Couvre-feu à 18H00 la semaine et, désormais, "beaucoup de Playstation" le week-end : pour freiner l'épidémie de Covid, Nice et Dunkerque inauguraient samedi une nouvelle variante de restrictions, le confinement des samedi et dimanche, qui guette d'autres grandes villes et départements si la situation se dégrade.

Le Premier ministre Jean Castex a d'ailleurs demandé samedi aux préfets des 20 départements où l'épidémie de Covid-19 menace de flamber de renforcer les contrôles des mesures en vigueur, dont les couvre-feux, en rappelant que l'objectif est de "tout faire pour éviter un confinement national".

A Nice, l'emblématique promenade des Anglais et l'avenue commerçante Jean-Médecin, quasi déserts, donnaient des allures de cité fantôme à la cinquième ville de France et les habitants interrogés par l'AFP se montrent résignés.

"S'il faut en passer par là pour qu'on puisse avoir un peu plus de libertés par la suite, pourquoi pas?", concède Frédérique Duval, 51 ans, venue rapidement s'oxygéner sur le bord de mer en ce matin frisquet. "Il faut faire quelque chose, ça augmente dans la région", admet aussi Charlie Kentish, un cuisinier anglais de 56 ans, installé de longue date sur la côte d'Azur, et qui s'apprête à "jouer beaucoup à la Playstation" avec ses trois garçons de 15 à 19 ans.

Sur tout le littoral des Alpes-Maritimes et, à l'autre bout du pays, dans toute la communauté urbaine de Dunkerque, les déplacements non justifiés par un motif dérogatoire sont interdits. Il faut à nouveau se munir d'une attestation pour se promener une heure, dans un rayon maximal de 5 km. Seuls seront ouverts les commerces dits essentiels, dont font désormais partie les librairies.

A Bergues, près de Dunkerque, quatre gendarmes menaient des contrôles à la mi-journée devant la mairie, a constaté un journaliste de l’AFP et une cinquantaine de gendarmes seront "sur le terrain au plus fort des contrôles", a indiqué le commandant Franck Chacon.

Pour Francis de Smett, "80 ans aujourd’hui", et venu chercher son gâteau d’anniversaire, "ces contrôles, c’est très bien" et "les dispositions auraient dû être prises beaucoup plus tôt".

- "Surveillance accrue" -

Le nouveau tour de vis local a été décidé après un fort rebond de l'épidémie dans ces zones, qui a mis les hôpitaux sous haute tension. A l'hôpital de Dunkerque, "l'ensemble des lits de réanimation était occupé" jeudi "avec 70% de patients Covid" et "plus de soixante transferts de patients en réanimation ont déjà été organisés ces derniers jours" vers d'autres hôpitaux de la région, ont annoncé la préfecture du Nord et l'Agence régionale de santé (ARS).

Les confinements sont en vigueur pour au moins deux week-ends à Nice et Dunkerque.

Mais d'autres territoires pourraient suivre la semaine prochaine, car que l'épidémie gagne à nouveau du terrain, renforcée par les variants du coronavirus, dont le variant anglais, considéré comme plus contagieux et qui représentait 49% des nouveaux cas de contamination la semaine du 15 février, selon Santé publique France.

Une réunion samedi matin en visioconférence entre Jean Castex, les ministres de la Santé et de l'Intérieur, les préfets des 20 départements et les directeurs généraux des Agences régionales de santé des zones concernées par la rapide remontée des indicateurs, avait précisément pour objet de donner le cadre des concertations qui seront ensuite menées avec les élus de ces territoires, couvrant notamment les Bouches-du-Rhône et le Rhône, ainsi que les huit départements de la région parisienne.

Les discussions ont démarré de manière tendue avec la ville de Paris, qui a proposé jeudi soir un confinement de trois semaines et pas seulement le week-end, avant d'en faire une simple "hypothèse de travail" vendredi. Accusée à son tour d'avoir ignoré la concertation, la maire PS de Paris Anne Hidalgo doit réunir lundi tous les maires d'arrondissement.

En Ile-de-France, où le variant anglais est prépondérant, le taux d'incidence n'a cessé de grimper, passant de 240 à 312 cas pour 100.000 habitants sur sept jours, entre le 14 et le 23 février, et atteignant plus de 360 en Seine-Saint-Denis.

Au niveau national, la charge sur les hôpitaux a baissé tout au long du mois de février mais elle reste élevée, avec 25.000 malades actuellement hospitalisés, dont plus de 3.400 en réanimation (contre 7.000 et 4.900 aux pics des première et deuxième vagues).

La campagne de vaccination progresse toujours lentement, sur fond d'approvisionnements limités, mais elle a commencé à produire ses effets dans les Ehpad et chez les plus de 75 ans, a relevé Santé publique France dans son dernier bulletin.