Plus de 18.000 Bulgares ont manifesté pour le huitième jour jeudi à Sofia, réclamant la démission du gouvernement qu'ils accusent de corruption et de liens oligarchiques.

Les manifestants dont beaucoup de jeunes ont bloqué pendant sept heures la circulation en centre-ville. Aux battements de tambours, ils brandissaient des drapeaux et scandaient "nous serons là tous les jours", "démission" et "mafia" à l'adresse du gouvernement de centre-droit de Boïko Borissov au pouvoir depuis dix années quasiment ininterrompues.

Ils réclamaient aussi la démission du procureur général Ivan Guechev qu'ils accusent de "partialité". M. Guechev, qui souligne que "tous sont égaux devant la loi", avait ordonné jeudi dernier une perquisition dans les bureaux de deux conseillers du président Roumen Radev, proche des socialistes, qui dénonce "le caractère mafieux" du gouvernement.

Des manifestations contre la corruption et pour une démission du gouvernement ayant fait objet d'une série de scandales, se sont également tenues jeudi dans une dizaine de villes de province.

M. Borissov et ses alliés nationalistes de la coalition gouvernementale ont déclaré jeudi qu'ils resteraient au pouvoir jusqu'à la fin du mandat du parlement au printemps prochain.

"Qui de ceux qui protestent a plus d'expérience que nous pour affronter les horribles défis économiques et sanitaires devant le pays cet hiver!", s'est exclamé M. Borissov.

Les protestations réunissent l'opposition de gauche et de droite, ainsi que des manifestants qui déclarent n'être sympathisant d'aucun parti.

Une motion de censure a été déposée par les socialistes, mais a peu de chances d'aboutir. Après ce vote au parlement attendu mardi, M. Borissov a promis "un énorme remaniement gouvernemental".

Trois de ses plus influents ministres - des Finances, de l'Economie et de l'Intérieur - ont donné mercredi leur démission.