Boris Johnson présente son plan pour le Brexit au Parlement britannique jeudi, avant d'intenses discussions pour convaincre des Européens circonspects d'accepter son offre présentée comme la seule alternative à une sortie sans accord dans quatre semaines.

Le Premier ministre, qui a promis de réaliser le Brexit "quoi qu'il arrive" le 31 octobre, a mis la pression sur Bruxelles en adressant à l'UE un compromis présenté comme une offre finale.

Mais pour éviter un divorce sans accord aux conséquences économiques potentiellement désastreuses, il devra aussi s'assurer le soutien d'un Parlement qui avait rejeté trois fois le texte négocié par Theresa May et où il a perdu sa majorité.

Après avoir rassemblé jeudi matin les membres les plus haut placés de son gouvernement à Downing Street, le dirigeant conservateur doit répondre à partir de 11H30 (10H30 GMT) aux questions des députés sur son plan, censé régler le cas complexe de la frontière nord-irlandaise sur lequel butent les négociations entre Londres et Bruxelles.

Cette séance s'annonce animée après des échanges d'une virulence rare la semaine dernière illustrant le climat de crise politique régnant dans le pays plus de trois ans après la victoire du "leave" ("sortir") au référendum.

Interviewé par ITV mercredi soir, Michael Gove, ministre chargé des préparatifs d'une sortie sans accord, a estimé que le plan avait de "très bonnes chances de passer" au Parlement britannique.

Mais le chef du principal parti d'opposition, le Labour (gauche), Jeremy Corbyn, a estimé que le plan de Boris Johnson était "pire" que celui négocié par l'ancienne Première ministre Theresa May: "Je ne vois pas comment il peut obtenir le soutien qu'il pense obtenir", a-t-il commenté dans une vidéo postée sur son compte Twitter.

Du côté de Bruxelles, le projet est examiné avec circonspection. Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a reconnu des "avancées positives" mais souligné qu'il restait "quelques points problématiques qui nécessiteront du travail supplémentaire dans les prochains jours".

- "Aller de l'avant" -

Le plan de Boris Johnson prévoit que l'Irlande du Nord quitte l'union douanière européenne, comme le reste du Royaume-Uni, mais que la province britannique continue à appliquer les règles européennes en matière de circulation des biens, y compris agro-alimentaires, avec la création d'une "zone de réglementation" sur l'île d'Irlande, sous réserve de l'accord du parlement et de l'exécutif nord-irlandais.

Cela éliminerait tous les contrôles règlementaires entre l'Irlande du Nord et l'Irlande mais cela impliquerait des réglementations divergentes entre la province britannique et le reste du Royaume.

Des réunions entre négociateurs européens et britanniques sont prévus à Bruxelles dans les prochains jours. Les Européens veulent savoir si Boris Johnson est "prêt à bouger et à agir" sur les points qui leur posent problème, a expliqué un autre diplomate.

Arrivé au pouvoir fin juillet, Boris Johnson s'est engagé à faire sortir coûte que coûte son pays de l'UE le 31 octobre, une échéance repoussée deux fois.

Déterminé à réaliser le Brexit, pour lequel les Britanniques ont voté à 52% lors du référendum de juin 2016, il a répété qu'il ne demanderait pas de nouveau report à l'UE, même si le Parlement a voté une loi lui imposant de reporter le Brexit s'il n'obtient pas un accord avec l'UE d'ici le 19 octobre, juste après le prochain sommet européen.

"Il faut que nous allions de l'avant à un bon rythme, intensément", a déclaré jeudi matin à la BBC le ministre chargé du Brexit Steve Barclay, soulignant la nécessité pour les deux parties de se lancer dans des discussions d'ici le weekend pour parvenir à un accord.

Le ministre s'est voulu optimiste: "La réponse de la Commission (européenne) est qu'ils estiment que c'est une proposition sérieuse et je crois que les deux parties veulent parvenir à un accord".