Les inconditionnels du président brésilien Jair Bolsonaro ont ignoré dimanche les mises en garde des autorités à propos du coronavirus et défilé dans les principales villes du pays, accusant le Parlement et les tribunaux de mettre des bâtons dans les roues de leur dirigeant d'extrême droite.

Des centaines de partisans se sont réunis à Brasilia, Rio de Janeiro et Sao Paulo, dont certains portaient des masques avec des inscriptions telles que "le virus, ce sont les ordures du Parlement".

Bolsonaro lui-même a fait une apparition au rassemblement de Brasilia, serrant des mains et prenant des selfies avec la foule à l'extérieur du palais présidentiel.

"Ce que vous faites n'a pas de prix", a-t-il déclaré aux manifestants, selon le site d'information UOL, ayant abandonné le masque de protection qu'il portait encore il y a quelques jours.

Le ministère de la santé a recommandé au président brésilien de rester à l'isolement durant deux semaines après avoir été exposé au coronavirus lors de son récent déplacement aux Etats-Unis. Plusieurs membres de sa délégation ont été testés positifs au virus depuis.

Bolsonaro a annoncé vendredi avoir été testé négatif, mais selon le protocole du ministère de la Santé brésilien, deux autres tests sont nécessaires pour confirmer le résultat, selon un porte-parole de l'institution.

"On proteste contre le Parlement, car il ne laisse pas Bolsonaro gouverner. Ils (les parlementaires) bloquent tout", a déclaré Rogerio Galhardo, un chef d'entreprise de 60 ans qui agitait un drapeau du Brésil.

"Tout ce qu'ils veulent faire, c'est voler", a ajouté sa femme, Patricia Monteiro, institutrice de 45 ans.

Jair Bolsonaro avait appelé la semaine dernière ses partisans à descendre dans la rue le 15 mars pour participer à des manifestations en sa faveur. Ces manifestations ont été qualifiées d'anti-démocratiques par ses détracteurs.

Le chef de l'Etat avait ensuite demandé jeudi le report des mobilisations en raison de la pandémie de coronavirus.

Cela ne l'a pas empêché dimanche de publier des vidéos des rassemblements sur les réseaux sociaux.

Les autorités de Rio de Janeiro ont annoncé vendredi la fermeture des écoles pour sept jours et celles des théâtres, salles de concerts et stades pendant deux semaines face à la progression du coronavirus.

Le président est actuellement en conflit ouvert avec le Parlement à propos de l'utilisation de 30 milliards de reais (environ 5,5 milliards d'euros) du budget fédéral.

Les législateurs ont adopté une loi pour permettre au Parlement de décider comment et quand cet argent devrait être dépensé. M. Bolsonaro, de son côté, estime que cette décision doit continuer de relever de l'exécutif.

Le Brésil, un immense pays de 210 millions d'habitants, a enregistré 121 contaminations et aucun décès à ce jour dus au nouveau coronavirus, qui a fait plus de 6.000 morts dans le monde.