Après avoir croqué l'ogre madrilène, le PSG va-t-il réussir à "climatiser" l'un des stades les plus chauds d'Europe ? Paris, idéalement lancé en Ligue des champions, veut confirmer ses débuts de rêve mardi (21h00/19h00 GMT) dans l'antre du Galatasaray d'Istanbul, dans un climat aussi hostile que brûlant.

"Bienvenue en enfer !": le message d'intimidation, relayé avant le coup d'envoi par plusieurs groupe de supporters de Galatasaray sur les réseaux sociaux, n'est qu'un exemple parmi d'autres de l'immense ferveur qui attend les joueurs parisiens.

D'autant plus que les retrouvailles entre les deux équipes réveillent un lointain contentieux. En 2001, le dernier PSG-Galatasaray avait été marqué par de graves affrontements entre supporters des deux camps dans les tribunes du Parc des Princes...

"On connaît ce stade, ces supporters, ils sont très passionnés. L'ambiance sera très chaude contre nous. Il faut penser à notre équipe et oublier tout ce qu'il y a à l'extérieur", a prévenu le capitaine parisien Thiago Silva, lundi lors de la conférence de presse d'avant-match.

S'ils ont indéniablement frappé les esprits en surclassant le Real Madrid (3-0) lors de la première journée, les Parisiens sont condamnés désormais à maintenir le niveau de jeu affiché au Parc des Princes pour espérer dompter le club stambouliote dans son antre incandescente, où ils ont toujours perdu.

"Les choses sont plus difficiles maintenant. Il n'y a pas 3-0, le match contre le Real est fini ! Certains peuvent penser: +Ils ont gagné contre Madrid, maintenant ils vont gagner contre Galatasaray...+ mais ce n'est pas comme ça. On doit toujours recommencer et démontrer la même qualité, faim, mentalité", a souligné l'entraîneur parisien Thomas Tuchel.

- Mbappé de retour -

"Les gens ont travaillé toute leur vie pour vivre des ambiances comme ça ! Donc il faut y aller en profitant au maximum, et pour ramener les trois points", avait déclaré de son côté Kylian Mbappé, samedi.

En rappelant clairement l'objectif comptable, l'international français sait de quoi il parle. Sous le maillot de l'équipe de France, son premier déplacement sur le sol turc, en juin dernier à Konya, s'était terminé par une cuisante défaite 2-0...

Echaudé par cet épisode, la star parisienne a déjà donné un aperçu de son appétit de revanche, aiguisé par ses cinq semaines d'absence sur blessure et son forfait contre le Real, lors de son retour à la compétition contre Bordeaux (1-0) samedi en Ligue 1.

A peine dix minutes après son entrée en jeu, "KM" s'était en effet montré décisif en offrant le but de la victoire à Neymar. Une bonne nouvelle pour l'entraîneur parisien, qui ne pourra reconstituer son trident d'étoiles contre Galatasaray.

"Ney" doit purger son dernier match de suspension en Ligue des champions, tandis qu'Edinson Cavani, touché à la hanche droite il y a quelques semaines, ne figure pas dans le groupe. Reste à savoir si Mbappé débutera ou non la rencontre...

- Galatasaray la "Francophile" -

Le plus "francophile" des clubs turcs, fondé en 1905 par des anciens du lycée francophone d'Istanbul qui porte le même nom, saura-t-il profiter des nombreuses absences parisiennes ?

Pour tenter de réussir ce que le Real de Zinédine Zidane a été incapable de faire, l'équipe de Fatih Terim pourra s'appuyer sur ses recrues "françaises" : le champion du monde Steven Nzonzi, mais aussi Radamel Falcao (Monaco), Jimmy Durmaz (Toulouse), Mario Lemina (Marseille), et Jean-Michaël Seri (Nice), quatre ex-pensionnaires de Ligue 1 !

Surtout que l'effectif stambouliote comporte déjà trois tauliers ayant fait leurs preuves dans le championnat de France: Younès Belhanda (Montpellier), Sofiane Feghouli (Grenoble) et Mariano (Bordeaux).

"Nous avons des joueurs qui ont joué en France, qui sont d'origine française, je m'attends, pour être clair, à ce qu'ils soient beaucoup plus calmes face au PSG que nos autres joueurs. Tout le monde connait le PSG, mais eux, connaissent mieux que quiconque les joueurs français", espère Fatih Terim.

Reste que le champion en titre de Turquie vit un début de saison décevant en pointant seulement à la septième place de son classement après six journées. Sans parler de l'entame européenne très mitigée contre Bruges (0-0).

En cas de succès sur les rives du Bosphore, Paris s'ouvrira encore davantage la voie vers les 8es de finale. Et la possibilité d'un retour à Istanbul, ville-hôte de la finale de la Ligue des champions, fin mai prochain ?