Sept centres de vaccination massive ont ouvert lundi au Royaume-Uni, où le gouvernement compte immuniser quelque 15 millions de personnes d'ici mi-février pour enrayer la flambée des contaminations de nouveau coronavirus et commencer à lever le confinement.

Ces centres de vaccination, établis dans des centres de conférence ou des stades de sport en Angleterre, notamment à Londres, Birmingham et Manchester, permettront de vacciner des dizaines de milliers de personnes chaque semaine, alors que le service de santé se prépare à ses "pires semaines de la pandémie", a prévenu le médecin-chef de l'Angleterre, Chris Whitty.

Le gouvernement compte vacciner des dizaines de millions de personnes d'ici le printemps, à un rythme d'au moins deux millions de vaccinations chaque semaine, selon son plan publié lundi.

Au total, 2.700 centres de vaccination seront mis sur pied au Royaume-Uni. Pour ceux vivant dans des zones rurales isolées, des équipes mobiles apporteront le vaccin.

"Je me sens très soulagée", a confié Moira Edwards, 88 ans, après avoir reçu sa première dose à l'hippodrome d'Epsom Downs, au sud de Londres, où, comme les autres personnes vaccinées, elle a reçu un autocollant "J'ai reçu ma vaccination Covid".

"Je pense que c'est le chemin de retour" vers une situation normale, a-t-elle ajouté. "Je ne comprends pas ceux qui ne veulent pas l'avoir".

- 2,4 millions de doses -

Pays d'Europe le plus endeuillé par la pandémie avec plus de 81.000 morts, le Royaume-Uni est confronté à un nouveau variant du virus considéré comme beaucoup plus contagieux et s'est reconfiné pour la troisième fois début janvier. Il dénombre au total plus de 3 millions de cas positifs.

Pour sortir de la crise, le gouvernement compte vacciner d'ici mi-février quelque 15 millions de personnes considérées prioritaires. Tous les résidents et employés de plus de 10.000 maisons de retraites du pays se verront proposer un vaccin d'ici fin janvier, promet le gouvernement.

Outre les sept centres de vaccination, plus de 1.000 sites, comme des hôpitaux et des centres de médecine de ville, ont déjà été mis en place depuis le début de la campagne le 8 décembre, lancée avec le soutien logistique de l'armée.

Cette dernière a déjà permis d'immuniser environ 2 millions de personnes à l'aide de deux vaccins, le Pfizer/BioNTech et l'AstraZeneca/Oxford, avec 2,4 millions de doses déjà administrées, a souligné le Premier ministre Boris Johnson en visitant un centre de vaccination à Bristol.

Un troisième vaccin, celui du laboratoire américain Moderna, a été approuvé et sera disponible au printemps.

- "Vigilance maximum" -

Après un week-end où les parcs et les plages ont été pris d'assaut par les promeneurs, les autorités ont exhorté la population à respecter les restrictions en place.

"Les prochaines semaines seront les pires de la pandémie" pour le service de santé, a prévenu Chris Whitty sur la BBC, soulignant que le pic n'avait pas encore été atteint.

En attendant "que les vaccins produisent leur effet", il a plaidé pour "que les gens prennent les règles actuelles très au sérieux et réduisent les contacts sociaux au minimum".

Plus de 32.000 personnes atteintes du Covid-19 se trouvent actuellement dans des hôpitaux au bord de la rupture, bien plus que durant la première vague au printemps dernier. En Irlande du Nord, des soignants qui n'étaient pas en service ont été rappelés dans deux centres hospitaliers pour faire face à la vague de malades.

Face à cette situation, un nouveau durcissement des restrictions est envisagé "si nous sentons que les choses ne sont pas respectées correctement", a prévenu le Premier ministre Boris Johnson, appelant à la "vigilance maximum".