Le Canada et les pays dont des ressortissants sont morts dans le crash d'un Boeing ukrainien abattu par l'Iran il y a un an, ont appelé vendredi Téhéran à "rendre justice aux familles des victimes" alors que des hommages étaient organisés dans plusieurs pays.

Au Canada, près de 200 personnes se sont rassemblées sous un ciel ensoleillé vendredi après-midi devant l'Université de Toronto avant d'effectuer une marche en hommage aux victimes, selon un photographe de l'AFP sur place.

De nombreuses personnes portaient des pancartes sur lesquelles étaient imprimées les photos de victimes du crash ainsi que leur prénoms. Certains portaient des masques noirs portant le mot "Justice".

Parmi eux, Hamid Niazi, qui a perdu son épouse, sa fille et son fils dans ce drame.

"Je ne sais pas comment expliquer cela, je suis toujours dans le déni et l'incrédulité, je n'arrive pas à croire que c'est arrivé à ma famille", a-t-il déclaré à l'AFP. "Je pense parfois que je suis en train de faire un cauchemar, que ça n'a pas pu arriver".

A Kiev, destination que devait rejoindre l'appareil, des gerbes de fleurs ont été déposées sur le site d'un futur mémorial dédié aux victimes. Un écran géant diffusait l'ensemble des portraits des passagers et des membres d'équipage de l'appareil.

"Nous demandons instamment à l'Iran de fournir une explication complète et approfondie des événements et des décisions qui ont conduit à cet effroyable écrasement d'avion", affirme dans un communiqué commun le "groupe de coordination" composé du Canada, du Royaume-Uni, de l'Ukraine, de la Suède et de l'Afghanistan.

Tous "demanderont à l'Iran de rendre justice aux familles des victimes et aux pays touchés et de faire en sorte qu'ils obtiennent réparation complète", indiquent-ils un an jour pour jour après le drame.

- "Tragédie impensable" -

Fin décembre, l'Iran a annoncé son intention de verser "150.000 dollars ou l'équivalent en euros" à chacune des familles des victimes du vol PS 752 d'Ukraine International Airlines, qui s'était écrasé le 8 janvier 2020, tuant les 176 personnes à bord, dont 85 citoyens ou résidents permanents canadiens.

Jeudi, le ministre canadien des Affaires étrangères François-Philippe Champagne avait rejeté cette offre, estimant que "la question de l'indemnisation ne serait pas réglée par des déclarations unilatérales de l'Iran mais devrait plutôt faire l'objet de négociations entre Etats".

"Ce genre de tragédie impensable ne doit jamais se reproduire", a souligné Justin Trudeau lors d'un point presse, précisant que 138 passagers étaient en route pour le Canada.

Après trois jours de démentis, les forces armées iraniennes avaient reconnu avoir abattu l'avion par "erreur", en pleine montée des tensions entre Washington et l'Iran.

Mi-décembre, le conseiller spécial du gouvernement sur ce drame, l'ancien ministre Ralph Goodale, avait rendu un rapport de 70 pages estimant que l'Iran ne devrait pas être autorisé à "enquêter sur lui-même". Il relevait par ailleurs les nombreuses zones d'ombre dans ce dossier.

Suite à cette catastrophe, le gouvernement canadien a décidé de faire du 8 janvier la "Journée nationale de commémoration des victimes de catastrophes aériennes".