La clôture du scrutin approchait samedi en Caroline du Sud pour un vote que l'ancien vice-président Joe Biden doit absolument remporter s'il veut se remettre en selle dans les primaires démocrates et, peut-être, freiner l'élan du favori Bernie Sanders.

Les électeurs démocrates ont jusqu'à 19H00 locales (23H00 GMT) pour choisir leur candidat(e).

La course reste longue jusqu'à l'investiture d'un démocrate pour affronter le républicain Donald Trump lors de la présidentielle de novembre. Mais la dynamique s'accélère avec l'approche du "Super Tuesday" de mardi, lorsque 14 Etats voteront.

"J'ai dédié ma vie entière à servir ce pays, et je n'en ai pas fini", a tweeté samedi Joe Biden, 77 ans, qui s'est montré confiant ces derniers jours sur ses chances de remporter la Caroline du Sud.

Les sondages lui donnent une large avance dans cet Etat où les Noirs représentent plus de la moitié de l'électorat démocrate.

Il y est très populaire: 75% des électeurs des primaires ont une bonne impression de lui, selon un sondage mené par la chaîne ABC à la sortie des urnes, et jusqu'à 84% des électeurs noirs.

L'ancien bras droit de Barack Obama espère qu'une victoire ici lui donnera un grand élan pour affronter le "Super Tuesday".

Le septuagénaire en aurait bien besoin, après n'être arrivé que quatrième et cinquième, respectivement, dans l'Iowa et le New Hampshire.

Certes il a grimpé à la deuxième place dans le Nevada, mais il est resté très loin du sénateur indépendant Bernie Sanders, 78 ans, qui l'a clairement remplacé dans le statut de grand favori des primaires démocrates.

"Si Biden perd la Caroline du Sud, ce serait un revers énorme, potentiellement catastrophique, pour sa campagne", juge Kendall Deas, professeur de science politique au College of Charleston.

- "Bernie" et l'establishment -

M. Sanders, socialiste autoproclamé, fait lui campagne sur un programme très à gauche pour les Etats-Unis.

"Gagnons ensemble pour construire une nation fondée sur la justice", a tweeté samedi le sénateur qui dénonce sans relâche un Donald Trump "raciste", "sexiste" et "xénophobe".

Son ascension inquiète certains démocrates modérés qui craignent que Bernie Sanders ne puisse pas convaincre les électeurs plus centristes, indispensables selon eux pour battre Donald Trump.

Un argument que Bernie Sanders rejette fermement.

"L'establishment dit: +Bernie ne peut pas battre Trump+", a déclaré le sénateur du Vermont, en pointant vers des sondages qui le donnent gagnant contre le président républicain.

"Je pense vraiment qu'il (Sanders) est le seul à pouvoir battre Trump", dit à l'AFP Donna Boyd, 51 ans, venue voter dans la banlieue de Columbia. "Bernie stimule les gens. Il nous parle à tous, il est tolérant".

En Caroline du Sud, sa popularité chez les électeurs démocrates ne s'élevait qu'à 53%, selon le sondage ABC, et 57% chez les Noirs.

Samantha Rogers, elle, votera pour M. Biden.

"Il est plus expérimenté. Il est pour tout le monde, pas seulement pour les Noirs", juge cette retraitée afro-américaine de 67 ans.

- Survie -

Derrière MM. Sanders et Biden, six autres candidats sont encore en lice pour l'investiture démocrate, dont plusieurs joueront leur survie ces prochains jours.

En Caroline du Sud, le milliardaire Tom Steyer, 62 ans, s'est hissé à la troisième place des sondages grâce à une intense campagne, qui lui a déjà coûté plus de 20 millions de dollars.

"Je m'attends à surprendre les gens en faisant un vrai bon score ici", a dit M. Steyer samedi à CNN.

La pression sera grande sur la sénatrice progressiste Elizabeth Warren, 70 ans, qui avait un temps fait figure de favorite mais n'a pas percé lors des premiers scrutins.

Après ses bons résultats dans l'Iowa et le New Hampshire mais un score plus décevant dans le Nevada, l'ex-maire de South Bend Pete Buttigieg, 38 ans, est aussi très attendu.

Il doit absolument démontrer qu'il peut mieux faire auprès des minorités, car cet électorat est crucial pour tout démocrate voulant remporter la Maison Blanche.

Le multi-milliardaire Michael Bloomberg, 78 ans, passera encore une fois son tour en Caroline du Sud puisqu'il attend le "Super Tuesday" pour entrer dans la course.