La propagation accélérée du coronavirus en France, qui a causé seize décès selon un nouveau bilan, sonne la mobilisation générale des services de santé, sommés de se tenir prêts à déclencher leur "plan blanc" pour faire face à une situation exceptionnelle.

L'état des lieux justifie la réunion d'un nouveau Conseil de défense autour du chef de l'Etat, dimanche à 18H00, a annoncé l'Elysée: "Il s'agit de faire un point de situation (...) Il faut rassurer et protéger", a expliqué l'entourage d'Emmanuel Macron.

Selon le dernier décompte officiel samedi, 949 personnes ont été contaminées et seize sont décédées. Quarante-cinq personnes sont en réanimation, a annoncé le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon.

La présidence de l'Assemblée nationale a annoncé un troisième cas positif dans ses rangs, une députée hospitalisée.

Cette élue, Elisabeth Toutut-Picard, députée LREM de Haute-Garonne, a indiqué de son côté que "son état général s'étant bien amélioré, elle est sortie de l'hôpital" samedi en fin de journée. Elle devra rester "confinée pendant 14 jours à son domicile".

Le député du Haut-Rhin Jean-Luc Reitzer "est toujours en réanimation mais son état est stable", selon son entourage.

Un troisième employé de la RATP a été par ailleurs infecté, un conducteur de bus du centre de Thiais (Val-de-Marne) où un premier cas a été enregistré jeudi soir, selon la Régie.

L'ensemble du pays reste donc au "stade 2" de l'état d'alerte, mais le passage au stade 3 - celui de l'épidémie, qui prévoit davantage de restrictions - est inexorable.

Hôpitaux et cliniques sont déjà "mis sous tension" et doivent se tenir prêts à déclencher leur "plan blanc".

"Nous avons engagé le niveau 1 du plan blanc qui met tous les hôpitaux sous tension pour planifier" la mise en oeuvre rapide des "moyens indispensables en cas d'afflux" de patients, a souligné Jerôme Salomon.

Un "plan blanc" avait déjà été déclenché le 25 février dans les hôpitaux de Creil et Compiègne. Un "plan bleu" qui prévoit notamment l'augmentation du personnel pour empêcher l'isolement des résidents, sera de la même façon activé dans les Ehpad.

- Personnes âgées vulnérables -

En phase 2, la "stratégie" du gouvernement consiste à "se protéger et ralentir la progression de l’épidémie", souligne la Direction générale de la Santé (DGS).

"Les personnes âgées sont les plus vulnérables face au virus et doivent être protégées", rappelle-t-elle en recommandant d’éviter que les enfants de moins de 15 ans leur rendent visite.

Elle préconise également de limiter les visites à une personne par patient dans les établissements de santé et d'empêcher "les personnes malades et les mineurs" de rendre visite aux personnes hospitalisées, y compris en maternité.

Dans le Haut-Rhin et l'Oise, deux départements parmi les plus touchés, toutes les écoles et les crèches seront fermées à partir de lundi, pendant au moins deux semaines.

Selon le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer, 155.000 élèves sont concernés dans l'Oise et 127.000 dans le Haut-Rhin, qui pourront suivre "la classe à la maison": "Chaque famille sera contactée" à cette fin, a-t-il dit.

Par précaution, le préfet de Seine-Saint-Denis a interdit "un rassemblement à caractère évangéliste" ce week-end au Blanc-Mesnil, "susceptible de réunir jusqu’à 2.000 personnes provenant de plusieurs départements".

Une rencontre similaire fin février à Mulhouse a généré depuis des dizaines de contaminations dans toute la France, jusqu'en Guyane. Huit nouveaux cas ont été identifiés en Moselle qui, "pour la majorité d’entre eux", avaient participé à ce rassemblement, selon la préfecture du département.

- Pas de salon du tatouage -

De son côté, le préfet de police de Paris "a décidé d’interdire le Mondial du tatouage prévu du 13 au 15 mars à la Grande halle de la Villette".

"Bien que cet évènement rassemble moins de 5.000 personnes simultanément, la nature des activités qui s’y déroulent et la présence de visiteurs nombreux en provenance de zones de circulation active du virus présentent un risque particulier", a estimé la préfecture.

Un arrêté a cependant réduit samedi la durée d'interdiction des rassemblements de plus de 5.000 personnes au 15 avril et non plus au 31 mai comme initialement annoncé le 4 mars.

Plusieurs événements sportifs ont été reportés ce week-end, dont le match de foot en Ligue 1 Strasbourg-PSG prévu samedi, ou celui de rugby féminin entre l’Écosse et la France dans le tournoi des Six nations.

La France constitue l'un des principaux foyers du virus en Europe, avec l'Italie et l'Allemagne.

L'important, a rappelé le Premier ministre Edouard Philippe vendredi soir, est de "freiner la propagation" du virus.