Le Covid-19, désormais qualifié de "pandémie" par l'Organisation mondiale de la santé, fait aussi trembler les grands acteurs économiques de la planète, qui injectent des dizaines de milliards de dollars pour éviter un désastre.

La vie quotidienne des populations est chaque jour plus perturbée, de la limitation des déplacements aux fermetures en cascade de lieux publics.

Situation unique, les 60 millions d'Italiens étaient appelés à rester chez eux mercredi pour la deuxième journée consécutive. L'Italie, qui compte désormais plus de 10.100 cas, dont 631 morts, est en outre de plus en plus isolée avec la multiplication par certains de ses voisins des mesures de précaution, Autriche et Slovénie en tête, tandis que de grandes compagnies aériennes l'évitent et que les touristes la fuient massivement.

Fini les foules sur la place Saint-Pierre à Rome, le long des canaux à Venise ou sur le site archéologique de Pompéi près de Naples. Bars et restaurants sont ouverts de 06h00 à 18h00, mais il faut y respecter une distance d'au moins un mètre entre clients. Et l'audience hebdomadaire du pape devait s'effectuer mercredi par vidéo.

Pour Stefano Ruggiero, qui gère une parfumerie près du Ponte Vecchio à Florence, "jamais la rue n'a été aussi calme" depuis l'ouverture de son établissement en 1911. "Même après la terrible inondation de 1966, quand la boue (déposée par les eaux débordant du fleuve, l'Arno) avait tout dévasté, il y avait plus de gens".

Aggravation aussi en Espagne, où les cas ont presque quadruplé depuis dimanche pour dépasser les 2.000.

Conséquence, les écoles de la région de Madrid ont été fermées. Une décision similaire a été prise mercredi à l'échelle de toute la Pologne, de l'Ukraine et du Qatar qui ont ainsi emboîté le pas à une quinzaine d'autres pays.

Au Koweït, les autorités ont non seulement interdit de se rendre dans "les restaurants, les cafés et les centres commerciaux", mais ont suspendu tous les vols commerciaux à destination et en provenance de l'aéroport international de la capitale.

- Une propagation "alarmante" -

Corollaire de ces "niveaux alarmants de propagation" du coronavirus, l'OMS, par la voix de son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a estimé mercredi à Genève que le Covid-19 pouvait être considéré comme "une pandémie".

Confrontés aux craintes d'une crise économique majeure, les grands argentiers de la planète ont annoncé des aides souvent massives, l'Allemagne se disant par exemple pour la première fois prête à renoncer à la sacro-sainte règle du zéro déficit budgétaire, souvent critiquée à l'étranger.

Fonds d'investissement de 25 milliards d'euros évoqué par la Commission européenne, enveloppe du même montant annoncée mercredi en Italie, plan de 30 milliards de livres rendu public au Royaume-Uni -où la banque centrale a par ailleurs fortement abaissé ses taux-, prochaine présentation aux Etats-Unis d'un programme de soutien -sur lequel le gouvernement travaille "à temps plein"-, milliard de dollars canadiens promis par Ottawa, la liste est impressionnante.

Ce qui n'a pas empêché les Bourses européennes comme Wall Street de perdre du terrain mercredi.

Il faut dire que 75% des firmes américaines constatent des difficultés dans les chaînes d'approvisionnement, tandis que l'Opep a fortement revu à la baisse ses prévisions de croissance de la demande mondiale de pétrole en 2020.

Et ce au moment même où, en Chine, des entreprises de Wuhan, la ville de 11 millions d'habitants confinés depuis le 23 janvier où est apparu en décembre le nouveau coronavirus, ont été autorisées mercredi à reprendre leurs activités.

L'heure y est à l'assouplissement avec la chute spectaculaire du nombre des nouveaux cas quotidiens de contamination -24 et 22 décès supplémentaires.

- Principe de précaution -

Dans le reste du monde, la plus extrême prudence reste cependant de mise.

La Colombie et l'Argentine vont ainsi placer en quarantaine les personnes arrivant des pays les plus touchés, dont la Chine et l'Italie, cependant que Malte a suspendu ses liaisons aériennes avec la Suisse, l'Allemagne, la France et l'Espagne

L'exercice Cold Response 2020, qui devait impliquer plus de 15.000 soldats de l'Otan dans le nord de la Norvège a été annulé, à l'instar, au Japon, des principales cérémonies publiques pour commémorer le tsunami du 11 mars 2011.

Et la réunion ministérielle du G7 de Pittsburgh, aux Etats-Unis, se fera par téléconférence.

Sans parler des reports en cascade des grands rendez-vous sportifs et des matches de football joués à huis clos.

Le Covid-19 a tué dans le monde 4.281 personnes pour 118.554 cas de contamination, selon des chiffres officiels compilés par l'AFP mercredi à 09H00 GMT. La Chine (hors Hong Kong et Macao) a à elle seule recensé 80.778 personnes atteintes dont 3.158 sont mortes. L'Iran compte désormais 8.042 cas et 291 décès, la Corée du Sud 7.755 cas et 54 morts, le Qatar 238 nouveaux cas.

La Belgique, l'Indonésie, la Suède, l'Albanie, l'Irlande et la Bulgarie ont annoncé de premiers morts.

Aux Etats-Unis, qui comptent 1.001 cas et 28 décès, selon l'université Johns Hopkins, la Garde nationale va être déployée à New Rochelle, en banlieue nord de New York, dans une "zone de confinement", le principal foyer du coronavirus de la région.

La France (1.784 cas, 33 décès) accélère de son côté les préparatifs dans la perspective d'un pic de l'épidémie, sur laquelle le président Emmanuel Macron s'exprimera jeudi.

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