Au terme d'un sommet marathon, les dirigeants européens sont parvenus mardi à l'aube à un accord sur un plan de relance massif, face à la récession sans précédent qui menace le Vieux continent, provoquée par la pandémie de coronavirus qui a franchi la barre des 80.000 morts au Brésil.

Il aura fallu au total plus de quatre jours et autant de nuits de discussions parfois tendues pour que les chefs d'Etat et de gouvernement des 27 pays de l'Union européenne s'accordent sur les modalités de ce plan de 750 milliards d'euros, fondé pour la première fois sur un endettement commun.

"Deal !", a tweeté le président du Conseil européen Charles Michel à 03h31 GMT. Le président français Emmanuel Macron a salué un "jour historique pour l'Europe" et la chancelière allemande Angela Merkel "une réponse à la plus grande crise de l'UE depuis sa création".

Fruit d'intenses tractations, l'accord final revoit à la baisse la part de subventions dans le plan de relance, un geste en direction des pays dits "frugaux" (Pays-Bas, Suède, Danemark, Autriche rejoints par la Finlande).

Le montant de ces subventions a été fixé à 390 milliards, contre les 500 milliards prévus au départ et défendus par Berlin et Paris au nom de la solidarité européenne envers les pays comme l'Italie et l'Espagne, les plus durement touchés par le virus.

L'épidémie qui a fait selon le dernier décompte de l'AFP au moins 610.604 morts et contaminé plus de 14.736.130 personnes, continue de progresser.

- Flambée infectieuse en Floride -

Aux Etats-Unis, pays le plus endeuillé (140.909 décès), plus de 60.000 nouveaux cas de contamination en l'espace de 24 heures ont été recensés pour le septième jour consécutif.

La flambée des infections est particulièrement importante en Floride, où il ne restait plus lundi que 18% des lits disponibles dans les services de soins intensifs.

Signe que la situation ne fait qu'empirer dans le pays, Donald Trump a fait savoir qu'il allait reprendre ses conférences de presse quasi quotidiennes sur l'épidémie, exercice auquel il se pliait en avril, lorsque le nombre de morts était au plus haut aux Etats-Unis.

Le tableau est également toujours sombre en Amérique du Sud, surtout au Brésil, deuxième pays le plus touché dans le monde, où le cap des 80.000 morts du coronavirus a été franchi lundi. Le nombre de cas confirmés de contamination s'élève désormais à plus de 2,1 millions. Le président Jair Bolsonaro a contracté le virus, tout comme plusieurs membres de son gouvernement, et se trouve en quarantaine.

Les autorités sanitaires en Bolivie font état d'une "escalade très rapide" du virus notamment à La Paz. Dans la capitale, des malades meurent à leur domicile ou aux portes des hôpitaux qui sont saturés, selon des témoignages publiés sur les réseaux sociaux.

- Record en Iran -

La situation sanitaire en Afrique suscite également l'inquiétude. Certes, avec plus de 15.000 morts, le continent est le deuxième le moins endeuillé par cette maladie avec l'Océanie.

Mais pour l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), l'Afrique du Sud, qui a dépassé à elle seule dimanche les 5.000 décès, "risque d'être un précurseur de ce qui va se passer dans le reste de l'Afrique".

Deux ministres sud-africains qui ont contracté le Covid-19 ont été hospitalisés lundi.

Au Moyen-Orient, l'Iran, a annoncé mardi avoir enregistré 229 décès liés au nouveau coronavirus au cours des dernières 24 heures, un chiffre record depuis les débuts mi-février de l'épidémie dans ce pays, le plus touché dans la région.

Face au regain de la maladie, les autorités ont rendu le port du masque obligatoire dans les lieux publics couverts et ont réimposé des restrictions dans les provinces les plus touchées, dont celle de la capitale.

Dans ce contexte de reprise de l'épidémie ou d'apparition de nouveaux foyers, la question du vaccin contre le Covid-19 s'annonce donc toujours aussi cruciale.

- Lueur d'espoir -

Apportant une lueur d'espoir, les résultats des deux essais cliniques distincts - un britannique et un chinois - ont été publiés lundi dans la revue médicale britannique The Lancet.

Le premier, réalisé par l'université d'Oxford en partenariat avec AstraZeneca, a généré "une forte réponse immunitaire" dans un essai sur plus de 1.000 patients, tandis que le second, soutenu par CanSino Biologics, a provoqué une forte réaction en termes d'anticorps dans un autre essai chez la plupart des quelque 500 participants.

Aucun des deux projets n'a enregistré d'effets indésirables graves, mais des essais sur un nombre de participants plus important doivent encore avoir lieu, avant d'envisager leur commercialisation.

Un autre laboratoire britannique, Synairgen, a présenté lundi les résultats d'un médicament baptisé SNG001 qui réduirait de 79% le risque de développer une forme sévère de Covid-19 - mais il n'a été testé que sur un échantillon très réduit de patients (101).

D'ici là, plusieurs pays ont renforcé leurs mesures sanitaires à l'image de la France où le port du masque est obligatoire depuis lundi dans les lieux publics clos.

"Ça ne change rien du tout pour moi, je le portais en lieux clos tout le temps. Je trouve que la mesure arrive trop tard, il aurait fallu que ce soit obligatoire dès le déconfinement... Mais mieux vaut tard que jamais", estime Ilyas Mekkaoui, étudiant arpentant le Forum des Halles à Paris.

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