité sur le président aux commandes. "Regardez autour de vous et demandez-vous: à quel point vous sentez-vous en sécurité dans l'Amérique de Donald Trump?"

- Biden, "marionnette" de l'extrême gauche -

C'est un leitmotiv depuis des mois: Joe Biden, sous ses dehors centristes, n'est qu'une "marionnette" aux mains de la "gauche radicale".

Sauf que le sénateur pendant plus de 35 ans puis vice-président de Barack Obama est bien connu du grand public, et l'image a du mal à coller au candidat modéré de 77 ans.

Ce qui n'empêche pas le camp Trump d'essayer d'enfoncer le clou, en employant un autre argument au passage: Joe Biden est affaibli mentalement, voire à la limite de la sénilité, ce qui en fait une proie facile des extrémistes.

Pour Trump, "Biden est un cheval de Troie pour le socialisme".

- Armes et avortement en jeu -

Si les démocrates l'emportent, ils "confisqueront vos armes", a tonné le 45e président des Etats-Unis, sans fondements dans le programme de Joe Biden.

Et si le démocrate "dit avoir de l'empathie pour les vulnérables", son parti "soutient l'avortement extrêmement tardif" jusqu'au "neuvième mois de grossesse", a ajouté le président républicain.

Catholique pratiquant, Joe Biden soutient le droit à l'avortement, généralement limité avant que le foetus ne soit viable à travers les Etats-Unis. Les IVG tardives sont permises uniquement en cas de danger pour la vie et la santé de la mère (1,2% des IVG ont été pratiquées après 21 semaines en 2016).

Mais le message porte notamment chez les électeurs évangéliques qui ont joué un rôle-clé dans sa victoire surprise en 2016.

"Biden tue les bébés", chantait ainsi à tue-tête un supporteur de Donald Trump qui l'attendait dans le Wisconsin mi-août.

- Espoir d'un vaccin proche -

Vivement critiqué pour sa gestion de la pandémie de Covid-19, qui a fait plus de 180.000 morts aux Etats-Unis, le président républicain a sonné une note d'espoir.

"Nous produirons un vaccin avant la fin de l'année, et peut-être même plus tôt!". De quoi laisser entendre qu'il pourrait arriver avant le vote de novembre.

"Nous vaincrons le virus, mettrons fin à la pandémie et émergerons plus forts que jamais", a-t-il insisté, en se présentant comme le seul à même de relancer une économie aussi florissante qu'avant la pandémie.

- Melania et Ivanka, messagères d'un Trump sincère -

La Première dame et la Première fille ont toutes deux tenté de présenter l'image d'un Donald Trump plus chaleureux, tout en admettant son style rugueux qui hérisse certains électeurs républicains. Leur mission, alors que la mobilisation sera déterminante le 3 novembre: convaincre ou conserver ces électeurs plus modérés.

"Que vous aimiez cela ou non, vous savez toujours ce qu'il pense", a confié Melania Trump mardi. "Je reconnais que le style de communication de mon père n'est pas du goût de tous", a renchéri Ivanka Trump jeudi en parlant des "tweets sans filtre".

Mais "que vous soyez d'accord avec lui ou non, vous savez toujours quelle est sa position."