"Wahou! Je suis heureuse, cette fois c'est la bonne", se réjouit Hanna Piers, en dansant dans un hall de Tel-Aviv où sont réunis des partisans du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui a revendiqué la victoire aux législatives après deux scrutins sans vainqueur.

Peu après l'annonce des premières estimations, c'est la satisfaction du but finalement atteint qui a dominé dans l'immense salle où sont rassemblés un millier de partisans du Likoud, sur le point de réaliser son meilleur score sous Benjamin Netanyahu.

Après deux élections sans vainqueur, en avril et septembre dernier, le Likoud est crédité d'environ 37 sièges par les sondages à la sortie des urnes, voire de 60 sièges avec ses alliés de droite, ce qui place le parti au seuil de la majorité.

"Finalement nous avons obtenu ce que nous voulions", se félicite Mme Piers, 37 ans.

"Cette fois-ci il n'y aura pas de nouvelles élections", renchérit Lidan Aton, 32 ans, tout sourire. "Je ressens une immense satisfaction, finalement nous avons réussi", lâche Ran Carmi Buzaglo, un adhérent actif du Likoud.

Quelques minutes avant la diffusion des sondages à la sortie des urnes, il avait parcouru l'immense salle en courant, drapeau israélien à bout de bras, clamant à qui voulait l'entendre que cette fois, c'était "la bonne".

- Le 61 magique -

Au rassemblement du Likoud, la sono à fond diffuse de la musique pop israélienne orientale, des jeunes dansent en criant "Bibi, roi d'Israël" et en agitant des drapeaux du parti et d'Israël.

Les adhérents suivent de près l'évolution des résultats dans l'espoir de voir le bloc de droite - qui comprend les formations ultra-orthodoxes Shass et Judaïsme unifié de la Torah et de la droite radiale Yamina - atteindre, voire franchir, le nombre magique de 61 sièges, seuil de la majorité à la Knesset, le Parlement.

Gavriel Gaoui, 47 ans, membre du comité central du Likoud, est "persuadé d'atteindre 61, voire même 62 sièges". "Historiquement les résultats définitifs nous donnent toujours un peu plus de sièges que les sondages de sortie des urnes", dit-il.

Mais certains, comme Lidan Aton, pensent qu'il faudra "voler" quelques sièges à "Bleu-Blanc" ou à Israël Beiteinou, parti de droite nationaliste laïque, grâce à la défection de leurs députés, pour parvenir à la majorité.

- Mince espoir -

La ferveur qui s'est emparée des partisans du Likoud tranche avec le long silence qui a accueilli les résultats de Benny Gantz dans la salle de réception située sur le port de Tel-Aviv, dont l'ancien chef d'état-major a fait son QG pour la soirée.

Les yeux rivés sur les grands écrans de télévision, la poignée de militants ayant fait le déplacement guettent le moindre changement dans les estimations.

La musique entraînante qui tourne en boucle depuis le début de soirée contraste avec l'ambiance pesante qui règne dans la salle.

Mais si la déception est de mise, l'espoir reste permis. Pour Katty Rojtman, porte-parole francophone du parti, "les résultats peuvent changer pendant la nuit, nous attendons les résultats définitifs".

"En 2013, on s'est endormi avec le Parti travailliste et on s'est réveillé avec le Likoud", se rappelle-t-elle. "Alors on pourrait espérer s'endormir avec le Likoud et se réveiller avec Kahol-Lavan (Bleu-Blanc)..."