C'est Lyontastique! Après la Juventus, l'OL a réussi un nouvel exploit en Ligue des champions, en éliminant Manchester City (3-1), samedi à Lisbonne, pour affronter le Bayern Munich en demi-finale et poursuivre son épopée.

Il y a quelques semaines, peu imaginaient voir le septième de Ligue 1 triompher du champion d'Italie puis du 2e de Premier League. Il y a quelques jours, ils étaient encore moins nombreux à imaginer deux clubs français dans le dernier carré de la C1, ce qui n'était jamais arrivé.

Mais les quarts du "Final 8" ont balayé les pronostics, et offert aux Lyonnais et au football français un été inespéré, après un printemps à se déchirer autour de l'interruption anticipée du Championnat en raison de la pandémie de coronavirus.

Signe d'une soirée pas comme les autres, le club présidé par Jean-Michel Aulas s'est trouvé un héros inattendu, avec Moussa Dembele. Remplaçant pour la deuxième fois de suite, l'attaquant, rentré à la 75e minute, a réussi un doublé en fin de match (79e, 87e) pour sceller l'exploit.

Et dire qu'il n'avait jusque-là marqué aucun but en C1 cette saison!

"On est encore là, ça veut dire qu'on a une grande équipe", a lancé Dembele au micro de RMC Sport, fier d'avoir apporté sa "pierre à l'édifice".

- Citizen Cornet -

Maxwel Cornet avait plus tôt (24e) lancé la machine OL sur les rails. Mais là, c'était presque attendu, car l'Ivoirien a déjà épaté contre City, en marquant trois buts lors des deux confrontations en phase de poules en 2018.

Sur un fil, après une saison difficile lors d'une Ligue 1 tronquée par la pandémie de coronavirus et qui lui a valu d'être éjecté de la Coupe d'Europe à la rentrée, Lyon s'accroche donc à son rêve, avec du coeur et un peu de réussite aussi.

"C'est quelque chose d'inimaginable", a savouré le président Jean-Michel Aulas. "On a l'impression que les joueurs se sont emparés de cette injustice qui nous a cloués à dix matches de la fin à une 7e place (de L1) qui n'est pas européenne, alors que depuis 24 ans nous étions européens."

Et, une minute avant que Dembélé ne concrétise le 3-1, Raheem Sterling a raté l'immanquable, tout seul à un mètre de la cage. Une minute folle, qui symbolise l'allant d'une équipe qui ne regarde plus dans le rétroviseur et ses erreurs du passé.

Il lui faudra encore un peu de réussite pour passer le prochain obstacle, le Bayern Munich, le grandissime favori pour le titre qui a pulvérisé le FC Barcelone (8-2) vendredi. OL-Bayern, c'est aussi l'affiche de la seule demi-finale de C1 disputée jusque-là par les Gones, en 2010.

Lyon y a cru tellement fort qu'il a réussi à battre le silence du huis clos. Entre les cris d'encouragement des remplaçants et les vives protestations des joueurs à chaque action litigieuse, l'OL a rempli de son énergie le vide du stade José-Alvalade.

Il fallait entendre Rudi Garcia haranguer son banc et la délégation rhodanienne, pendant que l'arbitre vérifiait s'il y avait hors-jeu à l'origine de l'action ayant mené au but de Cornet - une bruyante leçon d'intox, qui tranchait avec l'attitude plus laborieuse de City.

Dans un système différent de celui qui a mis en échec le Real Madrid (2-1) lors du 8e retour, avec trois défenseurs centraux, pendant près d'une heure, les Mancuniens n'ont pas brillé.

- Coaching gagnant de Garcia -

Quand Raheem Sterling ou Kevin De Bruyne se distinguaient, Fernando Marçal, Anthony Lopes ou Marcelo ont repoussé le danger, rappelant la solidité du 3-5-2 qui a transformé Lyon en citadelle cet été.

L'OL n'a craqué qu'une seule fois, après une combinaison entre Sterling et De Bruyne qui a permis au Belge d'égaliser (69e). Mais ce n'était pas suffisant pour les "Citizens", encore frustrés dans leur quête du Graal européen.

"Les années passent mais les résultats sont les mêmes", a pesté Kevin De Bruyne.

La solidité du système lyonnais crédite aussi le travail de Garcia, dont le coaching a été gagnant, entre la titularisation de Karl Toko-Ekambi (qui a mené au premier but) et l'entrée en jeu de Dembélé.

Pep Guardiola se méfiait du système du "Final 8" sur match sec, où "tout peut arriver". Il a eu raison. A deux succès du titre, Lyon y croit plus que jamais.