Joe Biden dévoilera mardi ses premiers choix pour le futur gouvernement américain, poursuivant la mise en place de son équipe à deux mois de son investiture malgré les tentatives de plus en plus désespérées de Donald Trump d'inverser le résultat de la présidentielle du 3 novembre.

"Vous verrez les premières nominations du gouvernement du président élu mardi de cette semaine", a affirmé sur la chaîne ABC Ron Klain, le futur chef de cabinet de M. Biden, sans vouloir préciser les portefeuilles concernés ou certains des noms.

"Il faudra attendre que le président élu le fasse lui-même mardi", avant le long week-end de la fête de Thanksgiving, a-t-il dit.

M. Biden a déjà nommé plusieurs proches conseillers qui l'entoureront à la Maison Blanche mais le suspense persiste sur son gouvernement qui devrait "représenter l'Amérique", diversifié et féminisé.

Donald Trump et ses avocats, en revanche, poursuivent leurs multiples recours en justice, dénonçant une fraude électorale massive sans en avoir apporté pour l'instant de preuve concrète.

Au niveau national, Joe Biden a remporté près de 80 millions de voix lors du scrutin, contre un peu moins de 74 millions pour le milliardaire républicain.

Mais la présidence se joue au travers d'un système de grands électeurs attribués dans chaque Etat. Un à un, les Etats-clés qui ont basculé du côté du démocrate doivent certifier leurs résultats.

Le milliardaire a appelé dimanche le parti républicain à "se battre" pour ne pas laisser les démocrates "détruire les preuves" de cette fraude présumée.

- "Accusations hypothétiques" -

La veille, il avait subi un nouveau revers en Pennsylvanie, l'un des Etats-clés de cette élection, où un juge a fermement rejeté les allégations de fraude.

Sévère, le juge Matthew Brann a estimé que l'équipe de M. Trump avait présenté "des arguments juridiques sans fondement et des accusations hypothétiques" dans sa plainte concernant le vote par correspondance en Pennsylvanie. La certification doit avoir lieu lundi.

Cette décision a conduit le sénateur républicain de Pennsylvanie, Pat Toomey, à reconnaître la victoire de Joe Biden. Les avocats de M. Trump ont "épuisé toutes les options judiciaires pour contester les résultats" dans cet Etat, a-t-il estimé.

Les républicains ont également demandé aux autorités du Michigan, gagné par M. Biden avec 155.000 voix d'avance, de reporter de 14 jours la certification des résultats prévue lundi, dénonçant des irrégularités.

Cette attitude est "nocive", a estimé dimanche Ron Klain, "mais cela ne changera pas le résultat de ce qui arrivera le 20 janvier à midi, Joe Biden deviendra le prochain président des Etats-Unis".

Au sein du parti républicain, un nombre croissant de responsables appellent le président à concéder sa défaite, ou au moins à libérer des fonds pour permettre une transition en bon ordre entre l'équipe de M. Biden et l'administration sortante.

M. Biden doit notamment recevoir les comptes-rendus quotidiens de sécurité, en premier lieu sur la pandémie de coronavirus, ce que Donald Trump refuse jusqu'ici.

- "République bananière" -

Pour l'ancien gouverneur du New Jersey Chris Christie, membre de l'équipe de transition de M. Trump en 2016, le comportement des avocats du président est "une honte nationale".

Le gouverneur républicain du Maryland Larry Hogan a même estimé sur CNN que les Etats-Unis commençaient à ressembler à "une république bananière". Plus tard, il a demandé sur Twitter au président d'"arrêter de jouer au golf et de concéder" la défaite.

Samedi et dimanche matin, M. Trump a fait de brèves allocutions au sommet virtuel du G20 avant de se rendre à son golf de Virginie, près de Washington.

Le sénateur du Dakota du Nord, Kevin Cramer, a lui défendu l’insistance du président à s'assurer de l'équité du scrutin, tout en ajoutant sur NBC qu'il était "plus que temps de commencer la transition".

Liz Cheney, numéro 3 du parti à la Chambre des représentants, avait estimé samedi que, faute de preuves de fraudes, Donald Trump devrait "respecter le caractère sacré du processus électoral".

Et l'élu de Californie Devin Nunes, un ardent partisan du président, a semblé reconnaître que Joe Biden "se rapprochait tant bien que mal de la présidence" après avoir "réussi sa campagne depuis sa cave". L'ancien vice-président de 78 ans a fait une campagne largement virtuelle à cause de la pandémie de coronavirus.