L'Ile-de-France et les Hauts-de-France reconfinées pour le week-end ou toute la semaine ? L'exécutif doit annoncer jeudi de nouvelles restrictions pour tenter de freiner la "troisième vague" de l'épidémie du Covid-19 qui va "taper très dur" jusqu'à la mi-avril selon Emmanuel Macron.

"On est, soyons clairs, dans une troisième vague largement due à la montée de ce fameux variant anglais. La situation est clairement critique. Ça va taper très dur jusqu'à la mi-avril", a souligné le chef de l'Etat mercredi soir lors d'une visioconférence avec des maires franciliens et d'autres régions.

Jean Castex doit annoncer ces nouvelles restrictions lors d'une conférence de presse repoussée à 19H00 dans l'attente de l'avis de l'Agence européenne du médicament sur l'utilisation du vaccin AstraZeneca.

Elles concerneront d'abord les 12 millions de Franciliens et les 6 millions d'habitants des Hauts-de-France, deux régions particulièrement touchées par la nette accélération de la circulation du virus en France, avec plus de 38.000 contaminations en 24 heures selon le dernier bilan.

Les deux têtes de l'exécutif, qui va continuer à consulter des élus, vont se voir en fin de matinée pour caler les derniers arbitrages, selon une source gouvernementale.

Dès mercredi midi, à l'issue d'un nouveau Conseil de défense sanitaire, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a fait savoir que "des mesures supplémentaires", applicables dès ce week-end, seraient prises dans ces deux régions, tout en laissant entendre que les écoles y resteraient ouvertes.

Pas de nouvelles restrictions en revanche en PACA, où Nice et le littoral des Alpes-Maritimes sont déjà confinés le week-end.

Mais avant même d'être annoncé, un reconfinement, même partiel, est déjà jugé avec sévérité par l'opposition et certains scientifiques.

"Quand on prend des mesures de freinage brutal, par exemple le confinement le week-end, c’est parce qu'on a échoué sur tout le reste, a déploré sur France Inter le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau.

"La difficulté que nous avons, c'est à la fois le virus et le fait qu'Emmanuel Macron rate tout ce qu'il entreprend", a critiqué sur BFMTV le numéro deux de LFI Adrien Quatennens.

"Ce reconfinement aujourd’hui à la dernière limite, le couteau sous la gorge, en dernière extrémité, est la pire des choses", a estimé le président de la Ligue nationale contre le cancer Axel Kahn, fustigeant sur Europe 1 "l'échec du pari" de M. Macron de ne pas avoir reconfiné en janvier.

Mais pour la majorité présidentielle, "les Français ont compris qu'il y avait pas le choix", a assuré la députée LREM Aurore Bergé sur France 2.

- Trois scénarios -

Alors que M. Macron promet des "décisions pragmatiques, proportionnées, territorialisées, nécessaires", son Premier ministre a évoqué trois scénarios devant les parlementaires: un confinement le week-end, comme en novembre ou comme au printemps 2020.

"L'hypothèse d'un confinement national n'est pas envisagée à ce stade mais pas exclue" si les données continuaient à évoluer défavorablement, a rapporté le chef de file des sénateurs PS Patrick Kanner à l'AFP.

Devant les élus mercredi soir, Emmanuel Macron a insisté sur la lassitude des Français et la nécessité de faire du sport en plein air. "On a quand même appris une chose à partir du premier confinement, c'est qu'être dehors c'est plutôt bon, si on ne fait pas de grandes fêtes ou on ne se met pas à aller boire de la bière dans des endroits communs", a dit le chef de l'Etat qui pourrait décider de garder parcs et jardins ouverts.

Alors que toute la France est déjà sous couvre-feu, l'exécutif a tout fait pour retarder des restrictions supplémentaires.

Des transferts de malades vers des régions moins touchées ont été organisés, les hôpitaux déprogramment des opérations et mobilisent des lits des cliniques privées.

- Décision aussi sur AstraZeneca -

Mais ces déplacements de malades s'avèrent plus compliqués que prévu. Très peu de malades en réanimation sont suffisamment stables pour cela et les familles réticentes.

Les chiffres restent mauvais: outre la hausse du nombre de contaminations, le taux d'incidence a de nouveau grimpé à 425 nouveaux cas pour 100.000 habitants sur les sept derniers jours dans la région parisienne (505 en Seine-Saint-Denis), bien au-dessus du seuil dit d'"alerte maximale" des autorités sanitaires (250).

Au total, 4.219 malades du Covid-19 étaient en réanimation mercredi en France, alors que le pays a dépassé la barre des 91.000 morts.

Pour sortir de la crise, qui a coûté plus de 160 milliards d'euros l'an dernier selon le gouvernement, la France compte sur la vaccination de masse, freinée depuis lundi par la suspension surprise du vaccin d'AstraZeneca.

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