Le nouveau Premier ministre, Jean Castex, a défendu mercredi matin ses choix et ses ministres, notamment Gérald Darmanin, cible des féministes, et annoncé souhaiter réunir les partenaires sociaux sur la réforme des retraites "avant le 20 juillet".

Il a également annoncé son déplacement dimanche en Guyane où le virus du Covid-19 circule activement et répété se préparer à une éventuelle deuxième vague avec un reconfinement "différent" du premier.

Après avoir la veille fait une apparition surprise au Ségur de la Santé, et alors que son gouvernement "de combat" sera mercredi sous le feu des questions des parlementaires, le Premier ministre a répondu à celles de Jean-Jacques Bourdin sur BFTMTV et RMC, sa deuxième interview.

"Je suis devant vous Premier ministre du président Macron dans un gouvernement d'unité et de cohésion avec une seule préoccupation : l'action, la crise qui arrive", a-t-il averti.

"Je suis d'abord un homme libre", même si "je sais ce que je dois à tel ou tel", a-t-il insisté en assumant le "choix commun" avec le chef de l'Etat de ses ministres.

"J'assume totalement cette désignation, (Gérald Darmanin) a droit comme tout le monde à la présomption d'innocence", a expliqué le chef du gouvernement, alors que le nouveau ministre de l'Intérieur, visé par une plainte pour viol, a dû affronter la colère de féministes dont certaines ont tenté de perturber la passation de pouvoirs avec son prédécesseur Christophe Castaner, en appelant à sa démission.

M. Darmanin n'aurait pas été nommé "si, en mon âme et conscience, ayant regardé le sujet, j'avais eu le moindre doute, la moindre interrogation", a-t-il assuré.

Le chef du gouvernement a défendu aussi Eric Dupond-Moretti, un homme "formidable", nommé Garde des Sceaux afin que "le service public de la Justice marche mieux".

"Je ne fais la guerre à personne", a expliqué l'ancien avocat pénaliste mardi, alors que l'USM, principal syndicat de magistrats, avait estimé que sa nomination était une "déclaration de guerre à la magistrature".

Le chef du gouvernement va également se démultiplier sur le front social. Il souhaite réunir "ensemble" les partenaires sociaux "avant le 20 juillet" sur le dossier des retraites en particulier, après les avoir reçus séparément jeudi 9 et vendredi 10, afin d'"arrêter une méthode et un calendrier".

Il a par ailleurs dit vouloir "décaler la mise en oeuvre" de la réforme de l'assurance chômage, dont les syndicats réclamaient l'abandon.

Espérant conclure le Ségur de la Santé d'ici la fin de la semaine, il a annoncé mardi dans un tweet que l'enveloppe pour les salaires des soignants hors médecins était portée à 7,5 milliards d'euros. Et il est allé lui-même porter la nouvelle aux négociateurs.

Mais ces derniers se sont dits déçus et la rencontre s'est achevée sans accord, après six heures de tractations. Elles doivent reprendre mercredi à 14H00.

Le Premier ministre souhaite aussi mettre en place un Haut-Commissariat au plan, pour "rééclairer l'action publique d'une vision de long terme", et n'a pas exclu que François Bayrou, chef du Modem, soit nommé à sa tête.

Le nouveau gouvernement doit faire ses premiers pas mercredi au coeur de l'arène parlementaire avec les traditionnelles séances de questions d'actualité, à 11H00 à l'Assemblée nationale puis à 15H00 au Sénat. Après quoi les députés reprendront l'examen du troisième projet de budget de crise.

L'équipe gouvernementale n'est pas tout à fait au complet puisqu'elle doit accueillir prochainement "l'entrée de secrétaires d'Etat sur des missions prioritaires", a expliqué mardi le nouveau porte-parole Gabriel Attal, afin de finaliser ce "gouvernement de combat".

Emmanuel Macron a fixé "quatre grands axes" d'action: "la reconstruction" du pays plombé par la crise du coronavirus, le "patriotisme républicain" avec la défense de la police et la justice, un meilleur dialogue avec les partenaires de terrain et l'Europe.

Emmanuel Macron précisera son cap pour le reste du quinquennat lors d'une interview le 14 juillet. Puis le Premier ministre pourra effectuer sa déclaration de politique générale devant l'Assemblée.

D'ici là, le gouvernement se réunira en séminaire samedi matin. A ce stade, il est composé de seize ministres, quatorze ministres délégués et d'un secrétaire d'Etat, qui figuraient pour la plupart dans le précédent gouvernement.