Dans leur canapé, les Rennais ont vu tomber du ciel mardi soir un billet direct pour la phase de groupes de Ligue des champions, une première historique pour le club breton qui va devoir se renforcer pour tenter d'y faire bonne figure.

Les planètes se sont parfaitement alignées pour les Bretons, 3e de Ligue 1, qui devaient théoriquement passer deux tours préliminaires incertains en septembre.

Mais selon le règlement de l'UEFA, le club français pouvait être exempté de ces confrontations incertaines en récupérant la place réservée au vainqueur de la Ligue Europa si ce dernier était déjà qualifié.

Or, les quatre clubs encore en lice en C3 -- l'Inter Milan et Manchester United qualifiés lundi soir, Séville et le Shakhtar Donetsk qualifiés mardi soir -- ont déjà obtenu leur billet dans leur championnat national.

Ces quatre habitués des phases finales de coupes européennes font donc le bonheur des Bretons, qui disputeront à partir du 20 octobre la prestigieuse et lucrative phase de groupes de la C1, au côté du Paris SG, de Marseille, et éventuellement de Lyon en cas d'improbable victoire des "Gones" en finale de la Ligue des champions, fin août.

"Ligue des Champions!", a lancé sur les réseaux sociaux Eduardo Camavinga, la pépite de 17 ans que la presse dit activement courtisé par le Real Madrid. "On y est les gars !", a jubilé le milieu rennais Benjamin Bourigeaud, évoquant un "rêve de gosse".

Le club a pour sa part diffusé une vidéo montrant un DJ lancer le célèbre hymne de la compétition au Roazhon Park, le stade de Rennes.

"Nous sommes fiers car nous allons vivre un moment historique et privilégié (...) On va découvrir tout ça avec une envie énorme de croquer dedans, d'en profiter un maximum", a réagi l'entraîneur de Rennes, Julien Stéphan, dans un communiqué diffusé dans la soirée par le club.

"Il ne faut pas considérer cette issue comme une qualification au rabais. Les joueurs l'ont mérité tout au long de la saison", a-t-il insisté.

Mais à l'heure de découvrir l'élite du football européen, Rennes ne présente pour l'instant qu'un bilan mitigé sur la scène continentale.

Ses deux premières incursions en 1969 et 1971, années de ses premières Coupes de France, ont été marquées par deux éliminations au 1er tour en Coupe des Coupes.

- Beaucoup de flops -

Un quart de siècle plus tard, retour sur les terrains européens avec la Coupe Intertoto (1996, 1999 et 2001): plusieurs éliminations sans gloire mais aussi une finale perdue contre la Juventus Turin au printemps 2000.

Même dualité en Coupe de l'UEFA/Ligue Europa, où Rennes a certes atteint les 8e de finale en 2018-2019 en butant sur Arsenal après avoir éliminé le Betis Séville, mais où les Rouge et Noir ont fini bons derniers de leur groupe en 2005, en 2008, en 2012... et à l'automne dernier.

Toutefois, le club a changé de dimension. Son triumvirat composé de Nicolas Holveck, nouveau président, Florian Maurice, nouveau directeur technique débauché de l'Olympique lyonnais, et Julien Stéphan, l'entraîneur fétiche, affiche désormais ses ambitions.

"Le mercato est à peine commencé", a d'ailleurs rappelé Stéphan samedi.

Si elle est susceptible d'attirer des pointures en Bretagne, la garantie de six matches de Ligue des champions à l'automne pourrait d'abord aider le club à garder ses meilleurs éléments, à commencer par Camavinga, qui s'annonçait comme un éventuel transfert record cet été mais que les dirigeants rennais ne semblent pas prêts à lâcher dès cet été.

Alors que le champion du monde Steven Nzonzi, arrivé en janvier, semble prendre toujours plus d'assurance, son association avec le jeune prodige est particulièrement prometteuse en milieu de terrain.

Dans les autres secteurs, la fin du feuilleton OM pour Mbaye Niang et l'arrivée de Martin Terrier ont déjà commencé à renforcer l'attaque, tandis que la défense reste en chantier.

Fin juin, Nicolas Holveck avait promis "un recrutement ambitieux". Il en a désormais les moyens et l'obligation.