Vainqueur 1-0 à l'aller, Lyon a un exploit à valider contre la Juventus de Cristiano Ronaldo vendredi à Turin (21h00) en huitièmes retour de Ligue des champions. Avec l'ambition de disputer le "Final 8" à Lisbonne et l'espoir fou de gagner l'épreuve pour rester européen.

Dans l'histoire récente de l'OL, peu de saisons auront été aussi poussives. Mais peu de campagnes se seront achevées sur le frisson d'un tel quitte ou double, avec la ferveur d'une possible épopée continentale et l'objectif d'éviter au club une première saison sans participation européenne depuis 1997. Car seule une victoire finale reconduirait les Lyonnais en C1 pour 2020-2021.

A l'instar de Maxwel Cornet dans une interview à l'AFP, les Lyonnais n'écartent pas l'idée de tirer leur épingle du jeu lors du "Final 8" de Lisbonne, un tournoi à élimination directe novateur et forcément plus ouvert.

"Sur un match tout peut se jouer", résume Cornet, conscient néanmoins de la difficulté face à des adversaires au standing supérieur à celui de Lyon, seulement 7e du championnat de France au moment de l'arrêt anticipé de la saison.

En cas de qualification, l'OL aurait de toute façon un gros morceau à digérer en quarts: soit le Real Madrid, soit Manchester City, qui s'affrontent vendredi soir en Angleterre (aller: 1-2).

Mais avant même de penser à Lisbonne, il faut conquérir Turin.

- Inconnue physique -

A l'aller contre la Juve, l'OL avait surpris son monde en gagnant 1-0 sur un but de Lucas Tousart, absent de cette seconde manche après son départ au Hertha Berlin.

C'était le 26 février, presque une éternité. C'était avant l'interruption définitive de la saison de Ligue 1 pour cause de coronavirus, qui a privé l'OL de qualification européenne et de rythme avant ce choc contre la Juve, sacrée pour sa part championne d'Italie en juillet.

La seule répétition générale des Lyonnais, vendredi dernier face au PSG lors d'une finale encourageante de Coupe de la Ligue (défaite 0-0 a.p., 6-5 aux tirs au but), a permis à Rudi Garcia de roder son schéma en 3-5-2, comme contre la Juve en février. Pas de raison donc d'en changer vendredi.

Autre motif d'espoir: le Juventus Stadium sera à huis clos, alors que l'OL avait eu l'avantage de jouer à guichets fermés à l'aller, donc avec le soutien de son public.

Reste une inconnue sur le plan physique: alors que la Juve, dont le championnat s'est achevé fin juillet, a enchaîné les matches, comment les Lyonnais compenseront-ils leur manque de compétition ? Les 120 minutes disputées face au Paris SG ont été, sur ce point, rassurantes.

"Nous avons très bien travaillé. Tout le mérite en revient à l'encadrement et aux préparateurs physiques qui font un super boulot depuis la reprise", a confié Maxwel Cornet.

- La Juve en petite forme -

Dans le jeu, si l'attaque a manqué de percussion contre Paris, la défense s'est montrée solide à l'image des trois défenseurs centraux, Marcelo-Marçal-Denayer, et du gardien Anthony Lopes.

De son côté, la Juve semble aborder cette rencontre en petite forme.

Sur les huit dernières journées de Serie A, les Turinois n'ont pris que huit points, même s'ils ont laissé filer certains matches une fois le titre en poche.

Et la défense inquiète, avec 43 buts encaissés sur la saison, dont 17 dans les neuf derniers matches: une statistique invraisemblable pour un club dont l'histoire s'est souvent écrite autour d'une solidité sans faille.

Sur le papier, le club piémontais est un ogre, neuf fois champion consécutivement, armé dans toutes les lignes de joueurs de classe mondiale (De Ligt, Pjanic, Dybala, Ronaldo…) et avec une ambition affichée: rivaliser avec les grands d'Europe pour conquérir la C1.

Une image un peu trompeuse toutefois. Les Lyonnais l'avaient constaté à l'aller contre des Bianconeri déjà médiocres.

La Juventus de Maurizio Sarri n'est pas la version la plus aboutie de cette décennie gagnante mais, de son côté, l'OL de Rudi Garcia ne l'est pas non plus.

Sarri a remplacé Massimiliano Allegri pour ajouter un peu de beau jeu à la recette du succès. Or, la greffe n'a pas encore pris et la Juventus a perdu cette saison deux finales nationales (Coupe et Supercoupe) et n'a que très exceptionnellement séduit dans le jeu.

De quoi alimenter l'incroyable rêve de l'OL ?